1 – Le Mas des Coste


L’histoire Coste commence en 1366, date du premier document d’archives connu. Ce récit, basé essentiellement sur des pièces d’archives, s’arrête en 1870. Il a été rédigé par mon grand-père, Émile Coste, au début des années trente. Quelques mots, quelques dates du document original sont illisibles, d’où la présence de points de suspension.

1.2 - De 1366 à 1560

Les Coste de Cannes aux XIVème, XVème, et XVIème siècles

Les documents les plus anciens intéressant Cannes (1) et ses environs et où l’on trouve le nom de COSTE, datent du début du XIVème siècle : dans un acte relatif au bornage des juridictions de Cannes et de Sérignac, (acte du 4 janvier 1313), il est fait allusion aux bois d’un certain COSTE de Sérignac. Deux ans plus tard (16ème des Xélendes de février 1315), parmi les habitants de Moulezan qui traite avec Messire Pons Bernond, Gendarme de Sommières, Seigneur du Caylar et de Moulezan pour régler des droits de Lods des divisions qu’ils avaient faites entre eux de leurs biens immeubles (2), figure un certain ESTIENNE COSTE de Moulezan. Je n’ai aucune donnée sur ces deux COSTE.

Par contre, cinquante ans plus tard, il y avait à Cannes un certain JEAN COSTE (JEAN COSTE DE CANNES) auquel se rattachent sans aucun doute les COSTE du Mas de Coste. Il tenait et possédait dans le château Montmirat, une maison pour laquelle il avait accoutumé de contribuer avec les autres hommes habitants et vassaux du dit château de Montmirat dans toutes et chacune des charges, collectes, focages, subsides et tailles du dit château.

Le 9 décembre 1366, il traite avec magnifique Baron Sr ANTOINE BERMOND de Sommières, Chevalier, Seigneur de château de Caylar, cubais, Montlaur, Montmiat et de leurs mandements pour être reçu dans la liberté des autres habitants du château quoiqu’il n’y résidât pas en permanence et cela pour pouvoir bénéficier à ce titre, pour lui et ces successeurs, de certains droits de dépaissance dont jouissaient les habitants de ce château.

Par contre, il prenait vis-à-vis de Bemond certains engagements et notamment celui de "faire garde et sentinelle" dans le dit château de jour et de nuit, au temps du danger survenant et quant il en sera "requis par celui qui en aura pouvoir ". (3)

Aux siècles suivants, on trouve toujours au château de Montmirat des biens appartenant à des COSTE : c’est ainsi que le compois de Montmirat du 4 juin 1594 (4) attribue à Jean COSTE, Pascal TEISSONNIERE, et au «capitaine» Jean PARADIS certains biens sis dans la communauté de Montmirat et «premièrement une maison dans le fort».

Cinquante ans plus tard, les COSTE du Mas de COSTE, à savoir DAVID, JEAN et JACQUES COSTE, ce dernier représenté par sa veuve et héritière fiduciaire Louise ALLIERE, déclaraient tenir de Louis de PELLET, baron de Combas et Montmirat, divers biens et notamment "une maison cour, estable et pallier au château du dit Montmirat confrontant au levant la muraille du fort." (Déclaration du 20 mai 1646). (5)

On paraît bien être en droit dans ces conditions de considérer les COSTE, possesseurs en 1645 d’une maison dans le château de Montmirat, comme les descendants de Jean COSTE de Cannes, qui possédait en 1366, une maison dans le même château.

XVème siècle Jean COSTE

Au début du XVème siècle se trouve encore à Cannes, un Jean COSTE (Johannes Coste de Canoys). Ce doit être l'auteur de la convention de 1366 ou l'un de ses fils. C'est dans tous les cas de ce COSTE que descendent tous les propriétaires successifs du Mas de Coste. Ce Jean COSTE, qui habitait Cannes et qui y avait évidemment des biens, qui très probablement était possesseur d'une maison à Montmirat, acheta par acte du 6 juillet 1405, reçu "per magistrum Johannem CAYETI, notarium publicum de Quissacio" et pour "le prix de 39 livres tournois, monoye courante," le domaine de Monvoloz (Mansus de Monvoloz) de la paroisse de St. Saturnin de Clairan, diocèze, d'Uzès, lequel domaine appartenait à Jean DUCLAUX et à Ysabeau de PUECHLONG, mariés. (6)

Jean COSTE prit aussitôt investiture pour cette acquisition de «Magnifique et puissant homme BERMOND de Sommières, Chevalier, Seigneur du Caylar, Montmirat et Clairan». (Acte du 28 juillet 1405).

Antoine COSTE

Cette acquisition, importante pour l’époque, fut confirmée le 15 septembre 1479 (7) par devant Me Estienne SABATIER, notaire à Sommières, par Jean DUCLAUX, fils de Jean DUCLAUX, vendeur de 1405, à Antoine COSTE, fils de Jean COSTE, acquéreur de 1405. Le domaine de Monvoloz (on écrit aussi Montvoloz), acquis au début du XVème siècle par Jean COSTE, resta toujours dans sa famille ; complété quelques année plus tard par l’acquisition du Mas de MEJANEL (8) puis à la Révolution par des terres sises à la Gleysas (ruines de l’église St. SATURNIN de Clairan), il permit de constituer la propriété dite aujourd’hui de Costeplane, dépendant, dans le cadastre de la commune de Cannes et Clairan, des sections de Montvaloux et de St. Saturnin.

Cette propriété appartient aujourd’hui à Mr. Gustave COSTE, descendant direct de Jean et d’Antoine COSTE.

Antoine COSTE suivit d’ailleurs l’exemple de son Père Jean et chercha à augmenter encore ses biens de Cannes. Le 27 juillet 1479 (9), il acheta pour le prix de 5 livres 5 sous tournois, de Raymond et Jean de FOGET de Cannes, une terre partie herme, située à l’Ort SOLIER dans la dîmerie de Ste. Marie de Cannes. (Surface 4 cestercées environ). Il dut mourir peu après avoir fait cette acquisition, car dans les actes postérieurs, il n’est plus question que de, son fils Urbain.

La famille COSTE de Cannes devait comprendre d’autres membres que Jean, son fils Antoine et son petit-fils Urbain, et c’est évidemment à cette famille qu’appartient un autre Jean COSTE, fils de Jacques COSTE de Cannes, qui sert de témoin dans une vente effectuée à Cannes le 29 avril 1476. (10) On verra plus loin qu’au début du XVIème siècle Urbain COSTE avait à Cannes plusieurs cousins portant son nom.

Urbain COSTE

Cinq années après la ratification de l’acquisition de Monvoloz, Urbain COSTE, fils d’Antoine COSTE, du lieu de Cannes, ainsi que Jean MASSIP, fils d’autre Jean, s’adressaient à Noble Jean de BOZENE, Seigneur de Montmirat, représenté par le Baille majeur de la juridiction de toute la baronnie de Montmirat et de Crespian, Moulezan, Montagnac et Mauressargues et de Clairan, pour obtenir des droits de dépaissance pour leurs troupeaux sur des terres de la paroisse de Clairan, et cela bien qu’ils n’habitassent pas eux-mêmes dans les mas, leur appartement situés dans cette juridiction. Ils s’engagèrent par contre à lui payer annuellement la somme de 6 deniers, à venir tous les dimanches à Clairan entendre la Ste Messe paroissiale et à y venir également pour la « cotisation des tailles et autres affaires de la Communauté de Clairan. » (Acte du 24 février 1484). (11)

La même année, le même Urbain, assisté par Guillaume REGIN de Clairan, proteste devant le même Jean de BOZENE contre les agissements de Raymond LUGNUC du Mas de Graninhargues (Castignargues) qui cherchait à s’approprier un certain patus commun à tous les habitants de Clairan. (11)

XVIème siècle

Pendant la première moitié du XVIème siècle, ce sont toujours les difficultés auxquelles donnaient lieu les acquisitions des domaines de Montvoloz et du Méjanel qui permettent de suivre l’histoire des COSTE de Cannes. Ces biens étaient alors possédés par Urbain COSTE et Jean COSTE, «cousins» du lieu de Cannes. Ils étaient en difficulté avec le Seigneur de Clairan, Noble et puissant homme Jacques de Sommières, dit de Bouzène, Seigneur d’Aubais, du Caylar, Montmirat et de Clairan, de Boucoiran et plusieurs autres lieux, au sujet des droits féodaux réglés par l’acte du 28 juillet 1405 pour Monvoloz, et d’autres actes ultérieurs pour le Méjanel.

Ces difficultés furent réglées par une transaction du 5 mars 1509, fixant le cens annuel des biens en litige à 15 sols tournois, (reçu BRUN, notaire royal à Boucoiran). (12) Il faut conclure de cet acte que les descendants de Jean COSTE, signataire de l’acte de 1405, avait constitué, pour l’exploitation des biens acquis dans la paroisse de Clairan, une société de Pariers, suivant l’usage constant du Languedoc  ; les pariers de cette époque étaient Urbain, fils d’Antoine, et ses cousins Jean et autre Jean COSTE.

Pierre COSTE

Vingt ans plus tard, après l’acquisition de la Seigneurie de Clairan par les d’AIREBAUDOUZE (13), les possesseurs des terres de Montvoloz et du Méjanel durent confirmer en faveur de Noble Nicolas Guy d’AIREBAUDOUZE les redevances féodales qu’ils lui devaient en vertu des actes de 1405 et 1509.

A ce moment (6 juillet 1535), les pariers Urbain, Jean et autre Jean n’existent plus, ils ont été remplacés par «Pierre COSTE, fils et héritier de feu Urban COSTE, Gilles et Vincent COSTE, pariers.» (14) Etant donné ce que l’on sait de l’organisation des pariages, il y a tout lieu de penser que Gilles et Vincent représentaient les branches de la famille COSTE correspondant à la génération précédente, à Jean et autre Jean.

Sur Pierre, fils d’Urbain, on a quelques renseignements personnels. Il devait être au milieu du XVIème siècle le membre important de la famille COSTE, car lorsque les 4 et 6 juin 1548, on procéda à Cannes et à Clairan à la recherche et revue générale du Diocèz-d’Uzès (15), les bailles de ces localités désignèrent Pierre (Peyre) COSTE comme l’un des huit hommes, gens de bien et de bonne conscience» chargés de «montrer, limiter et emporter tout le terroir.»

A ce moment, Pierre COSTE possédait (en son nom ou comme maître du partage, cela n’est pas dit) :

- au terroir du Cros : une maison, pailler, jasse, cour et four estimés à 25 livres
- au lieu de Cannes : moulin à huile et pailler estimés à 45 livres
- au terroir de Clairan : un mas estimé à 10 livres pour un total de 90 livres.

Cette note est la première qui donne quelques indications sur les biens des COSTE à Cannes. Je n’ai pu repérer le terroir du CROS. Il est vraisemblable que la maison avec moulin à huile, sise au lieu de Cannes, désigne le Mas de COSTE où les COSTE habitaient certainement en 1580 et où il y avait un moulin à huile au début du XVIIème siècle, mais je ne saurais le garantir actuellement. L’installation dans un Mas isolé n’avait à cette époque rien d’anormal puisque dans des actes de 1390, il était déjà question des Mas de Salete et de Castignargues, autrement plus éloignés de Cannes que ne l’était le Mas de COSTE. (Pièce XIV, n°4).

Le nom de Pierre COSTE se retrouve encore dix ans plus tard (1559) sur le Roll des habitants qui étaient à Cannes en cette année», Roll qui était dressé d’après les reconnaissances féodales faites à Louis de PELET, baron de Combas (acte reçu PANAFIEU notaire). (16) Il est le seul COSTE figurant sur cet état, ce qui permet de penser qu’il était considéré à cette époque comme le chef de la famille COSTE. Il figure également le 15 avril 1560 sur un acte du notaire Panafieu (voir XVI 70c). Si dans des actes ultérieurs, on retrouve encore les noms de

Gilles et de Vincent COSTE, on n’y retrouve plus celui de Pierre COSTE.

A cette époque, il y avait certainement à Cannes d’autres membres de la famille COSTE. Ce doivent être leurs noms que l’on retrouve dans les actes suivants:

Le 10 janvier 1525 (17), Antoine COSTE signe comme témoin à l’acte d’achat d’une maison par Nicolas PRADEL, prêtre à Cannes;

Le 24 novembre 1535 (19), Jean COSTE et autres signent une reconnaissance féodale pour des terres à Bragassargues.

Le 26 novembre 1559 (20), enfin, Claude COSTE jeune, Claude MINGANT et Laurent TEYSSONNIERES ont reconnu tenir de Me Pascal TERRAL, prieur de JOUFFE, certaines terres à Montmirat. J’ai déjà indiqué que le Compois de Montmirat attribuait en1594 à Jean COSTE, Jean PARADIS et Pascal TEYSSONNIERES certains biens dans le château de Montmirat qui devaient être ceux visés par la convention de 1366.

Je ne puis malheureusement préciser les relations qui pouvaient exister entre les COSTE et Pierre, Vincent et Gilles COSTE pariers.

NOTES SUR LES COSTE DE CANNES AUX XIVème, XVème, et XVIème siècles.

1 | D’après le dictionnaire topographique du département du Gard (1868) les actes les plus anciens concernant les villages des environs de Cannes datent pour:

- Moulezan (Ecclesia Stae Crucis de Molesano) de 1119

- Montmirat (Mons Miratis) de 1145

- Sérignac (Hospitium de Cirinhaco) de 1254

Par erreur, Cannes est désigné dans ce dictionnaire sous le nom de «Cannetum» et par erreur aussi les documents les plus anciens concernant ce village sont indiqués comme remontant à 1388. Or il est question vers 1238 d’un certain Estienne de Cannes (Stephanus de Caneis) qui avait été injustement condamné par le Viguier de Sommières. (Voir l’administration Royale dans la Sénéchaussée de Beaucaire au temps de St. Louis, par Robert MICHEL – Note de la page 137).

Les COSTE de Cannes sont d’ailleurs toujours portés dans les actes de l’époque sous le nom de «COSTE de Caneys» (Voir acte de 1405 «Johannes COSTE de Caneys »; acte de 1479 « Emptie Anthonii COSTE de Caneys»).

2 | Ces actes se trouvent l’un procès-verbal de Bornage des juridictions de Cannes, l’autre (transaction entre Noble Bermond Seigneur de Caylar…) aux archives de Montmirat. Ces deux actes n’existent que sous forme de traduction en Français du XVIIème siècle probablement – Pièces XIV N° Ia et Ib de mon dossier.

Voir pour Pons Bermond de Sommières l’armorial de la Noblesse du Languedoc par de La ROQUE T.I. N°75 et l’Administration

Royale de la Sénéchaussée de Beaucaire.

3 | Pièce XIV N°2. Copie de la Convention. Traduction en Français paraissant être du XVIIème siècle. Pour Antoine Bermond voir (2). Les clauses de cette convention s’expliquent aisément si l’on tient compte de ce que vers 1360, les Anglais et les Routiers se répandent dans les Basse Cévennes. En 1364, il est nécessaire de construire un fort à Combas pour arrêter leurs bandes, qui en 1373 paraissent jusque sous les murs de Sommières. Plus tard, le pays fut ravagé par l’insurrection de TUCHINS (1382): voir plainte des consuls de Nîmes de 1384 contre certains Seigneurs à la suite de cette insurrection et notamment contre les Seigneurs de Cannes (dominici de Caneys) – Voir BOISSON: Histoire de la ville de Sommières (p.119) et noter personnelles de Mr. Gustave COSTE – (Pièce XV N°7).

4 | Archives de Montmirat Compois de 1594 folio C. Pièce XVI N°14.

5 | Registre de Louis MASSIP Notaire à Cannes – 1644 à 149. Archives départementales du Gard (Pièce XVII N°16).

6 | Les actes des 6 et 28 juillet 1405 sont rappelés dans une convention du 7 mars 1509 dont il sera question plus loin – Pièce XVI N°2). D’après le dictionnaire topographique du GARD Clairan (Clairanum) est cité dans un acte de 1273. Les ruines de l’Eglise St. Saturnin de Clairan (la Gleysas) appartiennent aujourd’hui à Mr. Gustave COSTE.

7 |  Notes brèves de Estienne SABATIER Not. A Sommières. Archives Départementales du Gard (E. 1027).

8 | Voir Convention du 2 mars 1509. Pièce XVI N°2. Vente faite par le «Vénérable homme Maître Guillaume SESTIN, prêtre et vigaire de Jouffe». Les ruines de l’Eglise de Jouffe dominent Montmirat. D’après de dictionnaire topographique, cette Eglise (Ecclesia de Jofa) est citée en 1260.

9 |  Archives Départementales du Gard E. 1027 – Pièce XV N°2.

10 |  Vente de terres sises à Cannes et confrontant au marin celles de Jean COSTE de Cannes. Archives municipales de Cannes. Pièce XV N°1.

11 | Notes du R.P. MALAVAL déjà citées. Registre de REBUXI de 1484. (Pièce XV N°4).

La famille MASSIP, dont on trouve ici un représentant est une des plus anciennes familles connues de Cannes. Elle fournit pendant près de deux siècles des notaires à Cannes. Elle s’est définitivement éteinte à Cannes au début du XXème siècle. Il y a eu de nombreuses alliances entre les COSTE et les MASSIP.

La pièce la plus ancienne (août 1379) où j’ai relevé le nom de MASSIP figure aux archives municipales de Montmirat: il y est question d’un MASSIP de Montanbac». (Pièce XIV N°Ib).

La descendance mâle de Pons de Bermond de Sommières s’éteignit en 1477 en la personne d’Antoine BERMOND. Ses trois filles se partagèrent son héritage. L’une d’elles épousa Jean de BOZENE (Bouzène ou Boussenne suivant les pièces), général en la Cour des Aydes de Montpellier. (Notes de Gustave COSTE) et La ROQUE T.I N°75.I°).

12 | Pièce XVI N°2. Copie en Français du 1er août 1673. Voir pour le paréage: Robert MICHEL ; Administration du Languedoc p.115 et partage du Mas de COSTE de 1639. Pièce XVII.N°12.)

13 | La Seigneurie, de Clairan fut acquise vers 1540 par Nicolas et Jean d’AIREBAUDOUZE, issue d’une ancienne famille de marchands d’Anduze. (Voir La ROQUE : Armorial du Languedoc I.P8.)

Nicolas est désigné comme Seigneur de Clairan dans une reconnaissance féodale du 6 juillet 1535. L’héritier de Nicolas fut son neveu Jean Guy. (Voir Reconnaissance du 13 avril 1580 (Pièce XI ; a.) Tous les successeurs de Jean Guy auslèrent le nom de «Guy» à celui d’ «Airebaudouze» pour se distinguer des héritiers de Jean, titulaire de la Seigneurie d’Anduze.

14 | Reconnaissance féodale citée dans un reconnaissance du 13 avril 1580 règne Etienne de CANTALUPA, Not. à Anduze. Arch. Dép. Du Gard -Voir Pièce XVI N° 10a – Elle s’est également rappelé dans des actes de 1633 (XVII N°11) et 1680 (XVII N°43), mais ces derniers actes contiennent de grossières erreurs de copie.

15 |  Arch. Dép. du Gard. C. 788 (Pièce XVI N°6)

16 | Arch. Munic. De Cannes. (Pièce XVI 7a)

Au XVème siècle de Cannes, Fontanès, Vic, et Lecques appartiennent à Pierre de MONTAIGU, Voir: Arch. Dép. du Gard. Dossier des Hospices d’Alès. H 2. (Pièce XV. 8).

Registre des titres de Liout établi le 29 juillet 1790.

5 septembre 1477. Fascicule 1. p.1.»Noble Pierre de MONTAIGU, Seigneur des lieux de Canois (sic), Fontanès, Vic, partie de Liout, reconnaît au Roy devant le Sénéchal de Beaucaire et Nîmes…

«Et premièrement le château et lieu de Canois et tout le terroir du dit lieu avec sa juridiction…

«plus le château et lieu de Vic…

Rappel des reconnaissances des 24 octobre 1463 et 25 juillet 1467. Pierre est souvent représenté pour sa reconnaissance au Roi par son père et légitime administrateur Jacques de MONTAIGU. Ce Jacques avait une sœur Marthe qui épousa Pierre BERMOND, Baron de Combas. Il donna à sa sœur en août 1527 et en février 1529 Les Seigneuries de Cannes, Vic, Fontanès, Lecques.

Les époux Pierre BERMOND – Marthe de MONTAIGU eurent une fille Françoise qui épousa le 26 février 1527 Jacques de PELET, second fils de Pons de PELET, baron de la VERUNE, d’une des plus vieilles familles du Languedoc. François de BERMOND hérita des biens de ses parents et acquit en 1540 la Seigneurie de Montmirat comprenant les 5 paroisses de Crespian, Montmirat, Moulezan, Montagnac et Mauressargues. Les descendants de Jacques de PELET obtinrent en 1699 l’érection de la Baronnie de Combas en Vicomté; ils prirent à la même époque le nom de Pelet-Narbonne – Notes de Gustave COSTE et La Roque. Armorial du Languedoc.N°425. Branche B.XX.

17 | Pièce XVI N°4. Archives Munic. De Cannes.

18 |  Pièce XVI N°5. Archives Munic. De Montmirat.

19 | Pièce XVI N°3.b. Archives du not. CASSAGNES de Lédignan.

20 | Pièce XVIN°7.b. Archives de Montmirat.

1.3 - De 1580 à 1630

Guillaume COSTE, époux de Claude COSTE, et ses pariers du Mas de COSTE

Le 13 avril 1580, les détenteurs des domaines de MONVOLOZ et du Méjanel eurent à renouveler en faveur de Jean Guy d’AIREBAUDOUZE, Seigneur de Clairan, Conseiller pour le Roy au Présidial de Nîmes, la reconnaissance féodale consentie pour les mêmes biens le 6 juillet 1335, en conformité de la transaction de 1509. Les « pariers » qui se présentèrent alors devant Me Etienne de CANTALUPA, Notaire à Anduze, se nommaient Gilles, Vincent et Guillaume COSTE, du Mas de COSTE, paroisse de Notre-Dame de Cannes, au diocèze d’Uzès. Gilles et Vincent avaient, comme on l’a vu précédemment, participé à la reconnaissance de 1535. Quant à Guillaume COSTE (il était depuis 4 ans gendre de Vincent), il occupait dans l’association la place de Pierre COSTE, dont le nom ne se retrouve pas après 1560 dans les actes que je possède. Si l’on tient compte des règles qui régirent au début du XVIIème siècle, l’association des pariers du Mas de COSTE et qui ressortent bien nettement de l’acte de liquidation de cette association (1609), on peut dire que Guillaume était le fils et l’héritier de Pierre et qu’il avait succédé dans le pariage à son Père Pierre, comme ce dernier avait succédé quelques cinquante ans plus tôt à son père Brunin (Voir le texte de la reconnaissance de 1535).

Guillaume, fils de Pierre, avait dû naître au plus tard vers 1550. Il épousa (Contrat du 13 février 1576) Claude, fille de Vincent COSTE (1). Lorsqu’il fit son testament (3 février 1600) il avait six enfants, dont l’un Jacques COSTE (Jacques 1er) était destiné à lui succéder dans le pariage du Mas de COSTE ; Guillaume ne mourut d’ailleurs que bien des années plus tard. Il figure encore en nom sur le compois de Clairan de 1620. Mais il mourut avant le mariage de sa fille Sibylle (3 juin 1623). Sa femme Claude mourut sans avoir fait de testament.
Quatre ans avant le mariage de sa fille Claude, Vincent COSTE avait acquis « comme le plus offrant et dernier enchérisseur à l’éteinte des trois chandelles », et pour le prix de 31 écus, 26 sols, 6 derniers tournois, divers biens sis à cannes appartenant au prieuré et bénéfice de Cannes (2), mis en vente pour permettre au clergé du Diocèze d’Uzès de remettre en don au Roy de France 50.000 écus, « suivant l’autorisation baillée par notre Saint-Père le Pape en l’année « septante-six » (3).

Cette acquisition ne devait créer que des ennuis à Vincent et à ses héritiers. Elle motiva le 7 février 1592 (4) une surenchère de la part de Me Jacques MASSIP, notaire à Cannes. La surenchère fut acceptée, et commandement fut fait à Vincent COSTE d’avoir à déguerpir. Un procès s’ensuivit au cours duquel Vincent mourait : un arrêt du 7 juin 1592 rendu par la cour des Aydes de Montpellier montre qu’à cette époque, le procès se poursuivait entre Guillaume COSTE et les hoirs de Vincent COSTE d’une part et Jacques et autre Jacques MASSIP l’un notaire, l’autre Greffier, de Cannes, d’autre part. (3) Ce furent à cette époque, les COSTE conservèrent les biens acquis en 1580.
En mourant (en 1598) Vincent COSTE ne laissa comme héritier et comme successeur dans le pariage du Mas de COSTE que sa fille Claude et son gendre Guillaume. Ses autres enfants, l’arrêt de 1592 fait allusion à des hoirs de Vincent autre que Guillaume, avaient dû quitter Cannes, et c’est vraisemblablement là ce qui contribue à expliquer que l’on trouve tant de Coste dans toutes les régions comprises entre Sommières et Quissac. Le compois de Cannes de 1604 ne fait allusion à aucun d’eux et les seuls COSTE qui y figurent sont Guillaume et Jean COSTE. (Je reviendrais sur ces derniers tout à l’heure). Lorsque vers 1635, le prieur Auvergnon de Cannes en âge de faire annuler la vente faite à Vincent COSTE en 1580, c’est contre Jacques COSTE, petit-fils de Vincent, et contre lui seul qu’il se retourna.

On n’a que peu de données sur Gilles COSTE. Une quittance reçue de Jean DIDIER, notaire à Sommières, et datée du 4 août 1578 (5) montre qu’en 1571 « GILLY COSTE du lieu de Cannes » et d’autres habitants de cette localité faisaient des affaires avec Me Bertrand SECAGNEAU, tisserand à Montpellier s’agissait évidemment de ventes de laines et d’étoffes. Gilles possédait des biens personnels à Cannes, car certaines des parcelles acquises en 1580 par Vincent confrontaient des terres de Gilles. On a vu qu’il avait participé à la reconnaissance de 1537 et à celle de 1580. Comme son parier Vincent il était donc fort âgé en 1586.
Postérieurement à cette date, son nom ne paraît plus nulle part. J’aurai à parler plus loin de deux de ses fils, (voir page 37, note 4). Pierre Coste, établi au début du XVIIème siècle à Aspères près Salinelles, et Jacques COSTE, qui vécut au Mas de COSTE dans la famille de Jean COSTE le vieux époux de Jeanne COSTE, et qui testa en 1640 en faveur de ses neveux d’Aspères et du Mas de COSTE.
Les décès successifs de Vincent et de Gilles COSTE survenus à la fin du XVIème siècle désorganisèrent la société des pariers du Mas de COSTE. Elle fut reconstituée en 1592 et à partir de cette année (6) elle existe entre Guillaume COSTE, époux de Claude COSTE, Jean COSTE, dit le Vieux, époux de Jeanne COSTE (Contrat du 5 février 1592) et Jean COSTE, dit le Jean, qui devait épouser plus tard Gabrielle ALLIER Jacques 1er, fils de Guillaume et son successeur dans le pariage du Mas de COSTE, qualifie d’ « Onoles » dans son contrat de mariage, du 30 novembre 1630 (7), ses pariers Jean le vieux et Jean le jeune : le mariage est en effet consenti de la licence, conseil et consentement d’aucuns de leurs parents et amis, même, le dit COSTE de Me Jean COSTE son oncle (il s’agit de Jean le jeune, alors maître du pariage) et de Pierre COSTE « son cousin germain » (c’est le fils et successeur de Jean le Vieux, époux de Jeanne COSTE), « ses pariers et communs en biens ». Le fait que les femmes de Guillaume et de Jean le Vieux étaient toutes deux des « COSTE » peut évidemment faire hésiter sur les rapports de parenté des pariers du Mas de COSTE.
J’ai admis que Guillaume, Jean le jeune et Jean le vieux étaient frères, car les parentés se considèrent plutôt du côté paternel que du côté maternel. S’il en est bien ainsi, on doit alors admettre que Jeanne COSTE, qui épousait en 1592, Jean le vieux, est une fille de Gilles COSTE ; On comprend alors que le seul fils de Gilles qui soit resté au Mas de COSTE, Jacques COSTE, ait pu vivre jusqu’à sa mort au Mas de COSTE dans la famille de Jean le Vieux (son beau-frère) et de Jeanne (sa sœur), et ait testé en 1645 en faveur de son neveu David, fils de Jean le Vieux et de Jeanne. Les trois branches des COSTE de 1680 se trouvaient donc bien représentée dans le pariage de 1592 : Pierre par ses trois fils, Vincent par sa fille Claude, et Gilles avaient du trouver le Mas de COSTE insuffisant pour leur activité et avaient préféré essaimer.
C’est vraisemblablement Jean Le Vieux qui figure au Compois de Montmirat en 1504, en tant que représentant des COSTE, comme l’un des propriétaires « d’une maison dans le fort », ce qui devrait permettre en En 1645 à son fils David d’être également des possesseurs « d’une maison, cour, estable et pellier en château de Montmirat confrontant au levant la muraille du dit fort ». (Voir page 4). C’est lui aussi qui doit figurer, à côté de Guillaume COSTE, au compois de Cannes de 1604.
Jean le Vieux mourut en 1604 et 1620 : Pierre son fils et successeur dans le pariage, figure par suite à côté de Guillaume au compois de Clairan de 1620. Au contrat de mariage de Sibylle COSTE (1623), puis à celui de Jacques (8) COSTE (1630), Pierre COSTE figure comme l’un des pariers du Mas de COSTE. On retrouve encore son nom à côté de celui de ses pariers dans une reconnaissance féodale du 24 mars 1633 (9) ; il meurt peu après, sans avoir fait de testament, et sans héritiers directs, et c’est son frère David (1601-1685) qui revient du Mas de COSTE pour lui succéder, après avoir fait pendant quelques années « négoce et cabail à part » au loin.
Guillaume COSTE mourut à son tour entre 1620 et 1623 et fut remplacé par la société du Mas de COSTE par son fils Jacques.
Quant à Jean le jeune, qui avait épousé dans les premières années du XVIIème siècle, Gabrielle ALLIERE de Mauressargues, il vivait encore lorsque son neveu Jacques se marie (1630) ; il participa à la reconnaissance féodale de 1633, mais mourut avant la liquidation de la société du Mas de COSTE en 1639 : depuis la mort de son frère Guillaume, il avait du remplir les fonctions de « maître du pariage ».
Il avait testé en faveur de son fils autre Jean le jeune qui lui succéda au Mas de COSTE ; mais ce dernier (1611-1681), encore jeune à cette époque, dut être assisté pour les opérations du partage par sa mère « Gabrielle ALLIERE », et son oncle Louis ALLIER de Mauressargues, remplissant les fonctions de « curateur ad litis ».
J’aurai à revenir au chapitre suivant sur les descendants de Jean le vieux et de Jean le jeune.

La reconnaissance féodale de 1530 montre qu’à cette époque les COSTE de Cannes habitaient le Mas de COSTE ou, pour employer une orthographie que l’on trouve souvent, et qui se justifiait largement au XVIème et au XVIIème siècle : le « Mas de COSTE ». Une pierre trouvée dans ce mas, lors des réparations de 1872, portait la date de 1399. Il est probable qu’à cette époque on avait fait subir certaines transformations à des constructions beaucoup plus anciennes, et c’est là peut-être ce qui explique que l’acte de partage du Mas de COSTE de 1639 ait été signé dans la « crotte neuve » de ce mas.
Quant aux propriétés groupées autour du Mas de COSTE, elles étaient déjà assez importantes à cette époque : les terres portées au nom des COSTE dans le compois de Cannes de 1654 représentaient environ 49 hectares dont 1 hectare planté en vignes ; celles qui figuraient au compois de Clairan de 1620 mesuraient environ 60 hectares. On sait que les COSTE présidaient en outre divers biens portés au compois de Montmirat de 1598. (10)
Lorsque Guillaume COSTE testa en 1600, il avait six enfants, il sera question au chapitre suivant de son successeur au Mas de COSTE : Jacques. Voici ce qu’on sait de ses frères Fulcarand et Raymond, et ses sœurs Françoise, Galliane (ou Fabienne) et Sibylle.

Fulcarand COSTE

1°) La parenté de Fulcarand et de Jacques 1er ressort nettement d’un acte reçu MASSIP, notaire à Cannes depuis août 1614 – 4 octobre 1634 (11) et de la liquidation de la société du Mas de COSTE. Il exerçait la profession de marchand et son nom revient constamment dans les registres des notaires de la région à l’occasion d’achats et de ventes diverses (une paire de bœufs en sept. 1614, une paire de mules en sept. 1619). (12). En 1614, les communautés de Cannes (4 mars) et de Montmirat (16 mars) lui donnèrent à bail la levée des tailles de l’année ; il disposait donc de certaines ressources puisqu’il devait pouvoir faire au besoin l’avance de ces tailles (13). A partir de 1623, il est désigné dans les actes de notaires BOZANQUET de Vic BRINGUIER de Quissac (14) sous le nom de « Cappitaine Foucarand COSTE » ce qui permet de penser qu’il participa à la campagne de ROHAN de 1621.
En 1623, le « Cappitaine Foucarand COSTE » assiste au contrat de sa sœur Sibylle et signe son propre contrat de mariage avec Dauphine MASSIPE, fille de Jacques MASSIP, notaire à Cannes (15) ;il mourut peu après, laissent un fils mineur Jacques. (C’est le seul enfant connu de Fulcarand). Sa veuve se remaria, (elle était déjà mariée en 1630) (16), et Jacques (1er) COSTE fut chargé de la tutelle de son neveu. (Voir quittance du 4 octobre 1…). (17)
Jacques, fils de Fulcarand, épousa en 1645 Ysabel VALEZE de Cassagnoles. (18) Il s’établit à Montmirat et fut toujours désigné depuis sous le nom de « Jacques COSTE de Montmirat ». Il y exerce d’abord les fonctions de praticien ; puis il devint le représentant, le procureur des barons de Combas et de Montmirat. En 1668, il participait à la réfection du compois de Cannes et le signait en se qualifiant. On retrouve à cette époque de nombreux cappitaine dans la région : le Cappitaine MASSIP, possède en commun avec les COSTE des biens à Montmirat ; le Cappitaine Pierre Conduzorgues de Quissac est constamment cité dans les actes de l’époque ; le Cappitaine Claude FRINGUIER, de QUISSAC, le Cappitaine Louis MASSIP, de Cannes, etc… (Arch. Du not. ...........). Le titre de « Cappitaine » était décerné dans chaque paroisse protestante à un fonctionnaire civil chargé de la police locale] de « Bachelier ès droit et lieutenant de Juge de la Baronnie de Montmirat et de Cannes. On retrouvera fréquemment son nom dans les pages qui suivent.
Après sa mort, son fils Antoine régla avec ses cousins COSTE du Mas de COSTE, diverses questions d’intérêt le 7mars 1681. Après cette date, on perd la trace de cette branche des COSTE.

Raymond COSTE

2°) Raymond COSTE, autre marchand de Cannes, dont le nom revient aussi souvent que celui de Fulcarand dans les papiers de l’époque (19), doit également être un fils de Guillaume et de Claude. Il faisait comme Fulcarand le commerce des bestiaux. Il s’établit par la suite à Parignargues et est souvent désigné sous le nom de « COSTE de Parignargues ». En 1622 (20), il consentit un prêt de 200 livres à la communauté de Cannes ; comme Fulcarand, il assista au contrat de sa sœur Sibylle en 1625. Il mourut avant 1630. Les guerres de ROHAN et les épidémies qui ravagèrent ensuite le pays peuvent expliquer ces décès.
Il laissa une fille unique, Madeleine (21) qui eut d’abord pour tuteur Jean COSTE Le Jeune, frère de Guillaume, puis Jacques (1er) COSTE, fils de Guillaume, après le décès de Jean. Madeleine COSTE épousa (avant 1639) Onios BOZANQUET de Vic, et j’aurai par la suite souvent à parler d’elle.
Le fait que le nom de Raymond soit constamment accolé à celui de Fulcarand dans les papiers des COSTE, le fait que la tutelle de Madeleine revint à Jacques 1er et que ce furent ses descendants qui eurent de nombreux règlements de comptes à effectuer avec Madeleine ou avec son mari, permettent de supposer avec assez de raison et bien que ce ne soit pas explicitement indiqué, que Raymond COSTE de Parignargues était comme Fulcarand, un des frères de Jacques 1er.

Françoise COSTE

3°) Françoise COSTE vivait au Mas de COSTE avec son frère Jacques 1er lors de la liquidation de la société du Mas de COSTE. Elle n’avait pas été dotée. Elle mourut peu après 1640, sans héritiers directs, et sans avoir testé. (22)

Fabiane COSTE

4°) Fabiane (ou Galliane COSTE) avait épousé Estienne AUDEMAR de Puèchredon ; elle eut avec ses frères de longs démêlés pour la liquidation de la succession de leurs parents Guillaume et Claude COSTE. Une transaction du 7 octobre 1658 qui établit largement la filiation de Fabiane, mit fin à ces difficultés. Le 20 décembre 1609 son gendre, Jean CROUEZT de Canne, signait la quittance correspondante. (23)

Sibylle COSTE

5°) Sibylle COSTE, « honneste fille de feu Guillaume et de Claude COSTE du Mas de COSTE » signa son contrat de mariage le 7 juin 1623. Elle épousait Jean VIRLARGUET de Bragagnargues, fils d’autre Jean et de Marye DUFOUR. Sa dot (500 livres, un coffre bois noyer fermé à clef, et des vêtements) était réglée par son frère Jacques d’accord avec « Jean et Pierre COSTE, communs et pariers en bien au Mas de COSTE ». Assistaient au contrat le Cappitaine Fulcarand COSTE, Raymond COSTE de Parignargues, le Cappitaine Louis MASSIP, des DUFOUR de Sauve et de Quissac etc… Après la mort de Jacques COSTE, son beau frère Jean VIRLARGUET aida toujours sa veuve Louise ALLIERE lorsqu’elle épura les comptes de son mari. On retrouve encore le nom de VIRLARGUET dans une quittance du 28 juillet 1669 intéressant Galliane COSTE, veuve AUDEMAR, et son gendre CROUZET. (24)

Le paréage du Mas de COSTE pouvait offrir du travail à un membre par famille, les pariers hébergeaient et entretenaient les enfants non pariés (cas de Françoise, fille de Guillaume et de Jacques, fils de Gilles).

Quant aux autres enfants, et ils étaient nombreux à l’époque, ils essaimaient de tous côtés, quitte à revenir au Mas de COSTE lorsqu’un décès y laissait une place libre (cas de David, fils de Jean le Vieux, après le décès de son frère Pierre, et Jacques (II) COSTE après le décès de son frère Estienne 1678).
C’est la ce qui permet d’expliquer qu’au début du XVIIème siècle on trouve partout des COSTE du Mas de COSTE entre Sommières et Quissac.
Pour les uns, la parenté avec les COSTE du Mas de COSTE ne se discute pas : c’est la cas du Cappitaine Fulcarand qui s’établit à Montmirat, de Raymond qui s’installe à Parignargues, de Pierre, fils de Gilles, que l’on retrouve à Aspères, de David, fils de Jean le Vieux, qui va au loin faire « commerce et cabail à part ». Plus tard, c’est celui de Jacques (II) COSTE qui s’installe pendant quelques années à Cassagnioles.
Quant aux filles, elles quittaient forcément le Mas de COSTE en se mariant : tel fut le cas d’une Sibylle Marye COSTE, épouse VIRLARGUET de Bragassargues, et de Galliane COSTE épouse AUDEMAR de Puechredon, dont j’ai déjà parlé. Tel est aussi le cas d’une Marye COSTE, épouse de Jean MASSIP de Cannes, dont le fils Jean assiste en 1643 en qualité de « cousin germain » au testament de Jacques (I) COSTE.(25)
Marye COSTE est donc la tante de Jacques 1er et par suite la sœur soit de Guillaume COSTE soit de Claude COSTE. Pour des raisons générales déjà données, j’ai admis au tableau de la page 2bis, qu’elle était sœur de Guillaume.
Pour d’autres COSTE, au contraire, la parenté ne peut s’établir ; elle paraît toutefois souvent (……….) COSTE : une fille de Fulcarand épouse le 30 juillet 1617 Estienne FERMAUD de Cannes.

1°) François eut pour fille et héritière générale Ysabeau COSTE, qui épousa Jean BERNARD, Viguier de la baronnie de Sérignac, lequel vint servir de témoin en 158 devant Me MASSIP, notaire à Cannes, avec Jacques COSTE, Lieutenant de juge en la baronnie de Montmirat et originaire du Mas de COSTE, lors du règlement des comptes de Galliane COSTE, épouse AUDEMAR, de Puechredon. (27)

2°) d’Antoine COSTE, de Lansargues, arpenteur, auquel la communauté de Cannes s’adresse en 1604 lorsqu’elle veut faire établir un nouveau compois. (28)

3°) de Jean COSTE (29), praticien à Sommières (1603), à Combas (1604), puis Notaire royal à Sommières (1611), qualifié enfin d’avocat à la Cour Royale de Sommières, décédé en 1629 ou 1630, et qui laissa son étude à son gendre Jean PERCIN (1er registre ouvert le 21 novembre 1630). Seul le registre de Jean COSTE daté de 1611 n’a pas été détruit par les inondations du Vidourle ; on y relève souvent le nom de Raymond COSTE de Parignargues ; mais ni dans ce registre ni dans les archives de Jean PERCIN, je n’ai pu relever d’indication sur la parenté du notaire Jean COSTE avec les COSTE d’Aspères ou avec ceux du Mas de COSTE. Le notaire Jean COSTE laissa un fils François, qui était consul de SOMMIERES en 1643 ; en 1655, il avait « charge de Messire Gaspard de la Croix, Marquis de CASTRIES, capitaine de la ville et du château de Sommières ». De 1656 à 1658 enfin il est « receveur pour le Roy du Grenier à Sel de Sommières ».

4°) A Quissac, les COSTE sont nombreux. (26)
Le premier des Notaires du nom de BRINGUIER avait épousé Jeanne de COSTE, qui avait un frère du nom de Fulcarand. Le fils de Jeanne de COSTE, Fulcarand BRINGUIER, notaire royal à Quissac, épousa en Ières noces Ysabeau TEISSIER de Cardet (10 avril 1648). On verra plus loin que Claude COSTE, du Mas de COSTE, épousa (1er juin 1655) Barthélemy TEISSIER, de Cardet. Le testament de Jeanne de COSTE fut reçu par Me BOUZANQUET, notaire à Crespian.
Au début du siècle, Pierre COSTE et sa femme Ysabeau DUFOUR vivaient à Quissac ; au mariage de leur fils Pol (28 août 1633) assistaient comme témoins le Cappitaine Conduzorgues et Pierre DUFOUR.
(On verra que David COSTE, du Mas de COSTE avait épousé Marthe DUFOUR, et on sait que la mère de Jean VIRLAGUET, époux de Sibylle COSTE s’appelait Marie DUFOUR, etc…

5°) Tandis que les COSTE du Mas de COSTE, d’Orthoux et de Quissac sont dans tous les actes de mariage qualifiés appartenir à la R.P.R., on trouve à Carnas et à Gailhan des COSTE catholiques. Je citerai parmi ceux-ci Anne de COSTE, veuve de Noble Antoine de COUISSAC, vivant Seigneur de St. Clément, laquelle habitait au Mas de Fallade, paroisse de Carnas (13 V-7 XI 1635), puis les COSTE du Mas de Toupix argues, paroisse de Gailhan (II. I. 1638), enfin des COSTE de Corcone (29).

Le nom de COSTE à cette époque est répandu dans toutes les Cévennes. On en trouve dans la Vallée Française, et c’est de ceux-ci que descendent les COSTE notaires à St. André de Valborgne pendant tout le XVIIème siècle ; il en existait à St. Jean du Gard, et c’est de là que vint un Jean COSTE, maçon, qui s’établit à Quissac au début du XVIIème siècle ; il y avait enfin à Ganges un Pierre COSTE, qui épousa vers 1580 Catherine de CAUSSE, de Sumène. Il laissa trois filles : Marie, Jeanne et Fulcarande ; cette dernière épousa en secondes noces (1614) Henri de St. Etienne, Baron de Ganges, et ce fut son petit-fils Charles de la Tudc qui épousa en 1658 Diane de Joannis de Château blanc connue par sa beauté et par ses malheurs. (Voir France Protestante T.II. p.363 et T. IX. P. 254) - (Histoire de la Marquise de Gangges par RIBARD - Armorial du Languedoc. T. I p. 313. Branche B) On sait que la Réforme avait trouvé de bonne heure de nombreux partisans dans les Cévennes. Le souvenir des Albigeois s’y était forcément conservé, et l’attitude du clergé catholique était peu faite pour maintenir dans la dépendance de Rome ceux qui réfléchissaient tant soit peu. « Les progrès de l’hérésie », dit dom VAISSETTE, peu favorable pourtant aux nouvelles idées, durent leur principale origine à la corruption des mœurs, au relâchement de la discipline ecclésiastique, à l’ignorance du clergé et à la négligence des évêques, qui, la plupart, dévorés par l’ambition et l’avarice, cherchaient à accumuler bénéfices sur bénéfices, et s’embarrassaient fort peu du soin de leur diocèze. » (30).
Ce fut à Anduze vers 1547 que les « sympathies pour les hommes » et les doctrines de la Réforme se manifestèrent pour la première fois d’une façon nette. (31) Meinard rappelle qu’à Nîmes les premières « assemblées » se tinrent en mars 1552, derrière la Tour Magne. Le Parlement de Toulouse dépêcha à Nîmes le Conseiller Antoine de PAULS, et le procureur général Bertrand SABATIER pour informer contre ceux qui suivaient les idées nouvelles : la plupart des intéressés purent se dérober par la fuite aux poursuites et il n’y eut alors que des condamnations par effigies. (32)
Parmi les fugitifs se trouvait Maître Pierre d’Airebaudouze, archidiacre de la cathédrale de Nîmes, qui se réfugia à Genève et y suivit l’enseignement de CALVIN. Il appartenait à la famille des Seigneurs d’Anduze et de Clairan. « Monsieur d’Anduze » comme on l’appelait, revint comme pasteur en France, et fut compté parmi les meilleurs prédicateurs de l’époque. Il mourut à Nîmes. (33)
L’organisation des églises Réformées de France fut réglée par le Synode de mai 1559 à Paris. Les Eglises se constituèrent alors

De toutes parts. (34) Je n’ai pu retrouver la date de création de l’Eglise de Cannes, mais dans un petit village des hautes Cévennes, à St. André de Valborgne, il ne fallut que peu de mois pour la constituer. On sait que l’article 35 des décisions du Synode de 1559 avait notamment réglementé la tenue des registres de baptême. Or, lorsque le 14 février 1561, Germain MANOEL, marchand, du lieu de Nogaret, paroisse de St. André, inscrivit dans son livre de raison la naissance de son fils Jean, il ajoute qu’il fut présenté au baptême « à l’assemblée par son beau-frère Jean MOLES. » Des indications analogues se retrouvent lors de la naissance de ses enfants nés après 151. (35)
Je n’ai pu retrouver aucune donnée sur l’attitude des COSTE pendant toute la seconde moitié du XVIème siècle. L’acquisition en 1579 par Vincent COSTE de biens ecclésiastiques, la façon dont les COSTE ont lutté pendant près de cent ans pour les conserver, permettent de penser que, dès le début, ils ont suivi les idées nouvelles comme la grande majorité de la population et comme les Seigneurs de Clairan. Les guerres de l’époque, qui entraînèrent notamment la prise par les catholiques, de Montpezat et de Sommières, puis la soumission de Quissac en 1573 ont certainement eu un contrecoup sérieux dans la « Combe de Cannes. » (..)
Le calme qu’apporta dans toute la France le règne de Henri IV ne fut malheureusement pas de longue durée et au début du règne de Louis XIII, Cannes se trouva au centre de la région qui devint le théâtre des diverses guerres du duc de ROHAN. Les noms de Cannes et de Clairan reviennent par suite souvent dans le récit des hostilités qui désolèrent le Languedoc de 1621 à 1629. En voici deux exemples (37)

Le 8 août 1622, jour de la prise de Lunel par les troupes Royales, ROHAN ordonna aux gens de guerre qui seront enrôlés par ordre de la Milice dans la Viguerie  Anduze de Combe de Cannes, de se rendre au 15 de ce mois dans la ville d’Anduze.
Au cours de la dernière révolte, ROHAN enjoignit (28 décembre 1627) aux communautés de toute la Viguerie d’Anduze, ainsi qu’à celles de Clairan et de St. Théodorit, de contribuer aux dépenses des fortifications d’Anduze. Un mois après (janvier 1628), Mr de Clairan, mestre de Camp du Colloque d’Anduze, mettait sur pied tous les hommes de guerre que la Viguerie pouvait lever, et quelques mois après les troupes protestantes, sous la direction notamment des capitaines de CLAIRAN et de CASSAGNOLES se rencontraient à Cassagnoles (juillet 1628, pour attendre l’arrivée des troupes de MONTMORENCY.
On sait enfin que l’armée royale, après avoir pris Privas (19 mai 1629), vint à Alès, où la paix fut signée (28 juin 1629) ; Louis XIII séjourna du 27 au 29 juin à Lédignan, avant de quitter définitivement le Languedoc.
Ce sont peut-être bien les dernières guerres de ROHAN, puis la peste qui ravagea les Cévennes en fin 1629 et qui était évidemment une des conséquences de la guerre, qui peuvent expliquer les morts de Raymond, et de Fulcarand et de Pierre COSTE, puis celle du notaire Jean COSTE de Sommières, qui se produisirent, d’autre part la ruine du parti protestant comme parti politique qui décéda, quelques années plus tard le Prieur de Cannes, AUVERGNON, à poursuivre l’annulation de la vente consentie en 1580 à Vincent COSTE. Les opinions religieuses des descendants de ce dernier, alors établis au Mas de COSTE, étaient bien connues, puisque Jacques 1er et Louise ALLIERE, en signant leur contrat de mariage le 30 novembre 1630 s’engageaient à accomplir et solenniser le dit mariage en l’Eglise de la Religion prétendue « Réformée. »

NOTES DU CHAPITRE II

1 | Voir Pièce XVII N°25. Contrat de mariage de Guillaume COSTE et de Claude COSTE, fille de Vincent COSTE, reçu Jacques MASSIP, notaire à Cannes, le 13 février 1576 – Testament de Guillaume du 4 février 1600 – Claude COSTE décédée « ab intestat ». Actes cités dans la transaction du 7 octobre 1658.

2 | Voir Pièce XVI N°9 – Archives municipales de Cannes. Actes des 12 XII. 1579-3.1. 1580.

3 | Voir Pièce XVI.N°13 – id. Acte du 27 VI 1592

4 | Voir Pièce XVI N°12 – Arch. Minicip. De Cannes. Acte du 7 II.1592

5 | Voir Pièce XVI N°8b. Extrait des registres du Not. Roy. Jean DEIDIER de Sommières pour 1578. Arch. Dép. du Gard.

6 | Tous les détails sur le paréage du Mas de COSTE sont extraits de l’acte de liquidation de ce pariage, reçu par Me Claude VERDIER, not. Roy. A Lédignan le 23 avril 1639. Acte dont j’ai une copie de l’époque, incomplète. (Pièce XVII N°12) ; j’ai retrouvé la minute de cet acte aux archives du notaire de Lédignan. Volume de 1639. Folio = iijxxvj.

7 | Voir Pièce XVII. N°10. Contrat de mariage de Jacques COSTE et de Louise ALLIERE de Mauressargues, reçu Louis MASSIP, notaire royal à Cannes.

8 | Voir Pièce XVI. 10 a. Archives du Gard. Gilles et Guillaume ont déclaré à l’acte ne pas savoir signer.

9 | Voir Pièce XVII. N°II. Redevance féodale du 24 mars 1633 en faveur de Claude Guy d’AIREBAUDOUZE, Seigneur de Clairan. (La copie de l’époque, de cette pièce contient de nombreuses inexactitudes). La comparer à la reconnaissance de 1580.

10 | Voir Pièce XVII. N°. Compois de Cannes du 17 juillet 1604 dressé par Antoine COSTE, arpenteur à Lansargues. (Archives Munic. de Cannes), et Pièce XVII. N°7 Compois de Clairan du 10 février 1620 (Archives PRADES – DURAND de Clairan).

11 | Voir Pièce XVII. N°5d – Extrait des minutes de Jacques MASSIP notaire à Cannes. Dette envers Fulcarand COSTE et quittance délivrée par « Sire Jacques COSTE, du lieu de Cannes, tuteur des hoirs de Fulcarand COSTE, son frère, lequel sachant son dit frère, en son vivant, avoir été payé de la somme de 135 livres…

12 | Voir Pièce XVII 5d. Minutes du notaire MASSIP de Cannes (1613-1614) et Pièce XVII 5b. Minutes du notaire MOULINES de Combas (1619).

13 | Voir Pièce XVII 5d. Minutes du notaire MASSIP de Cannes 1613-1614. Le nom de Fulcarand COSTE était au début du XVIIème siècle assez répandu aux abords de Cannes. Dans la paroisse d’Orthoux, il y avait un Mas de COSTE occupé en 1617 par Fulcarand COSTE, fils de feu autre Fulcarand, qui mariaient une de ses sœurs avec un PERMAUD de Cannes. (30 VII 1617 et transaction du 9III 1638). A la même époque, on connaît à Quissac un Fulcarand COSTE dont la fille Jacquette se mariait en 1619 et dont la dot était réglée le 24 I. 1649 par Jeanne de COSTE, veuve du Not. Estienne BRINGUIER de Quissac. Il y avait donc des rapports de parenté fort étroite entre ce Fulcarand et Jeanne de COSTE. (Arch. des Not. De Quissac).

14 | Voir Pièce XVII (..e) Rubriques du notaire BOUZANQUET à Vix, pour les années 1613 à 1646 et Archives du Not. BRINGUIER de Quissac. 3 juin 1623. (XVII. 2a)

15 | Voir Pièce XVII (...e) déjà citée. Contrat de mariage (1623). Quittance de dot (1624). 3 juin 1623. Archives du not. BRINGUIER.

16 | Voir Pièce XVII. N°12. Extrait des minutes de Claude VERDIER, Notaire à Lédignan : quittance pour les hoirs du Cappitaine Fulcarand COSTE du 20 avril 1639 ; Sa veuve avait épousé Pierre MARGAROT par contrat du 20 (ou 26) novembre 1630, reçu BOZANQUET. Not. – voir aussi Pièce XVII 5d. Minutes du Not. MASSIP pour 1614 ; folio iiijcxix ; note en marge du 13 février 1639 présent Jacques COSTE, fils de Fulcarand. Voir aussi Partage du Mas de COSTE 1639. Pièce XVII N°12.

17 | On retrouve à cette époque de nombreux cappitaine dans la région: le Cappitaine MASSIP, possède en commun avec les COSTE des biens à Montmirat; le Cappitaine Pierre Conduzorgues de Quissac est constamment cité dans les actes de l’époque; le Cappitaine Claude FRINGUIER, de QUISSAC, le Cappitaine Louis MASSIP, de Cannes, etc… (Arch. Du not. ...........). Le tire de «Cappitaine» était décerné dans chaque paroisse protestante à un fonctionnaire civil chargé de la police locale.

18 | Voir Pièce XVII 5e. Rubrique du not. BONZANQUET de Vic. Année 1645. Mariage de Jacques COSTE de Montmirat.

19 | Voir pièce XVII 5d Minutes du Not. MASSIP de Cannes. Années 1613 et 1614 – voir Pièce XVII 5b. Minutes de Jean COSTE, Not. A Sommières. Année 1611. Archives du Not. BRINGUIER de Quissac 3 juin 1623.

20 | Voir Pièce XVII N°8. Archives Municipales de Cannes. Rolle des sommes prêtées par les habitants de Cannes à la communauté de Cannes.

21 | Voir Pièce XVII N°12. Partage du Mas de COSTE de 1639.

22 | Voir Pièce XVII N°12. Partage du Mas de COSTE de 1639. et Pièce XVII N°25 : Transaction et accord du 7 octobre 1658.
Règlement de la succession des époux Guillaume et Claude COSTE.

23 | Voir Pièces XVII N°25. et N°27. Voir aussi arch. de BRINGUIER, not. A Quissac, 28 juillet 1669. Quittance intéressant Galliane, son gendre CROUZET et les VIRLAGUET de Bragassargues.
(23 bis ) Voir Arch. Des not. BRINGUIER de Quissac XVIIème siècle (Pièce XVII N°2a. Article COSTE).

24 | Voir archives du not. BRINGUIER de Quissac XVIIème siècle (Pièce XVII N°2a.) Article COSTE.

25 | Minutes de Jacques MASSIP, not. à Cannes. 1614. Testament de Jean MASSIP, époux de Marie COSTE de Cannes, 8 novembre 1614 (XVII N°5d.) et testament de Jacques (1) COSTE 14 décembre 1643. (XVII N°13).

26 | Voir pour les COSTE d’Orthoux et de Quissac les extraits des archives des notaires de Quissac XVIIème siècle. (Pièce XVII N°2a)

27 | Pièce XVII N°25.

28 | Voir Pièce XVII N°1. Compois de Cannes et (XVII 5a) Extrait des minutes des notaires BERARD (Sommières 1595-1596) COLOMB (Sommières (1603-1604) et Jacques MASSIP (Cannes 1614).

29 | Voir Pièces XVII 3.a et 3.b. Notaires divers et extraits des minutes de Me PERCIN à Sommières à partir de 1630. Histoire de la ville de Sommières par BOISSON.
(29 bis)Voir note 25 et Jean PERCIN Not. à Sommières (XVII N°2.c. et autres). A Aspères où le Compois de 1662 montre qu’il y avait encore des COSTE, on ne trouve jamais ce nom de 1600 à 1650 dans le registre des actes religieux du prieur d’Aspères qui figure aux archives municipales de cette commune.

30 | Voir histoire de l’Eglise Réformée d’Anduze par HUGUES. Note 1 de la page 29.

31 | Idem page 40.

32 | Voir MENARD. Histoire de la ville de Nîmes. Edition de 1874.
Tomme III – XXI p.194.

33 | Voir Histoire de l’Église Réformée d’Anduze par HUGUES. Page 20 et note 1 de la page 21 : « le plus éloquent et le plus emporté de tous les ministres que CLAVIN envoya lui-même de Genève à Lyon était un apostat nommé « d’Anduze ? » (Histoire littéraire de Lyon par COLONIA. Citation de Hugues).

34 | Voir Histoire de l’Église Réformée d’Anduze par HUGUES. P. 14. Citation d’un extrait de l’Histoire ecclésiastique des Églises réformées du Royaume de France par Théodore de BEZE : « Ce fut en ce même temps (1560) que ceux des montagnes des Cévennes (un pays aspre et dur, s’il y en a un en France, et qui pourrait sembler des moins capables à recevoir l’Évangile par la rudesse et l’esprit des habitants), receurent néanmoins avec une merveilleuse ardeur la vérité de l’Évangile, auxquels s’adjoignirent non seulement quasi tout le commun, mais aussi les gentils hommes et les grands seigneurs ; tellement que quasi en un instant furent dressées plusieurs églises : à savoir … Mialet, …Anduze, …Sauve, …St Jean, …St Germain de Calberte, …St Etienne de Villefranscesque, etc… »

35 | Archives Jacques DELON de St. André de V. (en ma possession).

36 | Voir Dom Vaissette (déjà cité) Tome XI p.559-562 et s.s.

37 | Voir Histoire de l’Eglise Réformée d’Anduze par HUGUES : pages 348, 445 et 448-475.

1.4 - De 1630 à 1678

JACQUES (1) COSTE, sa femme LOUISE ALLIERE, et leur fils ESTIENNE COSTE

Jacques COSTE, premier du nom, fils et héritier, au Mas de COSTE, de Guillaume COSTE et de Claude COSTE, membre depuis le décès de son père du pariage du Mas de COSTE, épousa en 130 (Contrat du 30 novembre) Louise ALLIERE, fille naturelle et légitime de feu Me Jean ALLIER et de Jeanne BRUNE, mariés, du lieu de Mauressargues. (1)
Les parents de Jacques, et ses frères Fulcarand et Raymond étaient morts à ce moment ; aussi signa-t-il son contrat « de la licence, conseil et consentement de Me Jean COSTE, son oncle, et de Pierre COSTE, son cousin germain, ses pariers et communs en biens. » Quant à Louise ALLIERE, elle était, assistée par sa mère et par son frère Louis ALLIER, de Mauressargues. La mariée reçut en dot, outre des habits et des meubles, 400 livres, et son mari lui reconnut comme douaires avec les robes, bagues et joyaux qu’il lui pourrait avoir faits, la somme de 100 livres. On a déjà vu que le mariage devait être accompli et solemnisé en l’Église de la Religion prétendue Réformée.
Assistaient comme témoins à la signature du contrat Jean et Pierre MASSIP de Cannes, Estienne AUDEMAR de Puechredon et Jean VIRLAGUIER de Bragassargues, ces deux derniers beaux-frères du marié.
Au « Mas des COSTE », où Jacques 1 amenait sa jeune femme, elle retrouvait les familles des pariers de son mari, savoir

1° Jean COSTE le jeune, époux de Gabrielle ALLIERE (une parente évidemment de Louise) et leurs enfants Jean et Vincent (2) ;
2° Les descendants de Jean Le Vieux et de Jeanne COSTE, c’est-à-dire Pierre COSTE, puis après son décès David COSTE et sa femme Marthe DUFFOUR(3) avec lesquels vécut jusqu’à sa mort leur oncle Jacques COSTE (4), le seul des fils de Gilles qui paraît être resté au Mas des COSTE.
Le 24 mars 1633 (5) Jacques 1er COSTE renouvela, avec ses pariers Jean et Pierre, vis à vis de Noble Claude Guy d’Airebaudouze, Seigneur de Clairan, habitant à Maruéjols - les - Gardon, les reconnaissances féodales relatives aux biens de Montvaloux et du Méjanel acquis au XVème siècle. Il eut à lutter ensuite avec le prieur de Cannes, AUVERGNON, qui réclamait l’annulation de la vente consentie à Vincent COSTE en 1580 (6). Enfin, il eut à liquider en 1639 le paréage du Mas de COSTE.
D’après les règles qui liaient les « pariers et communs en biens », sous la direction de celui qui avait le titre de « maistre de la dite associété », chaque associé, en se mariant ou en entrant dans l’association, versait à la société la dot de sa femme qui était employée à l’ « utilité et profit commun ». (Voir contrat de Jacques1er COSTE.) C’était ensuite la communauté qui devait, avec ses biens, assurer la constitution des dots et légitimes des enfants à venir. Cette organisation se heurta à d’assez sérieuses difficultés quelques années après le mariage de Jacques (1) COSTE.

Pierre COSTE mourut le premier, ne laissant comme héritier qu’une sœur Doula (7) (Doulce, probablement), épouse de Jean MOURET. Son frère David lui fut substitué en vertu du testament de son père Jean Le Vieux. Sr, David, avant d’entrer au Mas de COSTE, avait « négocié et fait cabail à part » et entendait conserver le bénéfice de son travail. D’autre part, Jean COSTE Jeune, puis, après sa mort, Jacques 1er COSTE, avaient été nommés tuteurs des Hoirs de Raymond et de Fulcarand COSTE. La liquidation de ces tutelles montraient qu’il restait dû des sommes assez importantes aux héritiers de Raymond et de Fulcarand, et David refusait de participer aux charges correspondantes. Enfin, la règle relative aux dots n’avait pu être entièrement exécutée : un enfant dans chaque branche notamment n’avait pas été doté : c’était le cas de Jacques, fils de Gilles et oncle de David, de Françoise, fille de Guillaume et sœur de JacquesI COSTE, et de Vincent, fils de Jean le Jeune et de Gabrielle ALLIERE.
Les associés se décidèrent alors à dissoudre leur association. La liquidation fut préparée par Noble Antoine de MONTOLIEU (8) et Claude VERDIER, Not. Roy. A Lédignan. La majeure partie des biens fut partagée en trois lots qui furent attribués à Jacques I fils de Guillaume, à David, fils de Jean le Vieux, et à Jean, fils de Jean le Jeune. Seuls certains biens, tels que le four et le moulin à huile du Mas de COSTE, restèrent indivis. Il ne semble pas que les biens de Montmirat aient été partagés, car ils motivèrent le 20 mai 1640 (9) une reconnaissance féodale de la part de David, Jean et la veuve de Jacques 1er.
Les « droits recognus en la dite société » à l’occasion du mariage des associés successifs sont rappelés dans la liquidation. Ils étaient pour Claude COSTE, femme de Guillaume (1576) de 140 livres, pour Jeanne COSTE, femme de Jean le Vieux (1592), de 140 livres, pour Gabrielle ALLIERE, femme de Jean le Jeune (vers 1605) de 300 livres. pour Marthe DUFOUR, femme de David COSTE de 250 livres, pour Louise ALLIERE, femme de Jacques I COSTE (1630) de 400 livres.
L’acte de partage prévoyait enfin que « tous les papiers et documents concernant les dits biens et héritages, seraient mis dans un coffre au pouvoir du dit Jacques COSTE, duquel le dit David aurait une clef. » C’est à cette mesure de précaution, qui paraît avoir été scrupuleusement respectée par Jacques1er et ses descendants, que l’on doit évidemment d’avoir retrouvé au Mas de COSTE tant de données sur ses possesseurs successifs.
Quatre ans et demi après avoir procédé à la liquidation du pariage du Mas de COSTE, Jacques 1er, malade et alité au Mas de COSTE dictait son testament (14 décembre 1643). Il disparaissait peu après : le 12 août 1644, Louise ALLIERE était qualifiée de veuve et héritière fiduciaire de Jacques COSTE.

Jacques COSTE laissait au Mas de COSTE, au début de 1644, une veuve et quatre enfants dont l’aîné n’avait que 13 ans. Par son testament (10), il léguait à son fils Jacques II et à chacune de ses filles Claude et Jeanne, la somme de 300 livres. Chacune de ses filles recevait en outre « un coffre bois noyer avec sa serrure et sa clef ». Il désignait pour son héritière fiduciaire sa femme bien aimée Louise ALIIERE et cela tant qu’elle « demeurerait veuve sous son nom, et en viduité honnête », à charge de remettre tous ses biens, à la fin de sa vie, ou plutôt si elle le jugeait opportun, à son fils aîné Estienne. L’inventaire de ses biens devait être fait après son décès avec l’aide de ses beaux-frères Jean VIRLAGUET, de Bragassargues, Louis ALLIER de Mauressargues, et de son cousin germain Jean MASSIP. Le testament fut signé au Mas de COSTE en présence de Jean et Vincent COSTE (fils de Jean le Jeune), de David COSTE (fils de Jean le Vieux), de Jean MASSIP, fils d’autre Jean (c’est un des fils de Marie COSTE), et de Jacques COSTE de Montmirat (fils de Fulcarand COSTE).

Louise ALLIERE eut d’abord à s’occuper de la liquidation des comptes de tutelle des hoirs re Raymond et de Fulcarand COSTE.
Le compte de Magdeleine COSTE, fille unique et héritière de Raymond COSTE, de Parignargues, avait été arrêté par sentence arbitrale rendue le 25 février 1638 (11) par Noble Antoine de MONTOLIEU, de Montmirat, et Me Jean Paul VIEUX, Not. Roy. à Fons à 3115 livres, 11 sols et 3 deniers en sa faveur. Cette somme fut ramenée lors du partage de 1639 à 3065 livres, 11 sols, 3 deniers et mise par tiers à la charge de chacun des anciens associés.
Entre temps, Magdeleine avait épousé Ozias BOZANQUET (12), de Vic, et ce fut avec lui que les COSTE eurent à régler ces comptes de tutelle.
Pour se libérer Louise ALLIERE fut obligée de vendre certaines terres, et elle le fit avec l’assentiment de ceux de ses parents qui avaient été nommés au testament de son mari (13). Ses anciens associés durent en faire autant. Jean dut signer le 5 août 1644 (14) une reconnaissance de dettes ; David et Jean COSTE, père et fils, messagers, habitants du Mas de COSTE, durent vendre le 15 août 1675 (14) à leur cousin Estienne COSTE, certaines terres, dont le prix (356 livres) fut versé à Delle Magdeleine de COSTE, veuve de Noble Ozias de BOZANQUET, vivant Seigneur du Fesq. Plus tard enfin (1er avril 1682), Jean COSTE, fils de Jean COSTE et de Gabrielle ALLIERE, et qui alors était qualifié du titre de « Vieux », vendit à son cousin Jacques (II) COSTE certains de ses biens de Cannes (15) et notamment au « Mas de COSTE sa portion du moulin à huile et sa portion de tous les outils d’Iceluy moulin qu’il jouit en commun pour un tiers avec les dits Jacques et David COSTE ». Sur le prix de la vente (1061 livres, 4 sols), l’acquéreur dut remettre 940 livres à Noble Henri de BOZANQUET, Sieur de la Tour du FESQ, en déduction de sommes plus grandes à lui dues comme rémissionnaire de Noble Jean de BOZANQUET Seigneur du Fesq, son frère.
Les comptes de tutelle de Jacques COSTE, fils de Fulcarand avaient été arrêtés également par Antoine de MONTOLIEU, et lors du partage de 1639, Jacques, David et Jean restaient devoir de ce chef 1631 livres, 14 sols. (16) A partir de cette date, la tutelle « fut administrée par le dit Jacques COSTE à ses azards et périls, et du dit Jean COSTE, sans que le dit David COSTE y soit en rien atténue. » L’apurement de ces comptes fut long, puisque Jacques COSTE, Lieutenant de juge és nom du Sr. Baron de Combas, fils de Fulcarand, remit encore le 24 février 1663 (17), une quittance pour règlement de ces comptes à Estienne COSTE », héritier successeur descendant de l’administration tutelière fait par feu son père comme tuteur de Jacques.
Louise ALLIERE eut également des difficultés pour régler avec sa belle-sœur Galliane, femme d’Estienne AUDEMAR de Puechredon la succession de ses beau-parents Guillaume et Claude COSTE et celle de leur fille Françoise, décédée ab intestat et sans laisser d’héritiers directs. Une transaction intervint entre les deux parties le 7 octobre 1608 ; elle fut complétée par une quittance du 5 décembre 1659 signée par Jean CROUZET de Cannes, gendre de Galiane.(18)
On a vu déjà que Jacques I COSTE laissait en 1644 quatre enfants au Mas de COSTE : deux filles Claude et Jeanne, et deux fils Estienne et Jacques II.

Claude COSTE épousa Barthélemy TEISSIER (contrat du 1er juin 1655) facturier de laine à Cardet. (19) Son mari reconnut (quittance du 4 octobre) avoir reçu pour sa femme 200 livres et un « coffre bois noyer, fermé à clef, tenant une saumée » (environ 2 hectolitres.) Six ans plus tard, il recevait encore de Louise ALLIERE, la somme de 100 livres, ce qui portait la part de Claude dans l’héritage paternel aux 300 livres prévues au testament paternel.
En 1678, lors du décès d’Estienne COSTE, Barthélemy TEISSIER et Claude COSTE avaient quatre enfants : Louise, Jeanne, Barthélemy et Jacques.
Louise épousa en 1684 Pierre TIRE, meunier du lieu de Ners. Elle reçut à ce moment un legs de son oncle Estienne COSTE.

Jeanne COSTE épousa en premières noces Claude MOURET de St Théodorit (20). Le contrat fut signé le 20 février 1666 et Claude MOURET donna quittance de reconnaissance de dot ) à son beau-frère Estienne COSTE le 1er juin 1668. Jeanne reçut alors la somme de 200 livres, un habit cadis, un coffre bois noyer avec sa serrure et sa clef (valeur 12 livres, un « garniment de lit thoille de Rouen ( ?) blanc », et une couverte laine blanche de valeur de 10 livres.)
Le solde de la dot de Jeanne lui fut versé après le décès de Claude MOURET, toujours par son frère Estienne COSTE (3 mars 1671) et Jeanne reçut ainsi au total 400 livres argent, habillements et autres choses, ce qui montre qu’Estienne avait du majorer sensiblement au profit de sa sœur le legs que lui avait attribué Jacques I en 1643.
Lorsqu’en 1678, Estienne COSTE signa son testament, Jeanne était remariée avec David LAUZE de St Théodorit, qui figurait comme témoin à l’acte du 3 mars 1671.

De son premier mariage, il lui restait un fils Jacques, dont les descendants continuèrent à habiter à St Théodorit : le 10 avril 1730, Marguerite COSTE, fille de Jacques III, née le 7 avril, était présentée au baptême par Jacques MOURET de St Théodorit (voir page 94), et le 10 juin 1757, Jacques IV COSTE assistait comme témoin à la signature du testament de son « cousin Jean MOURET de St Théodorit. » (voir page 104)

Estienne COSTE , messager, habitant au lieu de Cannes, se maria après ses deux sœurs. Il épousa en 1668 (21), « honneste fille », Louise FONTANIEU, fille de Claude FONTANIEU, Not. Roy. Et de Marie VOLPELLIERE, habitant de St Bauzille de Malgloirès, diocèse d’Uzès. Son oncle, Louis ALLIER de Mauressargues et ses beaux-frères Barthélemy TEISSIER et Claude MOURET approuvaient cette union. Louise FONTANIEU apporta en dot à son mari : « 1000 livres argent, deux habits, l’un serge et l’autre cadis, à l’usage de la dite FONTANIEU, un garniment de lit de cadis de valeur de 50 livres, une paire de coffres bois noyer de valeur de 84 livres, deux douzaines de serviettes, toile de maison, trois brebis nourriguières, plus une bague d’or de valeur de 75 livres ; plus un autre habit de buratte de soie (bourrette de soie) à l’usage de la dite FONTANIEU.
Quant à Louise ALLIER, représentée au contrat par son fils Jacques II, elle remettait à Estiene la moitié de ses biens personnels et la totalité de ceux de son mari, à charge d’être entretenue par son fils sa vie durant. Signaient au contrat Messires Théodore et Jean Louis de CAMBIS, père et fils, Seigneurs et barons de Sérignac, et Me Benjamin SAVONNE, de St Geneys et St Pierre, ministre de l’Eglise de Fons. »

Etienne COSTE ne laissa pas de postérité. Après sa mort (1678), la dot de Louise fut rendue par Jacques II COSTE à Claude FONTANIEU (22).
Par son testament signé au « Mas des COSTE » le 27 juin 1678 (23), Estienne COSTE faisait divers legs en faveur de sa mère Louise ALLIERE, de sa sœur Claude et de ses quatre neveux TEISSIER, de sa sœur Jeanne (épouse David LAUZE) et de son fils Jacques MOURET, enfin de son filleul Jacques, fils de Jean COSTE, du Mas de COSTE. Il désignait enfin pour son héritier général son frère Jacques II COSTE, alors établi à Cassagnoles. Parmi les témoin du testament se trouvent Me Jean COSTE, autre Jean et Raymond COSTE, père et fils habitants tous trois du Mas de COSTE.

Enfin, Jacques (II) COSTE, marchand facturier, épousa en 1669, Marye TEISSIER, fille de Me Pierre TEISSIER et de feus Sibylle MASSIPE, du lieu de Cassagnoles, diocèze de Nîmes. (24)
Elle apporta à son mari 400 livres en espèces et l’entier héritage et l’augment dotal de sa mère Sibylle MASSIPE. Jacques II recevait le legs de son père, 300 livres ; 150 livres de sa mère, et Estienne y ajoutait une Salmé de Blé Tozelle « pour les bons et agréables services que son frère lui avait rendus ».
Assistaient à la signature du Contrat Jacques COSTE, Lieutenant de juge de la Baronnie de Montmirat, Me Jean JALLAGUIER, suivant les finances de Cassagnoles, et de Me Estienne ALLIER, praticien de Mauressargues. Jacques II s’installa à Cassagnoles, et y créa un « cardage de layne ». C’est là qu’il se trouvait lorsque le décès prématuré de son frère le rappela au Mas de COSTE. (25)

Louise ALLIERE vivait encore lorsque son second fils rentra au Mas de COSTE.  Les deux anciens associés de son mari, Jean, que l’on appelait alors à son tour Jean le Vieux, et David, y habitaient à côté d’elle. Louise dicta son testament au Mas de COSTE, le 5 mai 1682 (26), en présence de Me Jean COSTE et autre Jean et Raymond COSTE, père et fils, et autre Jean COSTE, fils d’autre Jean. Elle léguait à chacune de ses filles Claude et Jeanne 30 livres en supplément de ce qu’elles avaient déjà reçu, et désignait son fils Jacques II COSTE comme son héritier universel. Les deux associés de son mari ne devaient pas lui survivre longtemps : David mourut en 1636 à l’âge de 85 ans, et Jean en 1691 à l’âge de 80 ans environ (27)

La Division du Mas de Coste, prévue au partage de 1640, avait été entièrement réalisée après la mort de Jacques I.
Un département des tailles de Cannes établi en 1646 par Jacques COSTE de Montmirat, donne les indications suivantes sur les impôts qui grevaient à cette époque les différents membres de la famille COSTE (28). Sur cet état :
- Jean COSTE figure pour 43 livres, 5 sols, 13 deniers
- David COSTE figure pour 45 livres, 12 sols, 6 deniers
- Les hoirs de Raymond COSTE pour 1 livre, 3 deniers
- Les hoirs de Jacques COSTE pour 34 livres, 8 sols, 4 deniers.
Vingt ans après, les ………. la direction du même Jacques COSTE ……..lieutenant de juge de la Baronnie de Montmirat et du dit Cannes, il fut procédé à la fraction d’un nouveau compois et …………… distinctes furent établies au nom de ……., ……. de David et d’Estienne COSTE. (29) Les habitants du Mas de Coste possédaient néanmoins encore des biens indivis portés à une cote spéciale (folio cxvde l’exemplaire des archives de Cannes) sous la rubrique « Indivis de David, Jean et Estienne COSTE. »
Cette cote contient premièrement un moulin à huile et un four à cuire le pain au Mas de COSTE et secondement un Herme. On a vu que cette indivision disparut en partie en 1682.

Les COSTE possédaient encore certains biens éloignés de Cannes, notamment dans la communauté de Montmirat. On ne sait s’ils sortirent ou non de l’indivision. Toujours est-il qu’ils motivèrent des renouvellements de reconnaissances féodales. C’est ainsi que le 20 mai 1645 (30), David et Jean COSTE, avec Louise ALLIERE, reconnurent tenir de Louis de PELET, Baron de Combas et de Montmirat, représenté par jacques COSTE, son procureur,
1- Une maison, cour, estable et pallier au château de Montmirat, confrontant au levant la muraille du fort.
2- Une terre dans la Dixierie de Cannes.
Seize années plus tard (13 février 1661) Jean, David et Etienne renouvelèrent d’autres reconnaissances féodales en faveur du Prieur de notre Dame de Jouffe. Elles furent être encore une fois renouvelées le 30 janvier 1691 par David et Jacques COSTE du Mas des COSTE.(31)
Ces reconnaissances donnaient d’ailleurs lieu à de nombreuses difficultés qu’elles fussent en argent ou en nature, l’importance des redevances se réduisait progressivement avec la dépréciation régulière des valeurs. Les seigneurs, dont les revenus baissaient toujours, cherchaient par tous les moyens possibles à faire augmenter ce qu’on leur devait ; par contre les redevanciers résistaient. C’est là ce qui avait motivé la transaction de 1509 ; c’est là ce qui explique la consultation donnée « aux COSTE » le 26 novembre 1680 par Me EMPACHE de Montpellier, et en 1680, comme en 1509, c’est la convention de 1405 que l’on discute à nouveau. (32)
Louise ALLIER et son fils Estienne ne paraissent pas avoir sérieusement modifié l’importance de la propriété que leur avait laissée Jacques I. Les seules ventes et acquisitions dont il reste des traces, sont celles de 1644 et de 1675 motivées toutes deux par le règlement des comptes de Magdeleine COSTE. Louise ALLIERE avec ses enfants mineurs et de lourdes dettes à payer était évidemment dans une situation difficile. Celle d’Estienne, après son mariage surtout, paraissait nettement meilleure. Il mourut seulement trop tôt pour avoir pu songer à augmenter son bien. Il devait incomber à son frère Jacques II d’entreprendre la reconstitution de l’ancien domaine du Mas de COSTE.
Au milieu du XVIIème siècle, la Religion prétendue Réformée s’exerçait librement dans toute la région qui entoure le Mas de COSTE. Cannes constituait avec d’autres villages, comme aujourd’hui encore, la paroisse d’un pasteur. Le 13 mai 1641, Mr GUISARD, pasteur signait le reçu de la partie de son traitement incombant à Cannes (… livres) et notait que c’était la 7ème année de son ministère. En 164 ……….. le titulaire de la paroisse était Mr DESMARETS ( ?) et son ……. S’élevait à 97 livres. Dans le département de cette zone, effectué le 5 septembre 1645 entre ses paroissiens de Cannes, Louise ALLIERE est taxée pour 2 livres, David COSTE pour 4 livres 10 sols, et Jean COSTE pour 5 livres.
En 1680, le FESQ, « ministre de l’Église de Combas », doit recevoir environ 88 livres. Le « département » de cette somme, fait et signé par Jean COSTE, l’un des consuls de l’année, met à la charge des mêmes contribuables 4 livres, 2 sols, 5 livres, 12 sols. En 1651, le « département » est fait par divers habitants de la paroisse, notamment par David et Jean COSTE.(33)
Les mariages sont bénis dans les formes de la R.P.R. Comme son père, Jacques. Il s’engage dans son contrat de mariage « à accomplir et à solemiser le dit mariage dans l’Église de la Religion prétendue Réformée. Dans son testament de 1643, Jacques I COSTE lègue 2 livres aux pauvres de Cannes, « pour être distribués par les anciens du Consistoire de Cannes ». Estienne en mourant leur fait un don analogue (1678) et les anciens de Cannes, GERMAIN, MASSIP et MOURIER en donnent reçu. (34) Des pasteurs assistent à certains actes importants : mariage d’Estienne (1668), restitution de la dot de Louise FONTANIEU (1678).
Beaucoup de villages sont à peu près exclusivement protestants. Cela ressort très nettement du dépouillement des archives des notaires de Quissac. Jusqu’en 1680 ce n’est que tout à fait exceptionnellement que l’on y relève des contrats de mariages ou des testaments qui ne soient pas faits en se prévalant de la R.P.R. Un mémoire sui paraît dater de 1660, « des villes et lieux du Languedoc où il y a des Catholiques et des Huguenots, et du nombre des uns et des autres qui sont dans chacune des dites villes et lieux (…) montre que l’on comptait à

HUGUENOTS CATHOLIQUES
Cannes 233 33
Vic 180 18
Orthoux 50 15
Bragassargues 115 20
Quissac 1 200 50
St Theodorit 240 3
Lédignan 500 20
Total 2 518 159
Combas 230 120
Jouffe (Montmirat) 32 24
Crespian 122 124

 

Pour les 7 premières localités, les Catholiques ne représentent pas 6% de la population totale.
Mais la période de calme qui pour les protestants avait succédé à la paix d’Alès ne devait pas être de longue durée.
On a déjà vu (page 29) que dès 1630, le prieur de Cannes avait essayé de faire révoquer la vente des biens d’Eglise faite en 1572 à Vincent COSTE. Battu une première fois, il revint à la charge et soutint alors que les biens d’Eglise étaient sujets à de perpétuels rachats. Le 16 mai 1709, il obtint des lettres royales mandant au Général de Montpellier d’adjuger à l’exposant ses fins et conclusions et autres droits admissibles, nonobstant quelconques fins de non recevoir, laps de temps et autres actes préjudiciables desquels l’avons relevé et relevons par ces présentes de notre grâce spéciale. Il fallait donc céder. En 1639, le prieur A. TERGNON rentre en possession des biens vendus en 1579, et le prix payé à l’époque par Vincent COSTE fut compensé avec les frais du procès. (36)

A partir de 1660, le clergé soutint que les protestants avaient créé depuis 1596 de nombreux lieux de culte nouveaux, alors que l’Edit de Nantes ne les autorisait à célébrer leur culte que dans les temples ouverts à cette date. La révision des lieux de culte fut ordonnée ; seules, les preuves écrites furent admises ; toute preuve orale était rejetée. Pour le Languedoc (37), les titres furent examinés par deux commissaires, l’un catholique, Mr de Bezons, Intendant de la Province, l’autre protestant, Mr de PEYREMALE, simple lieutenant particulier du siège présidial de Nîmes. En cas de désaccord entre les commissaires, le Roy se réservait la décision souveraine après examen du Conseil d’Etat. L’intendant avait accès à Versailles ; Ce simple lieutenant ne pouvait s’y faire entendre. Mr de PEYREMALS tenait d’autre part à se faire bien voir de l’autorité royale, et cela aussi bien pour lui que pour les siens. Le résultat que l’on poursuivait fut vite atteint. Les temples de Combas, Crespian, Montmirat, Vic, Sérignac, Cannes, furent fermés de l’avis des commissaires demandait en plus leur destruction ……….. de cause sur ce point. Il y eut désaccord entre les commissaires pour la conservation du temple de St Théodorit. Mais l’avis de M. de ….. prévalut ultérieurement. Sules …….ouverte dans la région qui intéressait les habitants du Mas de COSTE, les temples de Quissac, Sommières, Cardet, Cassagnorgues et Lédignan. Dans la « Combe de Cannes », deux lieux de culte privé subsistèrent toutefois : l’un appartenait à Noble Jean de BOZANQUET, Seigneur du Fore, et se trouvait dans son château. L’autre appartenait aux seigneurs de St Théodorit. C’est là qu’à partir de 1676 furent baptisés notamment tous les enfants d’Etienne PRADES de Clairan (38). Les lieux de cultes tolérés furent surveillés d’une façon toute spéciale et fermés sous le moindre prétexte. C’est ainsi que le temple de Quissac fut fermé avant la Révocation de l’Edit de Nantes. Les pasteurs ne pouvaient d’autre part célébrer de culte public en dehors des temples et en dehors de leur résidence ; de sorte qu’en fait, longtemps avant 1685, l’exercice public du culte protestant était rendu impossible. Par contre, la reconstruction de l’Église catholique de Cannes fut effectuée en 1660. Le 30 mars 1663, le prieur COSTANDANT, successeur du prieur AUVERGNON, s’y installe officiellement. On ne reconstruisit pas la maison curiale, mais par ordonnance du 23 janvier 1668, l’intendant mit à la charge de la communauté de Cannes la location d’une maison « commode » pour le logement du prieur. Celui-ci dut toutefois attendre jusqu’en 1743 pour avoir son presbytère.
On verra plus loin que ce ne fut qu’après 1850 que les protestants de Cannes purent songer à reconstruire leur temple ; l’emplacement où ce bâtiment s’élève, fut donné à la commune par Jacques (VII) COSTE, du Mas de COSTE. (22 novembre 1851).

NOTES DU CHAPITRE III

1 | Pièce XVII N°10. Contrat du 30 novembre 1630, reçu Me LOYS LASSIP, not. roy. à Cannes.

2 | Jean COSTE, fils de Jean COSTE jeune et de Gabrielle ALLIERE, mourut âgé de 80 ans environ, en 1691 (registre des actes religieux du Prieur de Cannes 1674 à 1729 – Pièce XVII. N°61.) On le qualifia d’abord du titre de ‘Jean le Jeune », puis de celui de « Jean le Vieux ». Il fut à diverses reprises Consul de Cannes et l’on retrouve souvent sa signature. Son frère Vincent, cardeur de layne à Cannes, savait signer ; il a constamment servi de témoin dans les actes reçus par le notaire MASSIP de Cannes de 1644 à 1649 (Pièce XVII. N°.16.). Il épousa Marguerite BAUDOUZE, de Villevieille près Sommières, (contrat du 7 mars 1647 et reconnaissance de dot du 24 juillet 1647, reçus MASSIP Not. à Cannes.) Après son mariage, il s’établit à Montmirat.

3 | David COSTE, fils de Jean le Vieux et de Jeanne COSTE, mourut âgé de 85 ans environ en 1686 (Registre des actes religieux du prieur de Cannes déjà cité). (Pièce XVII N°.54.) Il avait épousé Marthe DUFOUR (DUFFOURT ailleurs) appartenant à une famille très répandue dans les environs de Quissac : voir Marye DUFOUR, épouse de Jean VIRLARGUET et belle-mère de Sibylle COSTE (4 mars 1612, 25 mars 1621 et 3 juin 1623) ; Jeanne DUFOUR, veuve d’Antoine JALAGUIER (14 mars 1627) ; Jacques DUFOUR, époux Marguerite JALAGUIER (1er septembre 1642) ; Ysabeau DUFOUR, veuve de Pierre COSTE de Quissac (28 août 1633) ; Pierre DUFOUR, témoin dans de nombreux actes (1612 à 1633) Registres du notaire de Quissac. (Pièce XVII 2a)

[1.4-4: Pour Jacques COSTE, fils de Gilles, (voir Pièce XVII N°16.)
1° Procuration du 20 décembre 1644, reçue MASSIP Not. à Cannes, donnée par Jacques COSTE, fils à feu Gilly, du lieu de Cannes, à David COSTE, son neveu, habitant Cannes, pour exiger certains payements des héritiers de feu Pierre COSTE, d’Aspères, son frère, Acte passé au « Mas des COSTE », témoins Jacques COSTE de Montmirat, et Jean COSTE, de Cannes.
2° Testament du 20 Novembre 1645 de Jacques COSTE, fils à feu Gilly COSTE, du Mas de COSTE. Legs en faveur de son neveu Gilly COSTE, d’Aspères. Héritier général, son neveu David COSTE, de Cannes. Acte passé au Mas de COSTE, maison de David COSTE, Me MASSIP not. roy. à Cannes. Témoins Jean et Vincent COSTE, frères. On sait que le décès de Jacques (1) COSTE date du début de 1644.
- Pierre COSTE, fils de Gilles COSTE du Mas de COSTE, était établi à Aspères, près de Salinelles, au début du XVIIème siècle. Il fut plusieurs fois Consul d’Aspères entre 1618 et 1632. Il mourut avant 1644 laissant un fils Gilles COSTE. (voir Pièce XVII N°4 extraits des archives des not. VIER, CESTIER, VALLETTE et PERCIN de Sommières et MASSIP de Cannes)
Le compois d’Aspères de 1662 indique encore la présence d’un Coste à Aspères à cette époque. Tous les COSTE d’Aspères, comme ceux de Cannes appartenaient à la R.P.R., car pendant toute la première moitié du XVIIème siècle, le nom de COSTE ne figure jamais dans le registre des actes religieux du prieur d’Aspères. (Voir archives municipales de la commune d’Aspères, Pièce XVII N°29).]

5 | Pièce XVII N°II (24 mars 1633) et XVII N° 36 (3 septembre 1669).

6 | Voir page 49.

7 | Pièce XVII N°12. Acte du 23 avril 1639 reçu Claude VERDIER. Not. Roy. à Lédignan. La minute de l’acte se trouve aux archives du Not. actuel. Année 1639 folio iijcxxvj.

8 | Pièce XVI N°14. Le compois de Montmirat du 4 juin 1594, indique comme propriétaires de biens ruraux dans cette paroisse Nobles Loys et Estienne de Montolieu et Delle Galliane AUDEMAR (ADHEMAR)
Louis, Estienne et Antoine, ce dernier auteur du partage de 1639, sont trois des enfants de Antoine de Montolieu, époux en secondes noces de Galéane d’ADHEMAR (voir LA ROQUE, Armorial du Languedoc.)
(T.I.N°.403.) Les MONTOLIEU de Montmirat furent souvent pris pour arbitre par les COSTE du Mas de COSTE (règlement des tutelles de Fulcarand et de Raymond COSTE, partage du Mas de COSTE) ; ils leur servent parfois de témoins (mariage de Vincent COSTE), 7 mars 1647 – Pièce XVII. N°16.) Au XVIIIème siècle, on a recours à eux pour des baptêmes catholiques : cas d’Alexandre COSTE (page 94)

9 | Pièce XVII. N°16.

10 | Pièce XVII. N°13. Testament reçu par Louis MASSIP Not. Roy. à Cannes. Jean MASSIP (voir page 34 note 24 est cousin germain de Jacques I ; sa mère Marie COSTE, ép. Jean MASSIP, était donc sœur de Guillaume COSTE ou de sa femme Claude COSTE.

11 | Pièce XVII. N°12, voir folio 3 et folios 53 et 55.

12 | Pièce XVII N°2. Le dépouillement des archives des notaires de Sommières et de Quissac montre qu’il existait à Vic au début du XVIIème siècle, un notaire Jean BOZANQUET (BOUZANQUET) peut-être fils d’autre Jean, aussi notaire à Vic et à Crespian, dont une sœur Marie avait épousé Jacques MASSIP, notaire à Cannes, et dont un frère Ozias (Auzias), qualifié en 1631 du titre de marchand, en 1646 de celui de bourgeois, et en 1650 et 1651 de celui de Seigneur du Fesq, épousa vers 1639, Magdelaine de COSTE, fille unique de Raymond COSTE de Parignargues. Il mourut entre 1651 et 1656.
A la fin du XVIIème siècle, on retrouve à Londres un David BOZANQUET, né à Lunel en 1661 et ayant quitté la France à La Révocation. Ses descendants occupèrent une place importante dans la Société anglaise du XVIIIème siècle. En 1924, des officiers anglais du nom de BOZANQUET dont j’ai constaté la présence à l’hôtel du Midi à Nîmes, vinrent rechercher dans le Gard et notamment à Calviac, des souvenirs de famille. (voir : Protestants exilés de France sous le règne de Louis XIV, par le Rév. David AGNEW ; Londres 1871. Tome 11 p.392).
Une branche de la famille BOZANQUET resta dans les Cévennes. Elle était représentée par Jean BOZANQUET, Not. à Lasalle, époux de Dauphine de VIGNOLLES, qui jouissaient en 1685 du droit d’exercice à St Théodorit et au Fesq. (voir à sujet la note 38). Ils laissèrent deux enfants : Dauphine, née le 10 octobre 1672, qui épousa Etienne de MANOEL, seigneur de la BLAQUIERE, et dont le fils de Charles de MANOEL, seigneur de Vigobre, (20 août 1713 – 25 octobre 1801) joua un rôle important dans le monde protestant de Genève ; et Louis, né vers 1689, notaire à Lasalle vers 1740, qui épousa au Désert en 1749 Louise des HOURS, de Calviac.
Sur un ordre daté de Versailles du 21 avril 1749, Louis et Louise furent arrêtés à Lasalle le 9 mai 1749. Louis conduit à la Tour de Constance y mourut après quelques mois de captivité. Louise, enfermée dans un couvent, ne fut relâchée qu’après le décès de son mari.
(voir : France Protestante. 1857.VII.P.208 – RABAUT, Lettres à divers par DARDIER. Tome II.P.122 – Jean CALAS, par COQUEREL, p.218 et 455.
-Bulletin de la Sté. Du Prot. Franc. XXX p.78, 129, 182, etc…)

13 | Pièce XVII. N°16 et 18. Vente des 12-13 août 1644 et quittances de sept. Octobre 1644, reçues Louis MASSIP, not. à Cannes – Voir quittance du 12 janvier 1648, aussi Louis MASSIP.

14 | Pièce XVII. N°.16. Acte Louis MASSIP, not. à Cannes. Et pièce XVII N°.38. reçue Jacques MASSIP, not. à Crespian. (Témoin Pierre JALAGUIER, baille de Tournac.)

15 | Pièce XVII N°46. Acte reçu François COULOMB. Not. Roy. de la baronnie de Sérignac ; témoin Estienne ALLIER, Bachelier és droitz, habitant de Mauressargues.

16 | Pièce XVII. N°12 – verso 52 et 5.

17 | Pièce XVII. N°30. Quittance reçue Louis MASSIP, praticien à Cannes. Témoin : Noble Pierre de MONTOLIEU.

18 | Pièce XVII. N°25. Transaction du 7 octobre 1658, reçue Louis MASSIP, Not. à Cannes – Témoins : Jacques COSTE, Lieutenant de juge és la baronnie de Montmirat, et Jean BERNARD, d’Orthoux, viguier de la baronnie de Sérignac, époux d’Ysabeau COSTE d’Orthoux. Pièce XVII N°27. Quittance du 20 décembre 1659, ratifiée le 7 février 1662, aussi reçue Louis MASSIP. Témoins : Estienne COSTE et Jacques VIRLAGUET – voir aussi Notaires de Quissac (XVII N°2.) Acte du 28 juillet 1669.

19 | Pièce XVII.N°23. Quittance de reconnaissance de dot du 4 octobre 1655, rappelant la date du Contrat, reçue VERDIER not. à Lédignan – Tém. François COUDOULOUX, baille de Massanes – Pièce XVII N°28. Quittance du 24 août 1661 reçue Louis MASSIP, not. à Cannes. Témoin : Jacques COSTE, Lieutenant de juge és nom du Sr Baron deCombas. Pièce XVII. N°52. Quittance du 13 avril 1684, reçue BRUGUIERE, not. roy. de la retenue du lieu de Lédignan.
Il est bon de rappeler que le 10 avril 1648, Fulcarand BRINGUIER, not. roy. de Quissac, fils de feu Estienne BRINGUIER et Jeanne de COSTE, avait épousé Ysabeau TEISSIER, fille de Jacques TEISSIER de Cardet. Voir arrangement de Fulcarand et de Jeanne de COSTE du 8 décembre 1648. (XVII N°2.a. COSTE.)

20 | Pièce XVII N°33. Quittance de reconnaissance de dot du 1er juin 1668, rappelant la date du contrat (20 février 1666) reçue MASSIP. Not. à Cannes. Pièce XVII N°37. Quittance du 3 mars 1671, reçue FONTANIEU. Not. à St Bauzille. Témoin : David LAUZE, mesnager, habitant du dit St Théodorit avec la dite COSTE, et Jacques MOURET aussi mesnager, beau-frère de la dite COSTE, rentier de Mr le Baron d’AIGREMONT. Pièce XVIII N°31.b. Not. CASSAGNES, de Lédignan (voir enfin note 27 page 99)
Il est bon de noter ici que Doulce COSTE, sœur de David COSTE avait déjà épousé un MOURET (voir page 37). Ce sont bien souvent les mêmes noms qui reviennent ? C’est ce qui contribue à faire penser que Jeanne de COSTE était originaire du Mas de COSTE.

21 | Pièce XVII N°32. Contrat du 19 mars 1668 reçu Louis MASSIP, not. roy. à Crespian. Voir pour la famille de CAMBIS, LA ROQUE. Armorial du Languedoc. T.I. N°126. Branche 8.VI.

22 | Pièce XVII. N°40. Quittance du 28 octobre 1678, reçue Estienne ALLIER. Not. à Mauressargues. Témoin : Me ROLLAND REY, Ministre de ceux de la Religion du lieu de Fons.

23 | Pièce XVII. N°39. Testament du 27 juin 1678. reçu Claude FONTANIEU, not. roy. à St Bauzille.

24 | Pièce XVII N°35. Contrat du 30 août 1669 reçu FONTANIEU, not. à St Bauzille. Voir pour Sibylle MASSIP le testament de Jean MASSIP de Cannes du 8 novembre 1614 (Pièce XVII 5d.) : Jean, époux de Marie COSTE, a pour enfants Sibylle, Daniel, etc… et pour héritier général son fils aîné, Jean, qualifié au testament de Jacques I du titre de « cousin germain ». Voir à ce sujet notes 19 et 20.

25 | Pièce XVII N°40. Jacques COSTE, cardeur, du lieu de Cassagnoles.

26 | Pièce XVII. N°43. Testament du 5 mai 1682, reçu COULOMB, not. roy. de la Baronnie de Sérignac.

27 | Pièce XVII N°54 et 61. Extraits du registre des actes de décès du Prieur de Cannes. archives Munic. de Cannes.

28 | Pièce XVII N°17 a. Extrait des arch. munic. de Cannes. Liasse N°15.

29 | Pièce XVII N°34. Compois établi par Pierre JALLAGUIER, baille de Tornac, arpenteur, David COSTE, indicateur, DELEUZE, baille de Puechredon et Pierre BAJ ( ?) de Sérignac, prud’hommes et experts, le 2 avril 1668.

30 | Pièce XVII N°16. Reconnaissance du 20 mai 1645 reçue Louis MASSIP Not. à Cannes. Se reporter à XVI N°14 et à la Convention de 1366.

31 | Pièce XVIII. N°61. Reconnaissance des 13 février 1661 et 10 janvier 1685 (rappelée dans un acte du 20 juin 1767, reçu TERRASSON, féodiste de la ville des Vans), du 16 septembre 1659, faite par Jean PARADIS, de St Mamert, et du 26 novembre 1559, faite par Claude COSTE Jeune et autres (rappelée dans un acte du 24 juin 1767).

32 | Pièce XVII N°43. Transaction de 1509. Reconnaissance de 1535, 1580, 1633.

33 | Pièce XVII N°20. Extrait des archives municipales de Cannes. Les actes de 1650-1651 portent la signature de « Jean COSTE CONSUL ».

34 | Pièce XVII N°41. Reçu du 15 août 1679.

35 | Voir GACHON. « Quelques préliminaires de la Révolution de l’Edit de Nantes en Languedoc ». Toulouse 1899. pages XXIX et XIX. P. 36-37 et XLVIII.

36 | Extrait des Archives Municipales de Cannes et de notes personnelles de Mr Gustave COSTE.

37 | Voir GACHON déjà cité et Pièce XVII N°31.

38 | Pièce XVII N°67. Extrait du livre de famille d’Estienne PRADES de Clairan 1662-1702. (Archives PRADES de Clairan) ; Pasteurs : SABATIER de St Théodorit (1676) ; ROBERT, d’Aigremont (1679) ; CHAMPON, de St Théodorit (1682) ; CABRIT, de Lédignan (1683).
Madou COSTE, du Mas de COSTE, marraine en 1683 est très probablement une petite-file de David COSTE.
Le 7 septembre 1703, le château de St Théodorit, appartenant à Mr Del FESQ, fut brûlé par une troupe de Camisards, quelques heures après le départ des troupes commandées par Mr d’HEROUVILLE qui y avaient passé la nuit et s’y étaient restaurées et reposées. (voir Mémoire manuscrit de Mr de CISSALIERES. Dossier DELON. XVIIIème siècle et note 12 ci-dessus).

1.5 - De 1678 à 1710

JACQUES II COSTE et sa femme MARIE TEISSIERE

La Révocation de l’Édit de Nantes et la Guerre des Camisards

Jacques II COSTE était allé s’installer au moment de son mariage (1669), à Cassagnoles, dans le pays de sa femme : il y exerçait la profession de « Cardeur de layne » et se faisait qualifier de « marchand-facturier ». (1) Après la mort de son frère Etienne (1679), il revint prendre possession de la partie du Mas de COSTE qui était échue à son père lors du partage de 1639 et c’est là qu’il devait mourir, après avoir fait son testament, le 30 janvier 1722. A ce moment, sa femme était déjà morte ; il n’en parle pas en effet dans son testament.
Les quarante et quelques années que Jacques II passa au Mas de COSTE furent pour les protestants et les « nouveaux convertis » des Cévennes, des années tragiques même toute cette période les actes notariés concernant les Protestants et les « nouveaux convertis » sont plutôt rares. Tous les notaires protestants ……………..……leurs fonctions à partir de …………………………….., et la guerre civile ne facilite …………………………………… un pays soumis à l’occupation militaire horrible, les transactions commerciales. On connaît enfin toutes les difficultés qui furent …………………….. et aux Nouveaux Convertis pour ……………………… sinon impossible, du moins très difficiles. On ne doit que s’étonner par suite que l’on n’ait que peu de renseignements sur Jacques II.

Au moment où il testait, Jacques II avait quatre enfants : deux fils Jacques III et Etienne, et deux filles, Louise et Marie. Ces quatre enfants avaient dû être baptisés protestants ; on ne retrouve pas leurs noms dans les registres du prieur de Cannes qui remontent à 1674. Après la Révocation de l’Édit de Nantes, Jacques II eut encore deux enfants ; ceux-là figurent au registre du prieur de Cannes. L’un mourut en naissant (7 février 1688) ; l’autre, Jeanne, ne vécut que quelques mois (17 juin 1689-15 mars 1690). Son frère Jacques et sa sœur Louise lui avaient servi de parrain et de marraine. (Baptême du 19 juin 1689). (2) C’est là, la seule occasion où il soit fait allusion à une sœur du nom de Louise. On peut supposer avec vraisemblance que « Marie » portait aussi le nom de « Louise ». Les trois filles de Jacques III auraient ainsi porté les noms de leurs trois tantes.
Si la vie en commun avait présenté des inconvénients au Mas de COSTE au début du XVII ème siècle, l’existence simultanée de trois entreprises différentes dans les bâtiments du Mas de COSTE se heurta, elle aussi, à de grosses difficultés. Ainsi les descendants successifs de Jacques 1er consacrèrent-ils tous leurs efforts à reconstituer peu à peu en leur faveur le domaine divisé en 1639. On a déjà vu que David et Jean COSTE, père et fils, du Mas de COSTE avaient vendu à Etienne COSTE le 15 août 1675, diverses terres à Cannes (voir page 40). Dès son arrivée à Cannes, « Jacques COSTE, cardeur, du Mas des COSTE » acheta (9 septembre 1679) à « Jean COSTE, mesnager du Mas des COSTE » une jasse à Montvouloux, plus diverses autres terres, pour le prix total de 210 livres, à valoir sur les dettes de Jean COSTE envers Jacques COSTE et Pierre MAIGRE. (3)
Deux ans plus tard (7mars 1681), il achetait à Antoine COSTE de Montmirat fils de feu Jacques COSTE et d’Ysabeau VALEZE, au prix de 96 livres, diverses terres à Cassagnoles et réglait ainsi certaines dettes du dit feu Jacques envers Estienne COSTE. (4)

Le 1er avril 1682, il acquérait de Jean COSTE Vieux, habitant de Cannes, « sa portion du Moulin à huile et sa portion de tous les outils d’iceluy moulin qu’il jouit en commun pour un tiers avec les dit Jacques et David COSTE » ; et diverses terres pour le prix de 1061 livres, 4 sols, et ce pour régler des dettes de Jean COSTE vis-à-vis de Jacques II et de Noble Henri de BOZANQUET, sieur de la Tour du Fesq, rémissionnaire de son frère Noble Jean de BOZANQUET, Seigneur du Fesq. (5) Quelques années plus tard enfin, (30 août 1685) il achetait à David COSTE sa part du moulin à huile de Cannes et devenait ainsi seul propriétaire de ce moulin que le partage de 1639 avait laissé en indivis entre les trois anciens periers. (6) (voir page 46) Le four à pain seul restait indivis et cette indivision paraît avoir duré jusqu’en 1776. (page 122)

Les troubles que provoqua la révocation de l’Édit de Nantes arrêtèrent à partir de 1685, ce premier essai de reconstitution du domaine du Mas de COSTE. Il ne put être repris que 50 ans plus tard.
On a vu plus haut (page 45) que Louise ALLIERE testa le 5 mai 1682. Les deux anciens associés de son mari moururent à leur tour au Mas de COSTE quelques années plus tard : David le 18 juillet 1685 à l’âge de 85 ans environ et Jean le Jeune, qui depuis bien des années portait le nom de Jean le Vieux, le 2 septembre 1691 à l’âge de 80 ans. (7) Ils laissèrent une très nombreuse postérité, si l’on en juge par tous les COSTE qui figurent comme témoins aux actes notariés de l’époque. Parmi les témoins qui assistent par exemple au testament de Louise ALLIERE, on peut citer Jean COSTE et autre Jean et Raymond COSTE, père et fils, et autre Jean COSTE, fils d’autre Jean. Les seuls renseignements que l’on ait sur ces COSTE sont ceux que fournit le registre des actes religieux du prieurde Cannes. Il semble que l’on puisse en déduire que David avait eu un fils Jean qui épousa Marie JALAGUIERE. Les époux jean COSTE-JALAGUIER eurent un fils Jean (un petit-fils de David, Jean COSTE, est cité en 1696 au registre du Prieur), qui épousa le 20 juin 1689 Marie VALETTE de Clairan. De 1689 à 1708, les époux COSTE-VALETTE eurent 7 enfants. David COSTE avait d’autre part vers 1686 une petite fille Madeleine, qui figure comme marraine dans un baptême du 5 février 1686. (8)

La paroisse de Cannes subit, au moment de la révocation de l’Édit de Nantes, le même traitement que les autres paroisses du Languedoc. On a vu que le temple de Cannes avait été détruit dès 1663. (9) En 1683, soit deux ans avant la révocation, des troupes vinrent occuper Cannes et les habitants de cette communauté commencèrent à être écrasés d’impôts. Jean MASSIP de Cannes eut à établir le compte des dépenses du séjour des troupes pour la période allant du 27 octobre 1683 au 22 février 1684 : elles s’élevèrent, pour 5 mois, à 3953 livres, 19 sols, 8 deniers, dont un cinquième, ou 800 livres, fut mis à la charge de Cannes. De ce fait, les impôts se trouvaient plu que doublés, puisque la taille de 1686 ne s’élevait qu’à 589 livres. A ce moment, les troupes étaient logées chez l’habitant : Germain de Cannes logeait deux dragons et Jean MASSIP cinq. (10)

Non seulement, il fallait payer l’entretien des troupes cantonnées sur place, mais il fallait encore subvenir aux dépenses de celles qui se trouvaient au loin : par ordonnance du 27 juillet 1700, Cannes dut payer par an 40 livres pour les frais des troupes occupant la principauté d’Orange. (10) Tous ces payements devaient se faire par quinzaine, en général d’avance, et LAMOIGNON rappelait aux intéressés, par ordonnance du 1er décembre 1686, que faute de ces payements ils y seraient contraints par logement effectif de « 4 soldats ou dragons qu’ils paieront en pure perte, sans pouvoir, pour raison de ce, prétendre diminuer de la somme à laquelle ils sont cotisés. (11) »
Je ne puis songer à donner le détail des charges grevant alors la population. A titre d’exemple, je citerai toutefois les trois points suivants parce qu’ils intéressent directement Jacques COSTE. (12)

Le 27 avril 1690, Jacques COSTE et Jean MASSIP, députés de la Communauté portèrent aux Magasins d’Anduze, 1566 livres de foin à compte sur les livraisons d’avril et de mai. Le 8 août 1706, Jacques COSTE, Collecteur de Cannes, du remettre 30 livres pour le loyer annuel de la maison que la Communauté devait mettre à la disposition du Prieur. Sur une note du 20 octobre 1709, relative en blanchissage mensuel des draps de la garnison de Cannes, Jacques COSTE est taxé pour une livre 5 sols.
Si les familles nobles du pays paraissent avoir cédé fort vite aux ordres qui venaient de Versailles (13), les habitants des campagnes paraissent s’être bornés à faire baptiser à l’Eglise Catholique leurs enfants, de façon à leur assurer le titre d’ « Enfants Naturels et Légitimes. » Les actes de baptême enregistrés par le Prieur de Cannes deviennent en effet assez nombreux à partir de 1685 (14), mais il ne semble pas que l’esprit de la population ne soit beaucoup modifié. Les Bois de Cannes offrirent un refuge à bien des fugitifs qui ne voulaient pas abjurer et ils trouvaient sur place de l’aide, des ressources et des guides pour leur permettre de gagner les frontières. C’est ainsi qu’Isaac POUJOL, de Montdardier (15), put vivre pendant un an avec sa femme et ses quatre enfants dans les bois de Colomberol. « Jean MASSIP de Cannes », dit Antoine COURT (16), « s’étant érigé en guide pour conduire les réformés qui s’adressaient à lui, de France dans les pays étrangers, avait heureusement fait ce manège pendant l’espace de plusieurs années lorsqu’il fut arrêté au Pont de Montvert, il reconduisait en ce temps là trois filles travesties en garçons et quatre garçons… On enferma le sieur MASSIP entre les deux poutres (les ceps)… On ne menaçait pas moins que de faire pendre le Sr MASSIP… L’abbé du Chayla lui en avait fait le compliment plus d’une ois, et pour le mieux assurer il lui dit qu’il ne tenait que de lui de le faire pendre au Pont même, sans autre autorité que la sienne propre. » On sait que quelques jours plus tard, 24 juillet 1702, les prisonniers du Pont de Montvert étaient libérés et l’abbé du Chayla tué.

Les Bois de Cannes facilitèrent la réunion de plusieurs assemblées. En 1686 (17), au lendemain de la révocation, le prédicant BRINGUIER en tint deux, dont une réunit 1500 personnes. La même année, les prédicants CASSAGNES et FAUCHER en tinrent chacun une. La dernière fut surprise par les dragons ; mais aucun des assistants ne fut pris ou atteint par les soldats. Une assemblée qui se tint en 1701 sur le territoire de la paroisse de St Théodorit, sous la présidence du prédicant Jean LAUZE, fut moins favorisée. Jean LAUZE et plusieurs assistants furent arrêtés. St Théodorit fut aussitôt après occupé par 20 soldats commandés par le Capitaine MAIGRON et deux sergents ; l’entretien de ces 23 hommes, évalué 20 livres, 8 sols par jour, à payer par huitaine et d’avance, fut mis à la charge des Nouveaux Convertis de Montagnac, Clairan, St Bauzelly, Fons outre Gardon, Quilhan, Vic le Fesq, et Cannes. (18)

Une autre assemblée, tenue peu après entre Cannes et Sérignac, donna lieu à un incident que COURT de GEBELIN est loin d’admettre comme exact, mais qui fit grand bruit au milieu de populations exaspérées par les souffrances et complètement abandonnées à elles-mêmes depuis des années. (19)
« Un jour que CAVALIER avait fait une assemblée joignant les tuileries de Cannes, proches de Sérignac, et après les exhortations, la lecture et le chant des psaumes, CLARY qui avait reçu, dit mon auteur des grâces excellentes, dont les révélations fréquentes étaient avec celles de CAVALIER les guides ordinaires de la troupe camisarde, fut saisi de l’Esprit au milieu de l’Assemblée. Ses agitations furent si grandes que tout le monde en fut extrêmement ému… (il commence par reconnaître deux espions cachés dans l’assemblée)…Saisi de l’Esprit : « O gens de petite foi, dit-il, est-ce que vous doutez encore de ma puissance, après tant de miracles que je vous ai fait voir. Je veux que l’on allume tout présentement un feu, et je te dis, mon enfant, que je permettrai que tu te mettes au milieu des flammes, sans qu’elles aient de pouvoir sur toi… (le feu est allumé et CLARY se place au milieu)… Chacun le vit au milieu des flammes qui l’entouraient et le surmontaient beaucoup. Il ne sortit du milieu du feu que quand le bois eut été tellement consumé qu’il ne s’élevait plus de flammes. L’Esprit ne l’avait point quitté pendant ce temps-là qui fit d’environ un quart d’heure. »
Les « Bois de Cannes » jouèrent un rôle important pendant la guerre des Camisards.

Toute la région accidentée et coupée de profonds ravins qui s’étend entre le Gardon et le Vidourle, de St Mamert, à l’est, à Quissac à l’ouest, était alors couverte de taillis de chênes blancs et vert et de bois de pins, dont il reste encore des traces fort appréciables malgré tous les déboisements faits dans cette région depuis plus de 200 ans. Des troupes régulières, lourdement chargées, obligées d’amener de loin tous leurs approvisionnements, ne pouvaient guère y circuler en dehors des quelques mauvaises pistes qui les traversaient. Trois routes importantes contournaient par contre ce massif : la route de Nîmes à St Hyppolyte par Montpezat, Vic et Quissac ; celle de Nîmes à Alès par Ners (20). Enfin celle de Montpellier à Alès par St Hyppolyte et Anduze. Sur la carte de l’époque jointe aux Mémoires de CAVALIER, la route de Montpellier à Alès par Sommières et Lédignan, ne figure pas.
C’est dans ce massif boisé, d’où il pouvait surveiller trois routes importantes, que CAVALIER se porte dès le début des hostilités (1702) (21). Dès son accord avec ROLLAND, il y retourne de nouveau. (22) C’est dans les « Bois de Cannes » qu’il se réfugie après chacun de ses coups de main pour donner quelques repos à ses hommes (Affaires de Sauve du 27 décembre 1702 (23) ; combat de Nages du 13 novembre 1703 (24)). Même à la fin de la campagne, c’est là qu’il trouve encore un asile. (25) Des combats assez sérieux eurent lieu sur la lisière même de ce massif boisé, à Sérignac (26), et à Vic (27).

Le maréchal de MONTREVEL fit les efforts les plus sérieux pour purger les bois de Cannes des bandes qui les occupaient. Ce fut en vain. (28) Il eut alors recours aux procédés avec lesquels il terrorisa et exaspéra les Hautes Cévennes (29) : en 1703, on commença par procéder à des enlèvements partiels des habitants ; puis on en arriva à la destruction de certaines localités, enfin au déplacement en masse de toute la population d’une région. C’est ce qui fut fait pour Cannes et toute une série de villages des environs le 6 mars 1704. Pour se transporter à Vic avec tout leur bétail et tous leurs approvisionnements, les habitants de Cannes ne disposaient que de 48 heures. Ils durent de plus détruire tous les fours qu’ils abandonnaient pour que les troupes de CAVALIER ne puissent les utiliser. (30) Lorsqu’ils furent autorisés à revenir chez eux, ils ne retrouvèrent guère que des ruines. On comprend que dans ces conditions la population fut décimée par la misère et les maladies.

La situation lamentable de Vic et de Cannes, par exemple, ressort nettement des suppliques adressées par les municipalités de ces villages à LAMOIGNON de BAVILLE en août et septembre 1703 et 1704 (31). Vic, qui comptait à l’époque 30 habitants seulement, avait à loger 150 hommes du Régiment du Soissonnais avec 3 capitaines, 3 lieutenants, un major, 3 sous-lieutenants et 15 chevaux. Il fallut fortifier les maisons qu’occupaient ces troupes ; fournir à la garnison des lits, du foin, de l’avoine, du bois et de l’huile, sans compter des subventions en argent pour l’entretien général des troupes. Par ordre du 22 septembre 1703, Cannes dut participer aux charges de Vic.
Cannes recevait l’ordre le 4 décembre 1703 de verser 243 livres pour sa part dans la Contribution de 100.000 livres imposée aux Nouveaux Convertis des diocèses d’Uzès, Nîmes, Alès, et Montpellier pour payer des indemnités aux catholiques victimes des Camisards. (32) D’autre part, les travaux de fortifications entrepris à Cannes provoquaient dans la nuit du 28 au 29 février 1704, une attaque des Camisards qui mettaient feu à huit maisons occupées par les catholiques et notamment à la maison MASSIP où logeait le prieur. Enfin, Cannes avait à sa charge l’entretien de la Compagnie, Franche du frère Gabriel, ermite, et l’on sait où et comment se recrutaient de pareilles compagnies.
De nombreuses Églises furent brûlées à cette époque. L’Église de Jouffe, déjà incendiée une première fois à la fin du XVIème siècle, fut brûlée une seconde fois en 1703, ce qui entraîna le transfert du Centre paroissial à Montmirat le Haut par ordonnance épiscopale de 1711 (33). Celle de Cannes fut incendiée en août de la même année (34). Elle fut restaurée en 1709 aux frais des Nouveaux Convertis. C’est à ces destructions d’Églises et de maisons curiales que le Prieur de Cannes fait allusion dans une série d’actes de baptême de l’année 1705 (35).
« L’an 1705 et le 22 mars… ne résidant point dans la paroisse à cause des troupes des Rebelles ; présent au dit baptême le Sr NOUVEL, Lieutenant des Grenadiers du régiment du Hainault et COSTE, père du baptisé. »
« Le 15ème jour du mois de novembre 1705 a été pour nous solennellement baptisé Elisabeth COSTE…sur les fonds baptismaux de l’Église de Moulezan, la nôtre ayant été profanée par les fanatiques. »
« Aujourd’hui 15 novembre 1705… a été baptisée dans l’Église paroissiale du lien de Moulezan, par ce que celle de St André de Jouffe et celle de Cannes et de Crespian ont été polluées et profanées par les cruels et meurtriers fanatiques. »
Je n’ai pu retrouver aucune indication sur ce qui advint pendant la tourmente aux habitants du Mas de COSTE. On trouve bien divers COSTE parmi les compagnons de ROLLAND et de CAVALIER (36) ; mais ce nom était alors si répandu qu’on ne peut en tirer aucune conclusion. Tout ce que l’on sait c’est qu’Etienne COSTE fils de Jacques II était hors du royaume pour cause de religion en 1722 lorsque son père testa.

NOTES RELATIVES AU CHAPITRE IV

1 | Voir contrat de mariage de Jacques II du 30 août 1669 (Pièce XVII.35) et quittance du 28 octobre 1678 (XVII. 40).

2 | Voir Archives Municipales de Cannes. Registre des actes religieux du Prieur de Cannes pour les années 1674 à 1729. Je n’ai trouvé aucune indication au sujet de la date du décès de Marie TEISSIERE. Elle ne figure pas en 1711 au contrat de son fils Jacques III.

3 | Pièce XVII. 42 Vente reçue ALLIER. Notaire à Mauressargues. Quittance de droits de lods donné pour Messire Claude François PELET de Narbonne, Chevalier, Comte de Fontanès, signée JOURNET.
Autre quittance de « Delle Jeane Guy d’AYREBAUDOUZE DE CLAIRAN », cotutrice de Delle Henriette, Hémillie de CLAIRAN, sa nièpce. Signatures : « Jan de CLAIRAN » et « LA SALETE CLAIRAN ».

4 | Pièce XVII. 44. Acte reçu MASSIP. Notaire à Cannes. 7 mars 1681. Droit de lods payé au seigneur de Cassanholles.

5 | Pièce XVII. 46 – 1er avril 1682. Acte reçu François COULOMB. Notaire de la Baronnie de Sérignac – Pièce XVII.47. 10 avril 1682. Quittance de droits de lods, reçue François COULOMB, payés à Messire Claude François PELET de Narbonne, Chevalier, Comte de Fontanès, Seigneur et baron de Montmirat, Combas et Cannes et autres places.

6 | Pièce XVII.53. 30 août 1685. Acte reçu François COULOMB. Quittance des droits de lods du 2 octobre 1685. Signée « FONTANES ».

7 | Archives municipales de Cannes – Registre des actes religieux du prieur de Cannes de 1674 à 1729. Décès de M David COSTE, acte signé COSTODANT prieur. (XVII. 54) Décès de M Jean COSTE (XVII. 61).

8 | Voir pièces XVII. 54, 65 et 66 - 20 juin 1689, Mariage de Jean COSTE fils de feu Jean COSTE et de Marie JALAGUIERE, avec Marie VALETTE de Clairan. Baptême du 15 février 1686 : « Magdeleine COSTE, petite fille de me David COSTE de Cannes », marraine. Décès du 22 octobre 1696 « Jean COSTE, petit fils de David », témoin (XVII. 54).
D’après les mêmes registres, il y avait à la même époque à Montmirat un Jean COSTE, époux de Magdeleine PRADES, de Clairan, qui eut au moins six enfants de 1687 à 1705. Ce Jean avait deux frères Raymond COSTE et Vincent COSTE qui servirent de parrains à deux de ses enfants. On a vu qu’un Raymond COSTE avait figuré comme témoin au testament de Louise ALLIER en 1682.
Voir aussi Vincent COSTE, époux de Marguerite BEAUDOUZE, de Montmirat. Note 2 page 52. Voir aussi XVII N°67 Madou COSTE du Mas de COSTE, marraine (R.P.R.) le 30 mai 1683 d’un enfant PRADES de Clairan.

9 | Le temple de Quissac ne fut fermé que le 19 février 1685, sur l’ordre de l’Intendant de Nîmes assisté par le Présidial de cette ville. La communauté de Quissac fut en même temps condamnée à 1000 livres d’amende et aux dépends – Papiers COURT 617.F p174 - Bulletin de la Société du Protestantisme Français XXVI p.551.

10 | Extrait des notes personnelles de Mr Gustave COSTE. Pièce XVII.51.

11 | Archives municipales de Cannes. Pièce XVII.55. Voir aussi lettre du 26 août 1691, signée LE SELLIER à Montpellier, aux consuls de Cannes. Pièce XVII.60.

12 | Archives municipales de Cannes. Pièces XVII.59-XVII.61.

13 | Les d’AIREBAUDOUZE notamment devinrent à partir de cette époque aussi fougueux catholiques qu’ils avaient été fougueux protestants (HUGUES. Histoire de l’Église Réformée d’Anduze. p.725. Cette conversion leur valut d’ailleurs le titre de marquis. A cette époque la « Dame de Clairan » était Henriette, Emilie Guy d’AIREBAUDOUZE qui en 1681, à l’âge de 15 ans, avait fait bénir son mariage avec Noble Guillaume de CAUSSE, de Montpellier, par le pasteur VERDIER, à Cassagnoles. Voir F. TEISSIER. N°418. Cévennes et Bas Languedoc. Voir aussi pièce XVII. 42.
Henriette, Emilie, (elle était veuve en 1710. Voir XVII. N°11.) épousa en secondes noces le Marquis de Beaurepaire, Colonel d’Infanterie. (Extrait des minutes du Not. CASSAGNE de Lédignan, 23 novembre 1735). Elle était déjà veuve pour la 2ème fois en 1735. Elle mourut elle-même avant 1741 (acte du 4 avril 1741) et ses biens revinrent alors à un de ses parents Mr de MARIVATS, avocat au parlement de Besançon. Pièce XVIII.31b.

14 | Archives municipales de Cannes. 1674 à 1729. Pour les trois années 1674-1675 et 1676, ce registre ne contient que six actes.
Pour les années 1677 et 1678, on y trouve 3 actes en moyenne par an. Le prieur est toujours assisté pour les actes religieux par le « Précepteur de la jeunesse ». En 1680, il se nommait Antoine THEYSSEDRE.
Il existe à la mairie de Cannes des registres tenus par les pasteurs et remontant à 1764. Les certificats de baptême antérieurs à cette date que j’ai retrouvés sont tous sur feuillet isolé.

15 | Voir BOST. Les Prédicants protestants T.I page 95.

16 | Papiers COURT. 617. K. page 1. Voir aussi BOST. Les Prédicants protestants T.11.page 524.

17 | Voir BOST déjà cité T.I. pages 116-117 et 152.

18 | Voir papiers COURT 601 XIII. P. 55-61 et XXII p.135.
Voir pièce XVIII. 1a. Ordonnance de l’Intendant LAMOIGNON du 17 novembre 1701. Plainte des habitants de Clairan ; décision de l’intendant des 11 janvier et 6 juillet 1702 (Archives PRADES). Voir page 42 pour le second mariage de Jeanne COSTE, sœur de Jacques II, avec le Sr LAUZE de St Théodorit.

19 | Voir COURT de GEBELIN. Histoire de la Guerre des Camisards.
Tome a. page 437. CLARY, dont il est ici question survécut à la guerre des Camisards et ne périt qu’en 1710. « Trahis par les espions du Marquis de la LANDE, tandis qu’ils fomentaient dans les Cévennes une nouvelle prise d’armes, MAZEL, connu par son évasion miraculeuse de la Tour de Constance, CLARY, célèbre par son épreuve du feu, et COSTE (Louis) ; marchand d’Uzès, qui recevait de Genève les subventions des amis des insurgés, tombèrent entre les mains de ceux qui leur tendaient toute espèce de pièges. Le premier et le dernier furent tués après une résistance énergique. La tête de COSTE fut exposée à Uzès. » CLARY fut pris, conduit à Montpellier le 25 octobre 1710 et roué. Voir bulletin de la Société du Prot. Fr. LXI pages 161.337.378 LXII.354. Louis était le 12ème enfant de Barthélemy COSTE, d’Uzès. L’aîné de cette famille, Pierre, vécut à Amsterdam. Voir bulletin LXII p.341. Portrait.
Rien ne permet de supposer que les COSTE d’Uzès fussent apparentés aux COSTE du Mas de COSTE.

20 | C’est à partir de la création de l’évêché d’Alès, au moment de la Révocation de l’Édit de Nantes, que, sur l’ordre de Paris, on substitua à l’ancienne orthographe d’Allez (ou Alès) celle d’Alais. Les bureaux de Paris faisaient en effet des confusions fréquentes entre l’évêché d’Alès (Gard actuel) et l’évêché d’Alet (Aude actuelle). (Renseignement fourni par le directeur des archives du Gard lors du rétablissement de l’orthographe ancienne d’Alès.

21 | Mémoire sur la Guerre des Cévennes par le colonel Jean CAVALIER. Frank PUAUX page 67. « Nous nous rendîmes du côté de Quissac, contrée boisée, où furent désarmés quelques garde sel de la verrerie de la Rouvière, de même que les papistes de Sérignac, Combas, Vic et Montmirat (remarquer que Cannes n’est pas cité), auxquels nous ne fîmes aucun mal, car, très volontairement, ils nous livrèrent leurs armes. » Dans les « Camisards en action », p.48 et 50, le même fait est relaté. (Voir note de PUAUX page 67) : « La nuit dernière, (23 nov.1702), une grosse troupe de ces malheureux à été à la verrerie de la Rouvière, pour désarmer ces messieurs. « On a désarmé deux gardes de sel et on a aussi brûlé l’Église de Sérignac. »
Il est souvent fait allusion aux bois de Cannes et aux combats qui s’y livrèrent, dans les Mémoires Manuscrits de Mr de CISSALIERES (voir au dossier DELON XVIIIème siècle).

22 | Idem Frank PUAUX page 118. « Dans le dessein de les diviser (les troupes du Roi) et de les obliger à séparer leurs forces, il fut résolu que ROLLAND occuperait les Hautes Cévennes, et que je me dirigerai vers les Basses Cévennes du côté de Nîmes. En conséquence, je commençai ma marche en traversant le bois de Cannes. Sur ma route, je désarmai le château de Fesq, et passant le Vidourle près de Vic, j’arrivai directement aux portes de Nîmes. »


23 | Frank PUAUX page 33. Le gouverneur de St Hippolyte ayant été informé rapidement de ce qui s’était passé, se hâta, avec 400 hommes de sa garnison de venir au secours des habitants de Sauve. Mais il arriva trop tard, car dès qu’il fut en vue, reconnaissant qu’il était beaucoup plus fort que nous, nous pensâmes que le meilleur moyen d’éviter de combattre était de marcher plus rapidement qu’à l’ordinaire, par des sentiers de montagnes. L’approche de la nuit favorisa notre retraite dans le bois de Cannes qui était proche. »

24 | Frank PUAUX page 166. « Après ce combat, j’escortai ce peuple aussi sûrement que possible, et me retirai dans les Bois de Cannes par crainte d’une autre rencontre le jour suivant que je ne désirais nullement, car après tant de fatigues, nous avions grand besoin de repos.»

25 | Frank PUAUX p.248. “Le maréchal, informé de ces évènements, détacha les dragons dont il pouvait disposer pour nous surveiller. Mais réfugiés dans les Bois de Cannes, il ne put nous cerner, bien qu’il fut arrivé rapidement avec toutes ses forces de cavalerie et d’infanterie. »

26 | Combat de Sérignac contre un détachement du Régiment de MENOU. Voir Mémoires du Colonel Jean CAVALIER. Frank PUAUX page 116 N°13229 bibliothèque de la Sté du Prot. Fr. et COURT de GEBELIN : Histoire des Camisards (Bibl. de la Sté. du Prot. Fr. N°16) Villefranche 1760.

27 | Combats de Vic. Mémoires de CAVALIER page 118. COURT de GEBELIN a. 431. Août 1703. Comparer ce dernier récit avec celui de Ch. de la BAUME : Relation historique de la Révolte des fanatiques ou des Camisards, publiée par l’abbé GOIFFON, Nîmes 1874, affaire du capitaine de la Vérunne, à Vic (24 août 1703) et incendie de l’Eglise de Cannes P.191) Voir pour les suites de l’incendie de l’Eglise de Cannes. XVIII N°7a.

28 | COURT de GEBELIN a.387. juin 1703 Après que le maréchal de Montrevel eut fait battre tous les bois où les Camisards paraissaient le plus fréquemment, il fit marcher toutes les troupes qui étaient depuis Alais jusqu’à Montpellier vers le bois de Lens. (Bois situé entre la route actuelle de Sommières à Lédignan et St Mamert). Elles l’enveloppèrent de toutes parts, et le percèrent d’un bout à l’autre, quoique rempli de rochers et de précipices. « Qu’en arriva-t-il ? Tout n’aboutit qu’à de la peine. »

29 | COURT de GEBELIN a 389. Les mouvements de troupes n’ayant rien produit, le maréchal tourna ses vues d’un autre côté. Il ordonna de nouveaux enlèvements. 40 jeunes hommes de Dussan furent saisis en un même jour, et leurs maisons livrées au pillage ; il condamna au même pillage le lieu de St Cézaire près de Nîmes, et celui de Cannes qui n’en est pas éloigné.
Id. a 425. août 1703. Le maréchal fit continuer les enlèvements. Il fit arrêter à Sauve, à Vic, à Quissac et dans divers autres endroits, tous ceux qui passaient pour les plus coupables. 700 de ces malheureux furent envoyés dans les prisons de Roussillon, plusieurs autres passèrent par la main des bourreaux (voir XVIII.4.b.)
Id. b. 323 avril 1704. Les lieux de Brenoux, de St Paul la Coste, de Soustelle, de Vic, d’Hieusset, etc, sous le prétexte ou le soupçon d’avoir donné retraite aux camisards, venaient par ses ordres (de Montrevel), et sous ses yeux, d’être livrés au pillage et aux flammes et tous leurs habitants d’être passés au fil de l’épée, sans que l’âge ni le sexe eussent été épargnés ni respectés.

30 | Archives municipales de Cannes. Ordre d’évacuation de Cannes. Pièce XVIII.3.
Nicolas de la BAUME MONTREVEL, Maréchal de France, général des armées du Roy, Lieutenant général pour sa Majesté en Bourgogne, et Commandant Général dans le Haut et Bas Languedoc :
Il est ordonné à tous les habitants de la paroisse de Cannes de se rendre dans deux fois 24 heures, avec leurs valets, domestiques, même le foin, l’avoine, la paille, et toutes autres choses que se puisse être, à Vic, pour y demeurer jusqu’à nouvel ordre ; leur faisons défense d’habiter au dit lieu et de n’y rien laisser à peine de désobéissance et de confiscation de tout ce qui s’y trouvera, comme aussi leur ordonnons de rompre leurs fours et de les détruire entièrement. Permettons néanmoins de laisser les bergers avec leurs troupeaux dans les bergeries, à condition qu’ils viendront prendre à Vic tous les deux jours la quantité de vivres qui leur sera nécessaire. Fait à Sommières le 6 mars 1704 par Monseigneur. Signé : CHENEVY, le Maréchal de MONTREVEL.
Ordre identique pour le village de Montignargues, dont les habitants doivent se rendre à St Geniès. Papiers VESSON.
Liasse : Histoire des Camisards 2. Bibl. de Sté du Prot. Français.

31 | Archives municipales de Cannes. Pièce XVIII.Ib et 4a.

32 | Idem Pièce XVIII.2.

33 | Voir Dictionnaire du Diocèse de Nîmes par l’abbé GOIFFON. 1881. (Article relatif à Jouffe) et Notes de Mr Gustave COSTE.

34 | Voir Histoire de la BAUME déjà citée, page 254. En note : d’après LOUVRELEUIL (T. 11 p.129) « Les Camisards incendièrent Cannes quoique ce lieu fut habité par des Nouveaux Convertis parce qu’ils n’y trouvèrent pas de vivres. » Abbé GOIFFON. Dictionnaire déjà cité : « Les habitants de ce village (Cannes) aidèrent beaucoup les fanatiques dans leur rébellion. Aussi en furent-ils punis en 1704 par ordre du Gouvernement. L’Église paroissiale fut restaurée en 1709 aux frais des Nouveaux Convertis. »

35 | Archives municipales de Cannes. Registre des baptêmes du Prieur de Cannes. Les COSTE auxquels font allusion ces actes appartiennent vraisemblablement à la descendance de Jean le Vieux ou de Jean le Jeune.

36 | Voir COURT de GEBELIN. Histoire des Camisards. T.c. page 27 : »La troupe de ROLLAND s’était extrêmement grossie par la jonction de celle de CAVALIER. JOANNY en avait une de 400 hommes…….Louis COSTE une de cinquante et CATINAT en avait une autre ». Voir aussi Papiers COURT 633 page 102, 138, et 195. Parmi les Camisards amenés par Jean CAVALIER en Suisse, se trouvait un Jacques COSTE qui reçut le 14 janvier 1705 des souliers et une chemise ; il touchait une solde de 6 sols par jour. Une lettre, dont la copie figure, aux Papiers Antoine COURT (vol.630 page 58 Bibl. de la Sté du Prot. Fr. voir XVIII).o. indique bien l’impression que le soulèvement des Camisards fit sur la bourgeoisie des Cévennes, qui croyait avoir trouvé le moyen, sur le terrain du droit, de concilier ses opinions personnelles avec le respect aux lois du royaume. Elle était adressée le 10 septembre 1702 (date portée à la table du volume), par Mr Henry PAGEZY, de St André de Valborgne, fils de Mr Jacques PAGEZY (ép. ROCHEBLAVE), associé de Mr Antoine DELON pour l’exploitation de la ferme du Prieuré de St Enimie, à son oncle, Mr le pasteur PAGEZY, réfugié à Genève depuis la fermeture du temple de St André de Valborgne (15 février 135).

« Une troupe de vagabonds procurent de si grands désordres dans nos cantons que l’on ne peut en prévoir qu’une ruine totale et funeste, si Dieu, par sa bonté toute puissante, n’y met sa divine main. Nos pêchés, sans doute, nous attirent ce juste châtiment et Dieu le permet puisqu’ils tombent sur nous de tous côtés abondamment. Cette malheureuse troupe saccage, tue, brûle entièrement tout ce qui se trouve devant elle, même des lieux entiers. La triste désolation du château de la Devèze, près de Ste Croix, qu’on a brûlé et massacré toute sa famille, même une pauvre dame mère de tous, âgée de septante ans ou plus, qu’on tua sur les corps morts de ses fils, et la fille aux pieds de sa mère, à laquelle de trois coups de fusil on l’emporta presque toute la tête, et le seul qui restait de cette triste famille, où on en massacra six, se brûla avec le château sans être vu, par aucune marque cruelle. Autres accidents de cette nature sont arrivés depuis et arrive journellement. On vient même tout à l’heure de nous assurer, par une triste continuation, qu’on fit la nuit passée un pareil désordre, ou presque, au Collet de Dèze. Aujourd’hui, on a brûlé une maison du St PLAGNIOL à Gabriac. Ces brigands, qui sont en gros nombre, à ce qu’on dit, menacent que tout le passé ne sont que de doux commencements.»
« Voyez ce que nous avons à craindre ou à bien espérer. Ce n’est pas le seul malheur qui nous accable. Une misère extrême et publique nous met hors d’état d’avoir soin de nos affaires. On ne voit ni commerce, ni argent dans le pays, et les plus opulents sont réduits, je vous assure en vérité, à n’avoir pas de quoi subvenir chez eux, jusqu’à leurs plus petites estancilles. Je ne saurais jamais assez vous exprimer la dure et cruelle nécessité où nous sommes réduits. »

Nos supérieurs, pour tâcher de remédier aux désordres dont je viens de vous parler et dissiper ces attroupements, ont rempli le pays de troupes, que chaque lieu demande et souhaite avec passion d’avoir pour leur sûreté. Mais une fois que nous les avons, nous trouvons hélas, que notre malheur augmente, bien loin de diminuer, puisque dans ces mêmes troupes nous ne trouvons que des gens plus cruels cent fois que nos ennemis et plus barbares qu’eux, qui nous désolent totalement. Ces troupes qu’on lève dans la bourgeoisie, ce sont des anciens catholiques, qui sont dispersés dans nos villages et on les fait courir de tous côtés pour tâcher d’arrêter ces malheureux vagabonds qui nous procurent tant de maux. Mais les ravages et les désordres qu’ils font, ces mêmes troupes de bourgeoisie, et le peu d’égards qu’ils ont pour leurs désolés voisins, les fait porter eux-mêmes à toutes sortes de violences et d’excès, en passant par le pays et par les villages, pillant, battant et saccageant tout avec cruautés horribles, enchaînant et emprisonnant indifféremment tous ceux qu’ils attrapent, les punissant rigoureusement, sans certitude s’ils sont innocents ou coupables. Les plaintes n’en sont aucunement écoutées.
Jugez de notre état, étant absolument exposés et en proie à la fureur extrême de ces impitoyables, vous assurant que la seule qualité de Nouveaux Convertis suffit pour empêcher qu’on ajoute aucune foi à ce qu’ils disent ni à ce qu’ils font, quoique très souvent ce sont de très bons catholiques et des plus zélés pour le service du Roy que leurs persécuteurs eux-mêmes. Enfin, un seul ennemi, ancien catholique, est aujourd’hui maître absolu du sort du plus pur fils Nouveau Converti qui est extrêmement exposé à toutes sortes de ressentiments.
Joignez à cela les excessives charges dont nous sommes accablés, les moindres paroisses de ce pays-ci s’en font à plus de 100 écus par mois pour les contributions des gens de guerre, et après cela la capitation, dans laquelle je suis, moi, seul, taxé dans un an quarante écus, outre cela les tailles ont plus que doublé, et mille autre charges et impositions dont je ne vous parle pas. Il faudrait un volume entier pour en contenir une description exacte.
Après cela, la moindre petite dénonce, sans nous écouter ni convaincre, nous assure en attirer infailliblement des châtiments des cruels. Depuis la mort de Mr l’abbé du CHAYLA, qu’on assassina comme vous avez sans doute su, on a fit mourir une infinité de personnes, et de moment en moment nous n’entendons que de tristes nouvelles et cruautés, saccagements et incendies. Nous faisons actuellement garde par tout le pays ; tous les habitants sommes d’obligation, pour notre sûreté, de la faire fort exactement. Nous en faisons chez Mr de St ANDRE, où nous avons renfermé toutes les armes du lieu et paroisse et les habitants nous y relevons les uns et les autres de jour à autre. C’est la dure nécessité de nous défendre qui nous y contraint. Encore un coup jugez de notre état ; Dieu ait pitié de nous. »
L’étude que j’ai été ainsi amené à faire des évènements qui se sont déroulés dans les Cévennes en 1702-1704, m’a conduit à prononcer à l’assemblée de Mialet du 1er septembre 1929 les paroles suivantes (Voir XVIII.o.).
Il est de bon ton dans beaucoup de milieux, et même dans certains milieux protestants, de critiquer très vivement le soulèvement de 1702. On insiste alors volontiers sur les cruautés exercées par certaines bandes de Camisards ; on fait ressortir tout ce qu’avait de condamnable un soulèvement à main armée contre l’autorité établie ; on souligne enfin tout ce qu’il y avait de blâmable dans les quelques rapports qu’ont eus à cette époque avec l’étranger, certaines personnalités désireuses d’utiliser à leur profit ce mouvement de révolte.
Par contre, lorsque dans les mêmes milieux, on parle de la Guerre de Vendée de 1793-1794, on est en général disposé à n’appuyer que sur le courage, le dévouement, l’esprit de sacrifice de tous ceux qui ont participé à ce soulèvement ; on célèbre avec émotion la beauté, la sainteté des cultes tenus en plein air dans les landes et les forêts de la Bretagne et de la Vendée, ainsi que le courage des prêtres qui les présidaient. On passe plus rapidement sur les cruautés et les excès des Chouans et sur les rapports qu’ont eus avec l’étranger les chefs des troupes Vendéennes.
Le début et la fin du XVIIIème siècle ont été caractérisés en France par deux soulèvements à main armée qui présentent pourtant entre eux de nombreuses analogies. Les révoltés des Cévennes et ceux de la Vendée ont fait preuve, les uns comme les autres d’un courage, d’un dévouement, d’une fidélité pour les idées qu’ils défendaient, qu’on ne peut qu’admirer. Les assemblées du Désert ne diffèrent guère des cérémonies religieuses qui rassemblaient en plein champ les soldats de Mr de la ROCHE JACQUELIN et de Mr de LESCURE, et dans telle page de BALZAC (a), on n’aurait que quelques mots à changer pour l’appliquer à une des réunions que pourchassaient au Désert les agents de LAMOIGNON de BAVILLE. Des deux côtés, on a eu malheureusement aussi, bien des excès et bien des cruautés à regretter. En 1704, comme en 1794, enfin, le soulèvement a été écrasé par la force : les incendies, les massacres et les supplices mis fin à des tentatives qui, il faut bien le dire tout de suite, ne pouvaient et ne devaient pas réussir par les armes.
Mais entre le soulèvement de la Vendée et celui des Cévennes, il y a quelques différences essentielles qu’il est bon de souligner
(a) Voir les CHOUANS. Edition CALMANN LEVY. Paris 1892. p. 303.

En 1793, le soulèvement de la Vendée fut préparé de longue date puis dirigé par la partie éclairée de la population locale. On retrouva à la tête des troupes vendéennes toute la noblesse du pays. Le clergé donna à tous les degrés son appui au mouvement général. Bien encadrés et bien dirigés par des chefs qu’elles connaissaient de longue date, sérieusement armées, les colonnes vendéennes comptèrent dès le premier jour de très nombreux soldats. Le but qu’elles poursuivaient était le rétablissement de la royauté entraînant le rétablissement des privilèges de la noblesse et du clergé. Une fois la Vendée écrasée, la cause pour laquelle tant de vendéens s’étaient sacrifiés ne fut plus jamais reprise d’une façon sérieuse.
A la fin du XVIIème siècle, la noblesse protestante s’était soumise d’une façon à peu près complète aux ordres de Versailles.
Les pasteurs, dont le nombre avait progressivement diminué depuis 1660, année à partir de laquelle la démolition systématique des temples avait été entreprise, avaient tous disparu à dater de 1685 et pendant les dernières années du XVIIème siècle, il ne resta dans les hautes et les basses Cévennes que quelques rares prédicants, destinés à périr sur l échafaud, puis des prophètes sans instruction et sans préparation que les souffrances exaltaient de plus en plus. Quant à la bourgeoisie des villes, elle croyait bien souvent avoir trouvé une formule qui lui permettait de conserver ses croyances tout en se pliant aux lois du royaume.
Dans ces conditions, le mouvement de 1702 ne fut au début que l’œuvre de quelques bergers et de quelques montagnards des Hautes Cévennes exaspérés par des persécutions et des supplices qui depuis 20 ans devenaient tous les jours plus cruels . Ce fut un mouvement subit, qu’aucune préparation n’avait précédé. Sauf de très rare exceptions, les révoltés ne trouvèrent aucune aide ni dans la noblesse, ni dans la bourgeoisie locales : l’intérêt immédiat des uns, pour les autres une compréhension plus exacte de l’impossibilité d’arriver par la force à un résultat favorable, éloignèrent de leur cause ces deux classes de la population. Ce ne fut par suite que chez les petits cultivateurs des Hautes Cévennes et de la Région des Garrigues, que les premiers Camisards trouvèrent des renforts et de l’aide. Leurs colonnes ne comptèrent jamais que quelques centaines d’hommes. Elles étaient au début à peu près désarmées, puisque dès la Révocation de l’Édit de Nantes, les habitants des Cévennes avaient dû remettre aux autorités locales toutes les armes qu’ils possédaient. Et pourtant, pour réduire ces quelques troupes, commandées par des chefs improvisés, il fallut recourir aux meilleures armées et aux plus fameux généraux du Roi. La pacification fut plus longue à obtenir dans les Cévennes que dans la Vendée. Les colonnes des Camisards firent preuve, au cours de cette longue lutte, de plus de vertus militaires que les troupes vendéennes.
Les revendications des Camisards portèrent toujours exclusivement sur le droit de pouvoir, se réunir pour prier Dieu, sous la direction de leurs pasteurs réguliers.
Si quelques intrigants crurent pouvoir entretenir à cette époque avec l’étranger certains conversations regrettables, l’opinion générale était peu favorable à de semblables négociations.
On le vit bien lorsqu’en 1710, la flotte anglaise vint faire des démonstrations devant Cette et devant Agde pour éloigner des Pyrénées les armées du Duc de NOAILLES, trop menaçantes alors sur la frontière espagnole. (a)
a) Voir COURT DE GEBELIN. Hre. De la Guerre des Camisards. Livre XVI. Et citation de BRUEYS (dernière page du livre XVI).

La supplique que les protestants Béarnais adressèrent au lendemain de la victoire de Denain à Louis XIV indique bien aussi quelle était à l’époque l’opinion protestante à ce point de vue ; c’est d’ailleurs celle que devaient toujours soutenir plus tard Antoine COURT, ses collaborateurs, et ses élèves.
« Nous sommes demeurés dans le silence », contenait cette adresse (b), « pendant que Votre Majesté était occupée d’une guerre. Présentement qu’on travaille à la paix de l’Europe, trouvez bon, Sire, que nous vous demandions, avec tout le respect que nous vous devons la paix de nos consciences ».
La « paix des consciences » ne pouvait en effet être gagnée par la force. Il fallut pour la conquérir encore près d’un siècle de souffrances et de cruelles souffrances. Mais une cause juste comme celle-là ne pouvait manquer de trouver bientôt de nouveaux défenseurs. Dix ans à peine après l’écrasement dans le sang et dans le feu des dernières bandes de Camisards, Antoine COURT commençait à parcourir les Cévennes. Ses visites incessantes dans la plaine et dans les montagnes donnèrent un nouveau courage à ceux qui auraient été en droit de désespérer de l’avenir ; les synodes tenus à partir de 1715 commencèrent à régulariser les assemblées, qui depuis bien des années, n’étaient plus tenues que par de rares prophètes. Enfin, l’ouverture à Lausanne en 1729 du Séminaire où vinrent s’instruire les jeunes proposants qui se sentaient, suivant la parole d’Antoine COURT, la « Vocation pour le martyre » (c), assura définitivement le recrutement et la formation des pasteurs.
b) Adresse citée par Mr Léon BERARD à la tribune de la chambre, séance du 19 mars 1925 (voir XVIII.o)
c) COQUEREL. Histoire des Églises du Désert. T. I. p. 191-192.
Mais, et ce sera là ma seconde observation, il ne suffisait pas former des pasteurs, il fallait encore qu’il leur restât des auditeurs. Or, depuis près de 200 ans, il semblait que l’homme fit tous ses efforts pour dépeupler complètement notre pays. Déjà la nature y avait rendu de tout temps la vie difficile : un sol et un climat souvent ingrats, des cultures maigres et pénibles, justifiaient aisément le qualificatif de « pays aspre et dur » s’il y en a un en France (d) que Théodore de BEZE décernait aux Cévennes au cours de la seconde moitié du XVIème siècle. A cela s’ajoutèrent à la fin du XVIème siècle et au début du XVIIème siècle, 70 ans de guerre religieuses et politiques, à peine interrompues par les quelques années de paix intérieure que Henry IV donna à la France. Enfin, pendant près de 100 ans de 1680 à 1780, notre petit pays eut encore à subir une période de persécutions terribles. Les villages et les Mas isolés furent à maintes reprises détruits par la main de l’homme ; les massacres, les déportations, le départ en masse pour l’exil dépeuplèrent le pays, et pourtant on trouve toujours certaines familles qui se cramponnent à leur sol dévasté, qui reconstruisent leurs maisons, qui remettent leurs champs en culture et qui conservent leur foi : « Il ne faut pas, disait à ce moment une mère protestante à son fils tenté de quitter le sol de la France », que la Semence de la véritable Église de Jésus-Christ sorte toute entière de la terre de France. Il est au pouvoir de Dieu d’amener des temps meilleurs. (e)
d) Cité par E. HUGUES, Histoire de l’Église Réformée d’Anduze.

C’est à ceux-là, qui ne voulurent jamais abandonner ni les tombes de leurs aïeux, ni leur petite patrie, ni leur grande patrie, si ingrate pourtant à leur égard; et qui, malgré tout, conservèrent leur foi, que l’on doit le maintien du protestantisme en France.

Voilà ce qui ressort de la lecture de ces vieux livres de raison, de ces liasses de papiers de famille que l’on trouve encore si souvent au fond des armoires des vieux Mas de la montagne et de la plaine. On peut ainsi suivre pendant des siècles les mêmes familles groupées autour des mêmes vieilles murailles et malgré les morts, malgré les départs, hélas trop nombreux pour la France, il y avait toujours des enfants que retenait la fidélité au sol natal.

A une époque où l’on parle si souvent de «déracinés», il y a là un exemple qu’il est bon de rappeler et que nous avons le devoir de suivre.

«Voici le chemin, marchez-y».

1.6 - De 1710 à 1738

JACQUES III COSTE et LOUISE DESPUECH

La mort de MAZEL, de CLARY et de COSTE (1710) est le dernier épisode violent de la Guerre des Camisards (1).A ce moment, les Cévennes étaient dévastées et ruinées ; la population avait été décimée à plusieurs reprises par la guerre, les déportations et les exécutions ; les habitants, restés attachés aux ruines de leurs maisons et à leurs champs dévastés et incultes, étaient écrasés d’impôts. L’hiver de 1709 aggrava encore cette situation : presque tous les oliviers furent gelés. (2)

Pour Cannes, seul voici quelques détails qui précisent la situation. On a vu que vers 1665, la Communauté de Cannes, dans le Diocèse d’Uzès, comptait 266 habitants (233 protestants et 33 catholiques). Trente ans plus tard (1695) le rôle de la Capitation donne pour la paroisse de Cannes 33 chefs de famille, 111 enfants et 23 serviteurs. (Les chiffres de Clairan sont 6,22 et 2). Quant au dénombrement de 1709, il ne donne plus pour la paroisse de Cannes, que 147 habitants et sur ce total il n’y a plus que 35 enfants de moins de 20 ans. (3) On ne peut guère s’étonner de ces résultats quand on relève sur le rôle de la capitation de Cannes, pour 1704, les observations suivantes : (4)

Jean MASSIP Vieux a été condamné aux galères et même est mort ; son fils ayant été tué dans les fanatiques à Pompignan, et sa maison brûlée par les fanatiques.

Jean PRAT : un enfant envoyé à Perpignan pour fait de fanatisme.

Louis PERIER : a eu un enfant dans les fanatiques, qu’on dit avoir été tué.

Jean SILVADE : de même.

Tristan MENARD : a eu un enfant estant dans les fanatiques, suivant le bruit commun, et sa maison brûlée par les fanatiques. Le bruit estant que son fils est mort.

Claude MASSIP : a eu son fils conduit à Perpignan.

Louis PERSINNE : a été conduit en prison à Perpignan.

La taille de Cannes qui s’élevait à 459 livres en 1683, atteignit 1140 livres en 1713.

A cet impôt s’ajoutait à partir de 1695 l’impôt de la capitation (231 livres 5 sols en 1704) puis, à partir de 1710, l’impôt du « dizième sur les gens d’affaires, négociants et commerçants. » Les créations d’offices qu’il fallait ensuite racheter, augmentaient encore ce total : en 1694 on avait créé la charge de « Trésorier collecteur des tailles », que la Communauté racheta pour 350 livres, et celle de « Conseiller Maire héréditaire et perpétuel », qu’il fallut racheter 10 livres par an. (5)

Les Nouveaux Convertis avaient en plus des charges spéciales : logement du curé, du Précepteur de la jeunesse, entretien des troupes sur place et au loin, frais d’équipement, de harnachement, etc, des milices, réparations des Eglises, Indemnités aux catholiques etc… J’ai suffisamment insisté sur ce point au Chapitre précédent pour ne pas avoir à y revenir ici.

Les résultats obtenus au point de vue religieux étaient loin d’ailleurs de correspondre à ceux qu’escomptaient l’Intendant LAMOIGNON de BAVILLE et le Maréchal de MONTREVEL. Dès 1715, Antoine COURT entreprenait des tournées dans les Cévennes.

Plusieurs synodes locaux furent tenus dans le Languedoc entre 1716 et 1720. La discipline se rétablit dans le Culte et le recrutement des pasteurs commença à être assuré. Les notes qui suivent montrent que la « Combe de Cannes » n’était pas oubliée par les réorganisateurs du culte protestant en France.

11 novembre 1723 (6) : « Une assemblée fut présidée par Paul RABAUT à Cannes, près de Vic le Fesq, à l’entrée des Cévennes. Elle fut dispersée par les soldats qui firent cinq prisonniers».

2 septembre 1726 – Journal du pasteur ROUSSEL (7) : « Il m’a été donné pour cartier (sic) celui de Nîmes et celui de Cannes conjointement avec Mr BOYER. »

22 juin 1728 : Convocation des Eglises de Quissac et de Cannes, culte présidé par Antoine COURT. (8)

Le lundi 3 décembre 1731, l’Assemblée fut convoquée en faveur de l’Eglise de Cannes et de son voisinage ; le jeudi 6, l’assemblée fut formée en faveur de l’Eglise de Sommières. (Lettre du pasteur CORTEIZ à Antoine COURT). (9)

Mr CLARIS tint ensuite deux colloques, l’un à Lézan, l’autre à Cannes. Le premier fut tranquille ; mais à l’autre il y eut une fausse alarme. Le maître de la maison où le colloque était assemblé, voyant venir deux cavaliers, crut qu’ils étaient accompagnés des miquelets. Il rentre avec précipitation et par sa pâleur, sa voix et ses gestes, il répand la frayeur à tous les assistants qui prennent la fuite. Mr CLARIS, peu propre pour la course, veut se saisir de son cheval et s’avance vers l’écurie. Mais le maître du logis, qui craint que sa maison ne soit déjà investie, l’en veut détourner par sa voix : « Hé mon Dieu, lui dit-il, où allez-vous ? » « Les Miquelets vont bloquer la maison ; fuyez, tant que vous le pourrez. » Mais Mr CLARIS persuadé que c’était un lâche, et qu’il ne pourrait, lui, se tirer d’affaire sans le secours de son cheval, au lieu de rétrograder, redouble le pas pour se saisir de son cheval. Mais ne croyant pas d’avoir le temps de le détacher, coupe le licol avec son couteau, et ayant mis le pied à l’étrier, se sauve à la course. Il apprit ensuite que l’alarme était fausse. (Lettre du pasteur CLARIS à Antoine COURT). (10)

En 1710, Jacques III, fils aîné de Jacques II et de Marie TEISSIERE, était déjà un homme fait. Il avait rempli à plusieurs reprises les fonctions de Consul à Cannes et c’est à ce titre qu’il avait signé en 1708 l’ordre de payer diverses réparations à l’Eglise de Cannes. (fenêtres et grillages) (11). Il vivait à ce moment au Mas de COSTE avec son père, Jacques II, qui était vieux et fatigué (12) et ses deux sœurs Claude et Marie qui ne s’étaient pas mariées. Il n’est plus question à cette époque de sa mère. Quant à son frère Estienne il avait quitté le pays, ou il allait le quitter pour cause de religion.
Jacques III épousa en 1711 Louise DESPUECH, fille de feu Jean Martin DESPUECH et de feus Marguerite ROUSQUETE de la ville de St Hippolyte. (13) Louise avait à cette époque deux frères, l’un Pierre, qui avait épousé en 1693, Marie MASSIP de Cannes (fille de Jean MASSIP et de Anne MARTINE) ; l’autre Jean, était marchand à St Hippolyte. Les parents de Louise avait testé en sa faveur, sa mère le 30 juin 1694, son père le 29 septembre 1700. (14)
Louise DESPUECH (elle signait Lison), apportait à son mari outre divers objets mobiliers, une dot de 1417 livres, plus 500 livres que lui donnait, à l’occasion de son mariage, un de ses cousins Jacques BASTIDE, receveur à St Hippolyte. Jacques II donnait d’autre part à son fils la moitié de tous ses biens. (15)
Dix ans plus tard, Jacques II mourait au Mas de COSTE.
Par son testament (16), qu’il ne pouvait signer « à cause de sa vieillesse », et dans lequel il se qualifiait de « laboureur », il léguait 500 livres à chacun de ses enfants Estienne, Marie et Claude. Le legs pour Estienne « hors du royaume pour cas de religion » devait lui être payé lorsqu’il reviendrait dans le royaume avec la permission du Roy. Jacques III était d’autre part désigné par son père comme son héritier général et universel.

Les pauvres de Cannes recevaient en don « demi salmé de bléd ».
Le retour en France d’Estienne COSTE ne paraissant pas prochain, Jacques III lui envoya le legs paternel. Estienne en accusa réception de Berne (Suisse) par lettre du 23 septembre 1725 (17). A cette occasion, il se plaignit de ce que les frais de cet envoi avaient absorbé 123 livres et 13 sols (le quart du total) ; il donna en outre des nouvelles de sa femme et de ses deux enfants, parla de ses essais de création d’une petite industrie de peignage et de teinture de laine, de son désir de passer à Neuchâtel, où les réfugiés étaient mieux reçus qu’à Berne, enfin de l’espoir qu’il avait de pouvoir bientôt rentrer en France, étant donné la tournure que prenaient les évènements politiques. Il reparut d’ailleurs peu après à Cannes, et c’est là qu’il signa (4 août 1728) un reçu provisoire de la succession paternelle qui fut portée à 700 livres. (18) Ce reçu devait être ultérieurement régularisé par devant notaire ; mais cette formalité ne paraît pas avoir été remplie et après 1728, je n’ai trouvé aucune trace ni d’Estienne COSTE ni des siens.

Claude COSTE, fille de feu Jacques II COSTE, « petit laboureur de la métérie de COSTE » testa le 8 juin 1732. (19) Elle légua 5 livres aux pauvres de Cannes et désigna pour son héritière universelle sa sœur Marie. (20) Celle-ci continua à vivre au Mas de COSTE, où son frère Jacques III, en mourant, lui assura, sa vie durant, une chambre garnie. Marie vivait encore au moment du mariage de son neveu Jacques IV (1744).
Jacques III, seul héritier de son père au Mas de COSTE, n’était pas uniquement considéré comme un « petit laboureur ». Il figurait, en effet, parmi les « gens d’affaires, négociants, commerçants, et autres » qui ont de l’argent en maniement su lieu de Cannes, et il payait à ce titre l’impôt du dixième de ses profits annuels : sur un état daté du 3 décembre 1722, qu’il avait signé lui-même en qualité de Consul, il était taxé pour l’année à 4 livres 4 sols. (21)

Il reprit, dès que les évènements politiques le permirent, la politique terrienne de son père : le 9 février 1711 (22) il acheta pour le prix de 900 livres divers bâtiments au Mas de COSTE et les terres à « Vigne Douillé » et aux « Cadenèdes » appartenant à Jean COSTE, du Mas de COSTE ; le 26 octobre 1737 (23), il acheta à Jean MASSIP, marchand de Nîmes, d’autres immeubles au Mas de COSTE et à « Vigne Douillé » (500 livres). Ce Jean MASSIP, qui s’était établit à Nîmes, avait été autorisé par l’Intendant, en tant que Nouveau Catholique, à vendre des biens à Cannes jusqu’à concurrence de 2400 livres (décision du 11 novembre 1735). Pour cette dernière vente, les droits de lods furent payés au Comte de NARBONNE-PELET, qui signa lui-même la quittance.

Au début de son mariage Jacques III avait eu à régler avec sa nièce Marie DESPUECH, fille de Pierre DESPUECH et de Marie MASSIP, et avec un certain Capitaine LAVERGNE, diverses questions concernant des dettes de son beau-père Jean Martin DESPUECH et de son beau-frère Pierre DESPUECH. (24)
De son mariage avec Louise DESPUECH Jacques III eut 5 enfants. Voici ce que son petit-fils Jacques V nota à leur sujet dans son livre de famille. (25)
Jacques (IV) COSTE, né le 22 août 1712 présenté au baptême le 28 août 1712 par Jacques COSTE, son grand-père, et Marie DESPUECH, sa tante, de la ville ‘Anduze, femme de Me CAMPISVAL, Négociant.
Marie COSTE, née le 27 octobre 1714, présentée au baptême le 30 octobre 1714 par Jacques COSTE, son grand-père et Delle Marie BOUSQUET.
Alexandre COSTE, né le 29 août 1717, présenté au baptême le 5 septembre 1717 par Noble Alexandre de MONTOLIEU et Delle sa sœur. (26)
Louise COSTE, née le 5 avril 1720, présentée au baptême le 14 avril 1720, par le Sr Jean CAMPISVAL, son oncle d’Anduze et Marie BOUSQUETE, de la ville de St Hippolyte.
Marguerite COSTE, née le 7 avril 1730, présentée au baptême le 10 avril 1730 par le St Jacques MOURET de St Théodorit (27) et Delle Marie BOUSQUETE, de St Hippolyte.
Ces baptêmes figurent au registre du prieur de Cannes : ils étaient destinés à assurer aux enfants la qualité d’ »enfants naturels et légitimes ». Alexandre de MONTOLIEU, lieutenant au Régiment de Royal Nassau, servit souvent à cette époque de parrain. Cela permet de juger des conditions dans lesquelles se faisaient ces baptêmes.
Frappé de paralysie en fin 1738, Jacques III testa en toute hâte. Son testament très sommaire fut reçu le 18 décembre par le prieur PRADES de Cannes, dans des conditions irrégulières qui créèrent ultérieurement à ses héritiers des difficultés sérieuses. Il mourut deux jours après (20 décembre). Sa veuve Louise DESPUECH déposa son testament le 30 décembre chez Me ASSENAT, notaire à Sommières, et fit procéder le 30 janvier 1739 et jours suivants à l’inventaire des biens de son mari, par Me Jacques ASSENAT, juge du lieu de Cannes, résidant à Crespian. (28)

NOTES DU CHAPITRE V

1 | Voir page 73. Note 19.

2 | Extrait des notes de Mr GUSTAVE COSTE. Pièce XVII.56.
Pour l’année 1710, la taille fut réduite de 124 livres, 13 sols, 6 deniers et pour 1711, la taille fut réduite de 100 livres, 6 sols, 6 deniers.

3 | Voir GACHON : quelques préliminaires de la Révocation de l’Edit de Nantes. Toulouse 1899. Page XXIX – Archives municipales de Cannes et archives PRADES à Clairan. Pièce XVII. 57. On comptait à Cannes en 1709 : 45 hommes, 50 femmes, 16 domestiques, 1 Ecclésiastiques et 35 enfants de moins de 20 ans.

4 | Notes de Mr GUSTAVE COSTE. Archives départementales du Gard. C. 1401. Voir pièce XVIII.4.b.

5 | Notes de Mr. GUSTAVE COSTE. Archives municipales de Cannes. Liasses 16-17 et 18.

6 | DARDIER. Lettres de Paul RABAUT à Antoine COURT.T.I. Préface page XXI. Bibl. de la Sté du Prot. Fr. N°8620.

7 | Bulletin de la Sté du Prot. Fr. XXXV. P. 263. Le pasteur ROUSSEL (1701-1728) et son guide COSTE, furent pris deux ans après aux « quatre chemins » (col entre le Vigan et Aulas). ROUSSEL fut exécuté à Montpellier le 30 novembre 1728. Voir COQUEREL Tome I. p. 227.256.315. et brochure spéciale pour l’assemblée du musée du désert de 1928.

8 | Voir COQUEREL. Histoire des Eglises du Désert – Tome I page 185.

9 | Bulletin de la Sté du Prot. Fr. XXXIII page 505.

10 | Papiers COURT 601.X. Lettre de Mr CLARIS du 28 janvier 1735 page 47 à 56. Extrait tiré de la page 53.

11 | Archives municipales de Cannes. Ordre de payement signé : COSTE, Consul. Pièce XVIII.6.

12 | Voir procuration du 22 août 1707 donnée par Jacques II « qui ne pouvait se transporter commodément à Cassagnoles à cause de sa vieillesse », à son fils Jacques III. Gabriel PRADES, Notaire de Crespian. Pièce XVIII.5.

13 | Dans le procès qui aboutit à la destruction du temple de St Hippolyte (1681), un certain Jean MARTIN DESPUECH, hoste du Lion d’Or, avait été fortement compromis. D’après le Compois de St Hippolyte de 1690 il y avait à cette époque dans cette ville des biens appartenant aux hoirs du Cappitaine Jean DESPUECH ; ceux-ci étaient représentés en 1700 par les trois frères Jacques, Antoine et Pierre DESPUECH, ce dernier fugitif pour cause de religion. Voir 13.a.bis.

14 | Pièce XVII. N°62. Testament de Marguerite BOUSQUETE (30 juin 1694) ; Testament de Jean MARTIN DESPUECH (29 septembre 1706). Mariage de Pierre DESPUECH avec Marie MASSIPE (4 avril 1695) Pièce XVII.64.

15 | Pièce XVIII.N°11. Contrat de mariage du 1er mars 1711, reçu Gabriel PRADES Not. Royal de la Baronnie de Montmirat.

16 | Pièce XVIII.N°14. Testament du 30 janvier 1722. Reçu ASSENAT, Not. Royal de Fontanès. Parmi les témoins figure Vincent COSTE.

17 | Voir pièce XVIII.N°17. Il n’a pas été possible de trouver de trace de cet Etienne COSTE parmi les réfugiés de Berthe (lettre de Mr le pasteur Alexandre MOREL de Berne du 25 juin 1924.

18 | Pièce XVIII.N°18. Reçu signé « Estienne COSTE ».

19 | Testament du 8 juin 1732. reçu ASSENAT Not. Royale de Fontanès.

20 | Pièce XVIII N°19. Voir pour Marie COSTE, testament du 18 décembre 1738 de Jacques III (XVIII 23) et procuration du 26 juin 1744 (XVIII 27).

21 | Pièce XVIII.N°15. Archives municipales de Cannes. Liasse 8. Extrait de répartition faite par Pierre de LARNAC, Commissaire du Roy, remis par lui le 3 décembre 1722 à Uzès au Sr. COSTE, Consul.

22 | Pièce XVIII.N°10.Acte d’achat, reçu Gabriel PRADES. Not. Parmi les témoins figure Pierre DESPUECH de St Hippolyte. La vente est faite pour acquitter une série de dettes de Jean COSTE, et notamment 3 livres 12 sols pour des souliers dus à Vincent COSTE, cordonnier à Cannes ; et 120 livres dues depuis le 10 novembre 1697 à Antoine DELON, marchand à Sommières (Not. CHRESTIEN). Droit de lods payés à l’acte. Quittance signée « de Fontanès ».

23 | Pièce XVIII.21. Acte d’achat du 26 octobre 1737, reçu François ASSENAT, Not. Roy. de la ville et Viguerie de Sommières. Rapport d’experts sur la valeur des biens vendus du 30 octobre 1737. A peu près à la même époque (16 août 1740), Jean MASSIP, bourgeois de Nîmes, c’est évidemment le vendeur de 1737, affermait son domaine de Cannes et de Clairan à un groupe de cinq personnes de Quissac, comprenant notamment Estienne et Louis JALAGUIER, beaux-frères, descendants de Jeanne de COSTE, épouse Estienne BRINGUIER, Not. à Quissac au début du XVIIème siècle. Voir XVII.N°2.a.

24 | Voir XVIII N°13 a. Acte légué signé COSTE et Marie DESPUECH du 23 novembre 1715. D’après cet acte, Pierre DESPUECH, mari de Marie MASSIP, était marchand de la ville d’Anduze et avait du faire faillite.

25 | Voir livre de famille de Jacques V, daté du 1er Vendémiaire an III (septembre 1794) (Pièce XVIII.97.a). Voir registres du prieur de Cannes. Pièce XVIII.12. Jacques V indique comme parrain et marraine de son père Jacques IV et de sa tante LOUISE, Marie DESPUECHE et son mari Jean CAMPISVAL, d’Anduze, tante et oncle des intéressés. Il y a lieu de remarquer que Marie DESPUECH ne figure pas au testament de Marguerite BOUSQUETE de 1694, et que d’après l’acte de la note 24, il y avait à cette époque que une Marie DESPUECH cousine germaine des enfants de Jacques III, mais beaucoup plus âgée qu’eux. Noter qu’il peut y avoir des prénoms multiples donnant lieu à des confusions.
Se reporter pour le nom de « CAMPISVAL » au testament de Marie COSTE, épouse Antoine CAMPISVAL (XVII.5.a) et à celui de Jacques CAMPISVAL, de Colombeirol ; 10 septembre 1735 (XVIII.31.b).

26 | En note sur le registre du prieur de Cannes : obiit primo die Augusti, 1719. Les MONTOLIEU avait encore des attaches dans les environs de Cannes. Voir Vente faite par Noble Antoine de MONTOLIEU, ancien Capitaine au régiment de Limosin, habitant dans son fief noble au lieu de Montmirat (3 mars 1718) et Procuration donnée par Noble Antoine de MONTOLIEU à son fils Noble Alexandre de MONTOLIEU (2 juin 1719). Minutes du Not. PRADES de Claireau. (Pièce XVIII.13.b.)

27 | Voir page 42. Mariage de Jeanne COSTE avec Claude MOURET de St Théodorit (1666). De ce mariage naquit un fils Jacques qui d’après une quittance du 28 novembre 1694 (Pièce XVIII.63.) aurait eu Jacques II pour tuteur.
On retrouve plus tard un Jean MOURET à St Théodorit au testament duquel assiste son « cousin » Jacques COSTE de la métérie de COSTE (10 juin 1757) ; un Barthélemy MOURET de St Théodorit auquel le même Jacques COSTE prête 360 livres (15 juin 1752 et 3 février 1772). Voir aussi 6 septembre 1758 et 20 mars 1764. Minutes du Not. CASSAGNES XVIII.31.b.

28 | Voir pièces XVIII.23 et 24. Legs d’une chambre garnie pour Marie COSTE, sœur du testateur, sa vie durant (Voir page 93).

1.7 - De 1738 à 1760

JACQUES COSTE et sa femme ANNE JALAGUIER

Au moment de la mort de son mari (20 décembre 1738), Louise DESPUECH avait encore avec elle au Mas de COSTE trois de ses enfants : Jacques IV (1712), Louise (1720), et Marguerite (1730). Seule sa fille aînée Marie (1714) avait quitté la maison paternelle : elle avait épousé le 22 juin 1735 Antoine CLAUZEL, marchand tanneur de la ville de St Hippolyte (1). Si l’acte de mariage porte la signature de Louise DESPUECH, celle de son mari y manque et cette absence n’est pas expliquée. Les époux CLAUZEL-COSTE n’eurent pas d’enfants et Marie mourut avant 1762.
Louise COSTE se maria en 1746 avec Guillaume JONQUET, Bourgeois de Moussac. (2) Elle reçut à ce moment une dot de 2500 livres prévue au testament de son père. Son mariage fut béni au désert. Ses enfants furent également baptisés au désert : j’indiquerai plus loin quelles furent en 1750-1752 les conséquences de ces actes pour les époux JONQUET-COSTE. Ce fut chez Louise JONQUET que sa mère Louise DESPUECH se retira en 1761, lorsqu’elle eut, après la mort de son fils Jacques IV, des difficultés avec sa belle-fille Anne JALAGUIER. (3) Louise COSTE mourut en mars 1762 (4), sans avoir testé, laissant trois enfants, Guillaume, Jacques, et Louise. Son mari eut d’assez sérieuses difficultés avec les Coste du Mas de COSTE pour l’exécution du testament de Jacques III (Testament de 1738). (5)

Ce ne furent que ses enfants qui réglèrent avec leur cousin Jacques V toutes les contestations auxquelles ce testament de forme fâcheuse donna lieu.
Marguerite COSTE sa maria enfin en 1758 avec Jean PLANCHON, marchand tanneur habitant le faubourg du Vidourle à St Hippolyte. (6) Elle reçut à ce moment comme ses sœurs les 2500 livres que lui assurait le testament de son père. Son frère Jacques IV lui donna à l’occasion de son mariage un supplément de dot de 500 livres. Elle ne paraît avoir eu qu’une fille Jeanne, dont descendent aujourd’hui à St Hippolyte, Mr Amédée JEANJEAN (époux de Juliette TEISSIER du CROS) et son fils Roger JEANJEAN (époux de Blanche LEVARD).
Enfin, Jacques (IV) COSTE, fils aîné de Jacques III et de Louise DESPUECH, et héritier général de son père, se maria en 1744 avec Anne JALAGUIER, née le 17 juillet 1725, fille naturelle et légitime d’Antoine JALAGUIER et de feue Catherine SIMILY de Lédignan. (7) Par son contrat de mariage, signé à Lédignan, Anne JALAGUIER apportait à son mari une dot de 2000 livres, non compris des « dorures et un cabinet » estimés 300 livres. Ce même oncle Antoine SIMILY qui assistait au mariage, lui donnait le même jour une somme de 3000 Livres. Ce même oncle Antoine devait, quelques années plus tard, donner à sa nièce Anne, une maison à Lédignan, sous réserve qu’elle lui versât une rente viagère annuelle de 75 livres. Enfin, par son testament du 13 septembre 1752, il lui légua 1000 livres. (8)
Quant à Jacques (IV) COSTE, en dehors de ce qui lui revenait de ses parents, c’est à dire en dehors de la totalité des biens paternels, sous réserve des dots futures de ses sœurs Louise et Marguerite, il recevait de sa tante Marie, qui se faisait représenter, au mariage par son neveu Antoine CLAUZEL, la totalité de ses biens, sous réserve de la jouissance de certain d’entre eux, sa vie durant. (9)
Huit ans après ce mariage, Antoine JALAGUIER, père d’Anne dictait son testament (15 septembre 1752). La majeure partie de ses biens revenait à sa fille aînée Jeanne, épouse Jacques FLOUTIER. Il ne léguait aux quatre autres que des sommes insignifiantes. (10)
Si le baptême de Anne JALAGUIER avait été béni à l’Eglise Catholique de Lédignan, son mariage fut béni le 6 novembre 1744 par « François ROUX, pasteur des Eglises sous la croix en « la province du Bas Languedoc », et ce fut au désert que furent baptisés les six enfants qui naquirent de ce mariage, savoir

- Jacques V, né le 8 août 1745, baptisé par le pasteur CLARIS
- Antoine, né le 19 juillet 1748, baptisé par le pasteur CLARIS
- Louise, née le 9 octobre 1750, baptisée par le pasteur ENCONTRE
- Anne (Nanon), née le 20 janvier 1755, baptisée par le pasteur BASTIDE
- Françoise, née le 3 mars 1757, baptisée par le pasteur BASTIDE
- Estienne, né le 4 décembre 1759, baptisé par le pasteur SAUSSINE

Anne mourut à l’âge de 2 ans. Françoise mourut le 17 février 1772 à l’âge de 15 ans chez sa tante maternelle Françoise BECHARD, de Lédignan. Je parlerai des quatre autres enfants au chapitre suivant. (11)
Jacques IV continua la politique de son père et chercha toujours à augmenter l’importance de sa propriété du Mas de COSTE. Il racheta d’abord pour 90 livres à Marguerite AIROLLE, veuve de Jean OLLIVIER de Monoblet, des biens sis au Mas de COSTE et que ce dernier tenait de « sa mère feue Madeleine COSTE ». (12) Comme ces terres étaient extrêmement enclavées dans les propriétés de Jacques (IV), on est en droit de penser que Madeleine COSTE épouse OLLIVIER, était la petite fille de David COSTE dont j’ai parlé page 63. et note 8 correspondante.

Jacques IV acheta ensuite une série de parcelles appartenant à la famille MASSIP : le 21 mars 1750, Jean MASSIP, bourgeois de Nîmes, lui vendait pour 325 livres, trois pièces de terre à Cannes ; le 2 septembre 1756, Jacques MASSIP, de Cannes, lui vendait. pour 150 livres une parcelle située dans le terroir de Cannes. (13) Le 11 janvier 1755, il avait également acquis de Claude SIVADE de Cannes et pour le prix de 200 livres une autre terre à Cannes. (14)
Jacques IV eut, comme ses prédécesseurs, à renouveler les reconnaissances féodales dues pour le domaine de Montvaloux en conformité avec la convention de 1509. (15) Les GUY d’AIREBAUDOUZE avaient disparu avec Dame Henriette Emilie GUY d’AIREBAUDOUZE qui signait « LA SALETE CLAIRAN » en 1681. La Seigneurie de Clairan était alors revenue à Messire Marie Simon de MARIVATZ, avocat au Parlement de Besançon, qui était représenté en 1743 par François PETIT de MARIVATZ, commissaire ordonnateur de Besançon en Franche Comté. Un an après, elle tombait entre les mains de Noble Barthélemy de REVERDY, dernier seigneur de Clairan.

Les Minutes de Me CASSAGNES, notaire à Lédignan, montrent que si Jacques IV utilisait ses capitaux disponibles à acheter des terres, ils lui servaient également à faire de nombreux prêts d’argent soit à des municipalités, soit à des particuliers. Sa situation différait donc sensiblement de celle de son grand-père et il n’avait plus de raisons pour se faire qualifier de « petit laboureur ». (16)

Jacques IV avait conservé des relations avec ses parents MOURET de St Théodorit. Il assista le 10 juin 1757 à la signature du testament de son cousin Jean MOURET époux de Marthe MICHEL (Archives CASSAGNE de Lédignan déjà citées. (XVIII.31.6)
Si à la suite des visites d’Antoine COURT dans les Cévennes le culte protestant avait pu se réorganiser peu à peu dans la combe de Cannes, il ne faudrait pas en conclure que les mesures de rigueur édictées contre les protestants avaient été rapportées. Elles étaient toutes maintenues et appliquées : en voici deux exemples.

Le 8 octobre 1732, le maître et la maîtresse d’Ecole de Clairan furent condamnés à payer chacun 20 livres d’amende pour ne pas avoir envoyé « l’Etat du nombre de fois que les enfants Nouveaux Convertis ont manqué d’assister aux messes et instructions de la Paroisse ». Six ans plus tard, ce sont les Consuls de Clairan qui, à leur tour, sont condamnés à 25 livres d’amende pour ne pas avoir envoyé en temps opportun « l’Etat des enfants N.C. depuis l’âge de 7 ans jusqu’à l’âge de 20 ans qui sont tenus d’assister aux offices divins les jours de fête et dimanches ». Et comme l’un de ces consuls, Estienne PRADES, était de quelques jours en retard pour le payement de l’amende, il dut verser 8 livres de supplément au garnisaire qui logea chez lui pendant 48 heures. (17)
Au cours des années suivantes, la situation s’améliore un peu : c’est la période du mariage de Jacques IV et de sa sœur Louise. Mais à partir de la signature de la paix d’Aix-la-Chapelle (1748), la situation se modifia d’une façon fâcheuse. Le Roi disposait de plus de troupes ; il était obligé de ménager le clergé auquel il demandait des subsides. Les édits un peu oubliés furent alors rappelés aux uns et aux autres ; les assemblées furent pourchassées ; des prisonniers furent faits en divers endroits et on prononça contre eux des condamnations sévères. Ordre fut donné de baptiser les enfants à l’Eglise Catholique et les dragonnades furent reprises pour provoquer les abjurations. Les COSTE n’échappèrent pas aux mesures de rigueur :
« Je ne vous annoncerai pour le moment, écrivait le 25 août 1751 Paul RABAUT à Antoine COURT (18), que de tristes nouvelles…le subdélégué d’Uzès a commencé les vexations…déjà depuis la semaine dernière il a fait arrêter par des détachements de dragons de la garnison de la dite ville…MM JONQUET et Pierre MATHIEU de Moussac ; la plupart de ces personnes ont été arrêtées pour avoir fait baptiser leurs enfants au désert et quelques unes pour avoir changé de religion ». Les condamnations ne tardaient pas d’ailleurs à être prononcées : « Sieur Guillaume JONQUET au lieu de Moussac, diocèse d’Uzès et Demoiselle Louise COSTE sont condamnés par jugement du 9ème septembre 1751 à 2000 livres d’amende et 134 livres 2 sols de frais et 20 livres d’aumône pour s’être mariés au Désert et y avoir fait baptiser deux de leurs enfants. » Il n’est pas sans intérêt de comparer le montant de ces condamnations (2174 livres 2 sols) à l’importance de la dot reçue par Louise COSTE cinq ans auparavant (2500 livres).
A la même époque, au Mas de COSTE, les deux fils aînés de Jacques IV, Jacques V et son frère Antoine, étaient rebaptisés d’office par le prieur PRADES de Cannes (23 février 1752) ; (19) mais ils ne furent inscrits sur les registres des actes religieux de ce prêtre que comme « enfants naturels » de Jacques COSTE et d’Anne JALAGUIER et non comme leurs fils « naturels et légitimes » : le mariage de leurs parents n’avait en effet pas été béni par l’Eglise Catholique.

On ne trouva d’ailleurs dans la famille COSTE personne qui put servir de parrain et de marraine à ces enfants et l’on s’adressa pour ces fonctions au Sr Jacques PRADES, officier major au régiment du Lyonnais, au Sr Gilles PRADES de Montmirat, à la femme de ce dernier et à Delle Marie PRADES, de Sommières, des parents peut-être du prieur PRADES de Cannes.
Comme témoins, on eut recours au Régent des écoles de Cannes, Pierre DUMAS et à son frère Jacques DUMAS, qui avaient déjà assisté comme témoins au mariage catholique de Marie COSTE et d’Antoine CLAUZEL en 1735.
On sait que la reprise violente des persécutions fut sur le point de provoquer un nouveau soulèvement des Cévennes. Il fallut après le meurtre du curé de Ners par le pasteur Barthélemy COSTE (12 août 1752) toute l’autorité de Paul RABAUT pour maintenir l’ordre et la tranquillité dans le Languedoc. Les autorités locales prirent peur et les mesures de rigueur furent atténuées. Mais Cannes notamment conserva pendant quelques années une garnison, ainsi que le prouvent deux réclamations adressées en septembre 1754 par Jacques IV au Vicomte de St PRIEST, intendant du Languedoc, pour arriver à se faire payer « les fourniture de chandelles et de bois de chauffage » faites en vertu de l’adjudication du 15 avril 1754 au corps de garde de la Compagnie qui est actuellement en garnison au dit Cannes. (20)

Mais malgré toutes les persécutions, on avait à peu près complètement cessé dans la paroisse de Cannes de s’adresser aux prêtres catholiques pour les baptêmes, les mariages et les enterrements. D’après le registre des actes religieux du Prieur de Cannes, il ne fut célébré dans cette paroisse de 1749 à 1755, soit en 7 ans, aucun enterrement catholique. Cinq mariages seulement et dix baptêmes furent bénis dans l’Eglise Catholique pendant la même période. Quant au nombre des enfants rebaptisés, il se réduit à six (années 1751 et 1752) (deux COSTE, trois COUTELLE et un CLEMENT). Il faut remonter aux années 1675 à 1680 pour retrouver des chiffres aussi faibles. L’action d’Antoine COURT et de Paul RABAUT avait des résultats plus durables que celle de BAVILLE et de MONTREVEL.

NOTES RELATIVES AU CHAPITRE VI

1 | Voir pour l’acte de mariage le « registre des actes religieux du prieur de Cannes. » Mariage catholique auquel assistent comme témoins Pierre DUMAS « précepteur de la petite jeunesse de Cannes » et son frère Jacques DUMAS, qui quelques années plus tard (1752) devaient servir de témoins au baptême catholique de Jacques V et d’Antoine COSTE (Voir pièces XVIII. 20 et 30b.)
Pour la descendance de Marie, voir « livre de famille » de Jacques V (pièce XVIII.97a.) ; pour son décès voir Convention du 1er février 1762 (pièce XVIII.46).

2 | Contrat de mariage du 22 août 1746, cité dans un mémoire annexe à la Convention du 13 juin 1793 (pièce XVIII.87). Voir au sujet du nom de Jonquet le récit des supplices de Louis Jonquet de St Chaptes, dans l’Histoire des Camisards de Court de GEBELIN. Tome pages 215 et 2335 et tome C p. 184. Jonquet avait été un des principaux officiers de CAVALIER. JC fut pris en même temps que CATINAT et VILAS et exécuté avec eux en avril 1705.

3 | Voir Mémoires relatifs aux procès de 1761 (pièce XVIII.38.)

4 | Voir convention du 13 juin 1793 (pièce XVIII.87). Les trois enfants de Louise sont cités au testament de leur grand-mère Louise DESPUECH, 10 janvier 1769 (pièce XVIII.53).

5 | Idem. Transaction et quittance des 22 août 1761 et 21 septembre 1762, rappelée dans la convention du 13 juin 1793 (pièce XVIII, 87).

6 | Contrat de mariage du 21 août 1738, reçu DADRE Not. à St Hippolyte, cité dans la transaction du 11 septembre 1761 (pièce XVIII.42). Jeanne PLANCHON est citée au testament de sa grand-mère Louise DESPUECH (Pièce XVIII.55).
Jeanne épousa Paul-Théodore PLANCHON, et lui donna une fille Adèle, qui se maria avec Lévi JEANJEAN. Les époux JEANJEAN PLANCHON eurent une fille qui épousa Mr Adrien JEANJEAN de St Hippolyte, père d’Amédée JEANJEAN (époux Juliette TEISSIER DU CROS) et grand-père de Roger JEANJEAN (époux Blanche LEVARD). Roger n’a pas de descendance. Lettre du 28 décembre 1923 d’Amédée JEANJEAN (pièce XVIII.42).

7 | Voir certificat de baptême catholique d’Anne JALAGUIER du 22 juillet 1725 (pièce XVIII.16) et contrat de mariage, reçu CASSAGNES, not. à Lédignan, du 28 juin 1744 (pièces XVIII.28 et 29).
Le nom de JALAGUIER (orthographié souvent JALLAGUIER et JALAGIER) revient constamment dans les papiers COSTE. Ainsi le 17 janvier 1498, François JALAGUIER donnait quittance de certaines redevances de l’Eglise de Clairan (pièce XV.6) ; Antoine JALAGUIER vivait à Lédignan en 1504 (pièce XVI.3) ; Raymond JALAGUIER, prêtre, y vivait en 1511, 1512 (id) ; et Louis JALAGUIER en 1532 (id) ; Jehan JALAGUIER, fils à feu Claude, de Clairan donnait en 1572 sa procuration à son beau-frère Antoine COSTE de Colombeirol (XVI.8.a.) En 1618, le baille de Cassagnoles s’appelait Antoine JALAGUIER (XVII.6). En 1668 et en 1675, le baille de Tornac, qui travailla au Compois de Cannes de 1668 et qui servit de témoin dans une vente intéressant les COSTE s’appelait Pierre JALAGUIER (XVII.34 et 38). On a vu enfin que Jean COSTE, fils de David COSTE, du Mas de COSTE, avait épousé Marie JALAGUIER (XVII.66. Acte de mariage COSTE VALETTE du 20 juin 1689). Voir aussi pour les JALAGUIER de Quissac Pièce XVII.N°2.
Au XVIIIème siècle, il y avait de très nombreux JALAGUIER à Lédignan (voir Minutes du Not. CASSAGNES (pièce XVIII.31.b). L’un de ces JALAGUIER, Antoine, négociant à Lédignan, avait épousé Catherine SIMILY : les époux JALAGUIER-SIMILY laissèrent 5 filles, savoir :
Jeanne, épouse Jacques FLOUTIER, de Lédignan ;
Françoise, épouse Jean BECHARD, de Lédignan ;
Louise, épouse Claude MOURGUE, de Lézan ;
Anne, épouse Jacques V COSTE, du Mas de COSTE ; et Catherine , épouse Jean SAUSSINE, de Lédignan.
Voir : 13 septembre 1752, ouverture du testament d’Antoine SIMILY, frère de Catherine SIMILY ; 15 septembre 1752, testament d’Antoine JALAGUIER ; et 22 février 1779, dépôt du testament de Françoise JALAGUIER ép. BECHARD. (XVIII 31.6).

8 | Acte reçu CASSAGNES. Not. à Lédignan du 20 mars 1749 (XVIII.31.a) et testament du 13 septembre 1752 (XVIII.31.b).

9 | Acte reçu CASSAGNES, Not. à Lédignan du 26 juin 1744 (XVIII.27.)

10 | Voir pièce XVIII.31.b. test. du 15 septembre 1752.

11 | Voir certificat de mariage au Désert du 6 novembre 1744 (pièce XVIII30a.) Livre de famille de Jacques V (XVIII.97a). Certificat de baptême de Jacques V et d’Antoine des 8 août 1745 et 23 février 1752 (Pièce XVIII 30b). Voir aussi les originaux des certificats de baptême encadrés au Mas de COSTE.

12 | Acte reçu ASSENAT Not. Roy. de la ville et Viguerie de Sommières. 17 nov. 1740. Droit de Lods payé au Comte de NARBONNE PELET le 20 avril 1743 signé « Le Cte de NARBONNE PELET Pièce XVIII.25a.

13 | Actes reçues NIEL Not. à Sommières (21 mars 1750) et ASSENAT Not. à Crespian (27 sept. 1756). (Pièce XVIII. 32 et 35). Au premier acte sont intervenus Antoine SIMILY et son neveu Jacques FLOUTIER. Pour la seconde vente les droits et lods sont acquittés par VALZ « féodiste ».
Se reporter pour l’acte de 1750 à la note 23 de la page 98, (Jean MASSIP, bourgeois de Nîmes).

14 | Acte du 11 janvier 1755 reçu François ASSENAT, Not. à Crespian. Lods reçu par VALZ « féodiste ». Pièce XVIII.34.

15 | Voir Pièces XVII 42 et XVIII 31.b : acte du 4 avril 1741 établissant que Simon de MARIVATZ, avocat au Parlement de Besançon, représenté à ce moment par François de MARIVATS, était héritier de feue dame Henriette, Emilie GUY D’AIREBAUDOUZE. Reconnaissance féodale de « Jacques COSTE de la méthérie de COSTE » du 4 avril 1743 et du 22 octobre 1744 (XVIII.31.b).
Voir aussi notification du 3 mai 1743 Pièce XVII.N°36.
Vers la même époque Jean COSTE de Montmirat, fils d’autre Jean, (22 décembre 1742), André CLEMENT de Cannes (4 avril 1743 et Jacques COSTE, travailleur de terre à Montpezat, Estienne VALETTE de Parignargues, mari de Marie COSTE, et Françoise COSTE, veuve d’Estienne GAUTHIER de St Phélix (sic), (9 juin 1743) renouvellement des reconnaissances féodales pour des terres à Clairan ayant motivé la transaction de 1509 et la reconnaissance de 1633 (XVIII. 31b).

16 | Voir pièce XVIII 31b. Prêt de 142 livres à St Jean de SERRE (3 novembre 1744), de 800 livres à CASSAGNOLES (25 nov. 1748) Prêts à des tiers : 15 sept. 1744, Ier nov. 1750, 1er nov. 1751, 14-15 juin 1752, etc. Parmi les autres actes auxquels participa Jacques IV, je citerai le testament de son cousin Jean MOURET de St Théodorit, 10 juin 1757. Il s’agit là d’un descendant de Jeanne COSTE qui avait épousé en 1666 Claude MOURET (XVIII 31b).

17 | Extrait des archives PRADES de Clairan (XVIII.25.b).

18 | Voir : DARDIER, Lettres de Paul RABAUT T.II. page 157. et bulletin de la Sté du Protestantisme Français XLIV page 140.

19 | Certificats de baptême de Jacques V et d’Antoine COSTE. (Pièce XVIII.30b).

20 | Suppliques de Jacques IV COSTE : 1754-1755 (pièce XVIII. 33 et 33b). A Lédignan, il y avait également une garnison qui utilisait comme caserne la maison donnée à Anne JALAGUIER par son oncle SIMILY. Anne reçut (6 avril 1756) 288 livres pour valeur du loyer de cet immeuble, et des dégradations causées par les troupes. (acte reçu CASSAGNES Not. (XVIII. 31b).

1.8 - De 1761 à 1812

JACQUES V COSTE et MARGUERITE JALAGUIER

Jacques IV COSTE avait signé son testament le 11 avril 1761 (acte reçu Me Pierre NIEL, avocat et notaire royal de la ville et Viguerie de Sommières, en présence de Noble Barthélemy de REVERDY, Seigneur de Clairan). Il donnait une salmé et demi de blé aux pauvres de la paroisse, assurait à ses enfants Antoine, Etienne, Louise et Françoise ce à quoi ils avaient droit, et nommait pour ses héritiers généraux et universels son fils aîné Jacques V et sa femme Anne JALAGUIER. Trois jours après, (14 avril) il mourait à l’âge de 45 ans, sans que le curé de Cannes ait été appelé en temps voulu pour pouvoir lui administrer les derniers sacrements. La sépulture ecclésiastique lui fut par suite refusée, et il fallut que sa veuve s’adressât à Me Pierre NIEL, qui remplissait les fonctions de juge des terres de Mr le Vicomte de Narbonne, pour que le décès fût constaté et pour que le permis d’inhumer fut accordé. (1)

Jacques IV laissait au Mas de COSTE sa mère Louise DESPUECH et sa femme Anne JALAGUIER avec 5 enfants, dont l’aîné avait 16 ans et le dernier 16 mois à peine. Entre belle-mère et belle-fille des difficultés éclatèrent bientôt. Louise DESPUECH exhiba un engagement signé par son fils lors de son mariage (1744) en vertu duquel elle avait droit, en plus des avantages que lui reconnaissait alors officiellement son fils, à une rente viagère de 60 livres. Elle s’en dessaisit d’abord au profit de son petit-fils Jacques V puis exigea qu’on la lui restituât. Ensuite elle « décampa furtivement de la maison de son fils » et alla s’installer à Moussac, chez sa fille Louise JONQUET, et réclama alors et les avantages de 1744 et la rente viagère de 60 (2). Ces difficultés durent d’ailleurs s’aplanir peu après, et Louise JONQUET étant morte en mars 1762, Louise DESPUECH regagna le Mas de COSTE, sans que l’on retrouve de traces de transaction entre belle-mère et belle-fille.
L’examen que l’on fit alors du testament de Jacques III de 1738 montra qu’une série de vices de forme le rendaient nul.

Louise JONQUET et Marguerite PLANCHON demandèrent en conséquences la révision du partage des biens de leur père, qui, par suite de la nullité du testament de 1738, se trouvait être mort sans avoir testé. Les parties reconnurent assez vite que le partage du Mas de COSTE était impossible ; ni Louise, ni Marguerite ne paraissaient d’ailleurs désireuses d’avoir des terres loin de Moussac et de St Hippolyte. Dans ces conditions Anne s’engagea à verser 500 livres à sa belle-sœur Louise JONQUET, et 600 livres à sa belle-sœur Marguerite PLANCHON, et moyennant ces versements supplémentaires, Louise et Marguerite reconnurent la validité du testament de leur père du 18 décembre 1738. Mais entre la signature de ces transactions (22 août et 11 septembre 1761) (3) et celle des quittances correspondantes (1er février et 21 septembre 1762), Louise JONQUET mourait (mars 1762) laissant trois enfants mineurs. Ceux-ci se prévalurent plus tard de ce fait pour prétendre que leur père ne pouvait transiger pour eux. Ils intentèrent un nouveau procès à leur oncle, et pour clore cette affaire Jacques V, après s’être fait donner une consultation sur ce sujet, leur versa 6000 livres à se partager (13 juin 1793) (4).

La fille aînée de Jacques III, Marie COSTE, épouse CLAUZEL, ne participa pas à ces réclamations. Elle n’avait pas été nommée au testament de 1738, et était morte avant 1761 sans avoir laissé d’enfants. Après sa mort, son mari Antoine CLAUZEL, maître tanneur à St Hippolyte, reçut de sa belle-sœur Anne JALAGUIER la somme de 50 livres, pour solde de celle de 150 livres correspondant à l’augment dotail donné au Sr CLAUZEL « par sa femme », dans son contrat de mariage. (5)
Seule avec de jeunes enfants, Anne JALAGUIER ne put songer à exploiter elle-même le Mas de COSTE. Elle l’afferma à mi-fruit le 19 août 1761, pour 4 ans, à Laurens CHAUDAUREILLES, de Cannes (6). Le bail très détaillé montre que le Mas de COSTE comportait alors un troupeau de 300 bêtes à laine, que l’on y récoltait des céréales, de l’huile et du vin, et que l’on y élevait des vers à soie. Le fermier occupait 4 bêtes et Anne se réservait le droit d’en avoir deux pour son usage personnel. La remise du bétail et des agrès fut effectuée le 20 septembre 1761 ; leur valeur fut fixée le même jour. Un état des lieux fut dressé à la même époque par deux experts.
Cette location faite, Anne résida une partie du temps à Lédignan. C’est là, au début de 1763, que Jacques V tomba assez gravement malade pour qu’il ait paru nécessaire de lui faire faire son testament (7).

Anne songea de bonne heure à assurer un gagne pain à ses plus jeunes fils. Le 12 novembre 1763, Antoine entrait en apprentissage chez Mr GIRARD, négociant en drap, à Nîmes (8), qui s’engageait à « le garder deux ans, à le nourrir à sa table, à le loger et à ne lui rien cacher de tout ce qui regardait son commerce », et cela pour le prix de 200 livres par an. Anne n’eut pas le temps d’en faire autant pour son troisième fils Etienne, qui était encore trop jeune ; mais par son testament de 1766, elle lui légua « un métier, ou l’apprentissage du dit métier suivant son état, qui lui sera donné lorsqu’il aura atteint l’âge de l’apprendre. »
Ce fut pour se conformer à ce désir que Jacques V plaça Etienne quelques années plus tard en apprentissage chez son frère Antoine (9), alors négociant en drap à Nîmes. Antoine et Etienne s’associèrent par la suite et la maison COSTE subsista à Nîmes jusqu’au milieu du XIXème siècle.

Anne JALAGUIER ne put s’occuper longtemps de ses enfants. Malade en fin 1765, alors qu’elle était âgée de 40 seulement, elle fit son testament au Mas de COSTE le 5 janvier 1766 (10) et mourut le 8 janvier. Par ce testament, elle fixait à 4000 livres par enfant les droits de légitime paternelle et maternelle d’Antoine, d’Etienne, de Louise et de Françoise, cette somme devant leur être payée à leur majorité, ou, pour les filles, au jour de leur mariage. A titre de legs particulier, elle leur donna à tous quatre et jusqu’au jour de leur mariage, la jouissance de deux chambres de sa maison de Lédignan, puis à Etienne un métier ou l’apprentissage du dit métier, et à Françoise et à Louise des meubles, hardes nippes et dorures qui devaient leur être remises par sa sœur Françoise JALAGUIER, épouse de Jean BECHARD de Lédignan. Son héritier général et universel était son fils aîné Jacques V.
Le règlement de ce testament souleva encore des difficultés. Jacques V et Antoine s’étaient mis d’accord (11) après la mort de leur sœur Françoise, décédée ab intestat le 17 février 1772 à Lédignan, et Antoine avait donné quittance à Jacques V de la somme de 5000 livres lui revenant, savoir 4000 livres prévues au testament de leur mère et 1000 livres pour la part d’Antoine dans la succession de sa sœur Françoise. Etienne bénéficia du même traitement le 19 novembre 1782. Mais moins de 10 ans après, Antoine prétendit avoir été induit en erreur par son frère Jacques V et il demanda la cassation de l’accord du 1er février 1774. Etienne se prépara à en faire autant. L’affaire engagée devant les tribunaux fut arrêtée par une transaction (26 février 1786) (12), conformément à laquelle Jacques V remit à chacun de ses frères un supplément d’héritage de 3000 livres.

Louise DESPUECH survécut trois ans à sa belle-fille. Son testament fut rédigé au Mas de COSTE le 10 février 1769. Elle ne fit que des legs particuliers insignifiants (5 sols, suivant la coutume) à chacun de ses petits-enfants Antoine, Estienne, Louise et Françoise COSTE, Guillaume, Jacques et Louise JONQUET et Jeanne PLANCHON, et elle désigna pour son héritier général son petit-fils Jacques V. Elle mourut le 11 août 1769 à l’âge de 83 ans, après avoir vu disparaître avant elle son mari et tous ses enfants. (13)
Dix-huit mois après le décès de sa mère, Jacques V, qui vivait alors au Mas de COSTE avec sa grand-mère, épousa Marguerite JALLAGUIER, fille de Louis JALAGUIER d’Arlus et d’Elisabeth CONDUZORGUES, mariés et domiciliés à Quissac (14). Marguerite était née le 1er septembre 1742 et avait été baptisée, ainsi que sa sœur jumelle Constance, le 4 septembre 1742 en l’église paroissiale St Faustin de Quissac (15). Le contrat de mariage des époux COSTE-JALLAGUIER fut signé le 16 juin 1767. Marguerite apportait en dot à son mari 7000 livres, dont 6500 en espèces et 500 en meubles et dorures. Au contrat signaient Jean BECHARD, de Lédignan, oncle du futur, qui se faisait fort de faire approuver le contrat par Louise DESPUECH, et Pierre CONDUZORGUES, grand-père maternel de la future. Le mariage fut béni le 7 août 1767 par le pasteur MATHIEU (16). Un an après Mr MATHIEU baptisait le premier enfant des époux COSTE-JALLAGUIER (Louise née le 25 juin 1768). Deux autres enfants devaient naître de cette union : Jacques VI le 28 octobre 1771 (baptisé par Mr PERIER, pasteur de Lédignan), et Françoise née le 24 février 1777 (baptisée par Mr BOVET, pasteur). (17)
Les enfants des époux COSTE-JALLAGUIER n’avaient reçu aucun baptême catholique. Leurs parents avaient été mariés au Désert. Jacques V fit régulariser leur situation et la sienne dès la promulgation de l’Edit de Tolérance de novembre 1787 (Déclaration faite le 15 mai 1788 (18) devant Noble Jacques de BARTHES, juge mage, Lieutenant général né en la Sénéchaussée et Présidial de Montpellier, dans la maison de MM AUBANEL, négociants à Sommières).
Trois ans après le mariage de Jacques V, sa sœur Louise COSTE épousait Louis JALLAGUIER d’Arlus, frère de sa belle-sœur Marguerite. Le contrat fut signé le 24 avril 1770, et le mariage fut béni par le pasteur BOVET le 18 novembre 1770 (19). Louise COSTE n’eut jamais d’enfants. Elle recueillit en 1774 (20) l’héritage de sa sœur Françoise, décédée le 17 février 1772. Malade au début de 1778, elle fit son testament le 20 mars 1778 (21). Elle légua 1000 livres à chacun de ses frères Antoine et Etienne, partagea ses « nippes, ardes et linges » entre ses nièces Marguerite et Louise COSTE. A titre spécial, elle laissa son clavier à Marguerite et des bijoux et un cabinet bois noyer à Louise. Louis JALLAGUIER son mari, avait la jouissance de tous ses biens en argent à la condition de vivre en viduité. Son frère Jacques V était son héritier universel. Peu de jours après, le notaire JALLAGUIER, qui avait rédigé ce testament, avisait son « cousin COSTE » du décès de Louise (22).
Moins de 18 mois après le décès de Louise COSTE, Louis JALLAGUIER D’ARLUS se remariait avec Marguerite DUMAS, fille de Claude DUMAS, négociant, et d’Elisabeth VALZ, de Sommières. La signature du contrat de mariage (10 septembre 1779 (23) mettait en jeu toute une série de clauses du contrat de mariage et du testament de Louise COSTE. Louis JALLAGUIER dut restituer à Jacques FLOUTTIER (ailleurs FLOUTIER), négociant à Lédignan (24), et héritier général de Françoise JALAGUIER, épouse de Jean BECHARD de Lédignan, 2000 livres, que cette dernière avait données à sa nièce Louise, à l’occasion de son mariage. Antoine et Etienne COSTE réclamèrent les 1000 livres qui leur étaient dues en vertu du testament de leur sœur. Ils ne durent recevoir au début que les intérêts de ces sommes, car ce ne fut qu’en 1790 qu’ils donnèrent à leur beau-frère des quittances définitives.(25) Enfin, Jacques V éprouva certaines difficultés à faire exécuter la clause de la « viduité », car le 27 juin 1782 Me ALDEBERT de Nîmes, lui remettait encore une consultation sur ce point (26). Le règlement définitif ne fut effectué que 6 ans plus tard : Louis JALLAGUIER régla alors tout ce qu’il pouvait devoir, capital et intérêts, sut la dot de Louise COSTE, sur la succession de son père Louis JALAGUIER d’ARLUS et sur celle de ses grands-parents maternels Pierre CONDUZORGUES et Marguerite MARAZEL : le montant total de ce qui revenait à des titres divers à Jacques V fut fixé à 7415 livres (27).
Malgré les difficultés dont je viens de parler, les rapports entre les COSTE du Mas de COSTE et les JALLAGUIER de Quissac restèrent bons. Jacques V et Antoine avaient signé au contrat de leur beau-frère Louis JALAGUIER avec Marguerite DUMAS, et leurs enfants conservèrent des rapports de cousinage avec les enfants des époux JALLAGUIER-DUMAS. Ceux-ci étaient d’ailleurs nombreux :
Louis (1er septembre 1780)
Marguerite (10 août 1782)
Eléonore (18 octobre 1784)
Théodore (14 décembre 1786)
Prosper-Frédéric (5 Fructidor an III-24 aoput 1793)
Auguste (7 Messidor an VI – 26 juin 1798).
Mariages et baptêmes ayant tous été exclusivement protestants, Louis JALLAGUIER D’ARLUS dut régulariser la situation de ses quatre premiers nés dès la publication de l’ordonnance de 1787. Cette régularisation fut faite à Quissac le 27 juin 1788 par devant Noble Jacques de BARTHES, celui-là même qui quelques semaines auparavant, avait reçu à Sommières les déclarations correspondantes de Jacques V (28).

Louis JALLAGUIER D’ARLUS testa le 28 avril 1802. Son troisième fils Prosper devint pasteur, puis professeur à la faculté de Montauban. De son mariage avec Clara MUSTON il eut un fils, Prosper qui épousa Melle Lucile GARRISON, et qui remplit pendant de longues années les fonctions d’agent général du Consistoire de Paris. Je l’ai souvent vu (le cousin JALAGUIER), chez mes parents, entre 1870 et 1880. Parmi ses nombreux enfants, je citerai le docteur Adolphe JALAGUIER, (+ 1924), Paul JALAGUIER, qui succéda à son père au Consistoire de Paris, Maria JALAGUIER qui épousa Henri BOSSON, officier du génie, (le commandant BOSSON + 1929), Hélène JALAGUIER, qui épousa Marc BRUNETON (voir page 129), et claire JALAGUIER qui épousa Prosper YVER.

Madame Veuve DELAGE-JALAGUIER, propriétaire d’Arlus et de la maison de famille de Quissac, et dans les papiers de famille de laquelle j’ai puisé une partie des renseignements qui précèdent, était à la fois petite-fille de Théodore et d’Auguste JALAGUIER.
Au moment où Jacques V en prit possession, le Mas de COSTE constituait déjà une propriété assez importante : cela résulte bien et de l’inventaire fait au lendemain du décès de Jacques IV et du bail à mi-fruit passé en 1761 avec Laurens CHAUDAUREILLES (29). Jacques V n’en continua pas moins à augmenter son domaine : la tranquillité que retrouva le Languedoc à partir de 1760 et la prospérité qui en fut la conséquence, facilitèrent ses efforts.
Déjà, le 22 septembre 1761 (30) sa mère se faisait céder aux Cadenèdes une parcelle inculte dont le propriétaire ne pouvait plus payer les tailles. Sept ans plus tard, il achetait à Marc Antoine MASSIP, Docteur en médecine à Montpellier diverses terres dépendant des NARBONNE-PELET et des CLAIRAN. (31) Le 5 novembre 1774, il acquérait pour 400 livres d’Antoine DUMAS, de Cannes, deux terres d’une superficie totale de 10 quartes (31). Puis, en 1776, pour faciliter ses cultures, il échangeait diverses terres avec Jean MASSIP, de Cannes (33), et achetait, par l’intermédiaire de Louis COUTELLE, de Vic, une mesure ruinée attenant au Mas de COSTE, et deux petites terres contiguës de 7 dextres appartenant à Pierre GILLY, fils de Claude, et époux d’Anne DURAND, lequel Pierre GILLY quittait Cannes pour s’établir à Calvisson (34). D’après la description qu’en donne un rapport d’experts de 1777, cette mesure était inutilisable ; mais son acquisition faisait disparaître au Mas de COSTE des enclaves et certains droits communs sur un four et une fontaine qui pouvaient gêner les projets de Jacques V et qui en 1764 (35) avaient déjà créé des difficultés à Anne JALAGUIER. Quelques années plus tard Jacques V procédait en effet à des réparations importantes au Mas de COSTE : la porte d’entrée actuelle du mas de COSTE, côté ferme, avec sa grille aux initiales « J.C. » et sa date « 1784 » en sont la preuve.

En 1783, il acquit encore de Jeanne BRUGUIERE, veuve de Jean DURAND, de Cannes (36), deux autres terres pour 550 livres. Quatre mois après, 15 janvier 1784, il échangeait diverses terres à Cannes, à Clairan et à l’Almerade avec Gabriel COSTE de Montmirat, fils et héritier de feu François COSTE, et faisait ainsi disparaître encore certaines indivisions existant entre Gabriel COSTE et lui. (37) Il reprenait ainsi certaines terres que le partage de 1639 avait enlevées aux possesseurs du Mas de COSTE. Enfin, le 30 juillet 1786 (38), il achetait encore à Jean DURAND, de Cannes, pour 600 livres, une terre de 11 cartes provenant encore des biens du Docteur MASSIP. (voir acquisition du 30 juillet 1769).
Mais Jacques V ne se contenta pas de s ‘enrichir et d’augmenter sa propriété. Il voulut acquérir lui aussi des terres nobles assurant un titre à lui et à ses successeurs : c’était là le seul moyen qu’on put envisager alors pour assurer définitivement la situation d’une famille et la signature de l’Edit de 1787 permettait enfin aux protestants d’arriver à cette solution C’est là ce qui dut le décider à acquérir le 5 septembre 1787 et pour le prix de 12000 livres, plus de 400 livres pour les cabaux, le domaine de CASTIGNARGUES, appartenant à Noble Barthélemy de REVERDY, Seigneur de Clairan (39).

Dans les bois compris entre S Théodorit, Bragassargues, Clairan, Cannes et Sérignac, il existait déjà au XIVème siècle, deux habitations, portant l’une le nom de la Salète, l’autre celui de Castignargues. Le terroir de la « Salète » est cité dans un acte de bornage des juridictions de Cannes et de Sérignac du 4 janvier 1313 (40) (Borne plantée au collet de Salète entre la montagne de Malbousquet et la montagne appelée Argèle). Un acte du 31 mars 1390 porte l’annotation suivante : « acta, sunt in manso de Saleta, parrochie S. Saturnini de Clairano, Uticensis diocezis, in hospitio Petri de Salete, testibus presentibus… Guilhelmo de Crozo (Guillaume DUCROS), mansi de Castinhanacis, dicte parrochie de Clayrano… (41) » La situation du Mas de la Salète, aujourd’hui disparu, se déduit d’un acte de 1484, où il est parlé du « valet descendant du Mas de la Salète et tendant vers le lieu de cannes de bise » (42). Ce mas devait donc se trouver aux abords de l’endroit occupé aujourd’hui par les ruines d’une vielle bergerie de la parcelle 178 section A du cadastre de Cannes. Vingt cinq ans auparavant, 1459, SALVATOR de CROZO, mansi de Castinhanicis, « parrochie sancti Sturnini de Clayrano », avait traité avec l’évêque de Maguelonne, Seigneur de Bragassargues, et avait obtenu de lui certains droits de dépaissance pour ses troupeaux dans les bois de Braguassargues moyennant « deux écus d’or au coin du Roy » et chaque année à la Noël « deux perdrix bonnes et suffisantes ». (43)

Les terres de Castignargues et de la Salète (La Salette) revinrent par la suite à la branche de la famille d’AIREBAUDOUZE à laquelle appartenait la Seigneurie de Clairan. Noble Claude Guy d’AIREBAUDOUZE, Seigneur de Clairan, afferma à mi-fruits pour six ans sa propriété de Castignargues à Pierre DUMAS, fils d’autre Pierre, de Cannes (44). Son fils aîné Jean Guy d’AIREBAUDOUZE renouvela le 13 avril 1666 la reconnaissance du 15 XII 1459 en faveur des Seigneurs de Bragassargues (45). Son troisième fils, François, capitaine d’infanterie, (1654), porta le titre de « seigneur de la Salete » et signait « LA SALETE DE CLAIRAN » au mariage de sa nièce (décembre 1681) (46). La branche des AIREBAUDOUZE de Clairan s’étant éteinte, la Seigneurie de Clairan et les terres de Castignargues revinrent à Barthélemy de REVERDY. (47) Vers 1770, sa propriété de Castignargues étaient arrantée pour 400 livres par an à Jeanne COSTE, fille de Jean COSTE de Quissac : « personne libre et émancipée du dit Sr COSTE son père » qui la sous-louait à son tour. (48) Mais incapable d’entretenir son bien, Barthélemy de REVERDY se voyait obligé de la vendre en 1787 et l’état des lieus dressé par experts nommés par le vendeur et l’acheteur, montrait bien le déplorable état dans lequel cette propriété était tombée et justifiait la modicité du prix d’achat. (49)
Cette acquisition permit aussitôt à Jacques V d’inscrire au dos d’un acte du dossier d’achat de Castignargues ; « la dite pièce à présent relève du sieur COSTE, Seigneur de la Salette » ou de faire suivre son nom des mots « Seigneur de Castignargues » dans un acte notarié. Sur divers reçus de sa main, on retrouve deux signatures accolées « COSTE » et « de la SALETTE ».

Mais la situation politique ne permit pas à Jacques V de conserver ces titres : tous les papiers concernant la Salette furent détruits avant 1792 ; seules quelques pièces concernant Castignargues furent conservées. Il eut été difficile au « citoyen Jacques COSTE » maire de Cannes sous la Terreur, et qui avec l’appui du représentant du peuple BORIE, installait à Cannes le culte de la Raison, de rappeler les titres de noblesse acquis quelques années auparavant.
Barthélemy de REVERDY mourut peu après avoir vendu Castignargues. Son gendre et sa fille, Mr et Mme ASSENAT, essayèrent de faire annuler l’acte du 5 septembre 1787 comme entaché de « lésion de plus de la moitié du juste prix ». L’affaire engagée en fructidor an V, donna lieu à nomination d’experts (rapports de floréal et de pluviôse an VII. Rapport du tiers expert du 15 pluviôse an VIII). Un jugement du tribunal civil du Vigan du 1er Messidor an XII débouta les consorts ASSENAT, pour vice de procédure. (51)
Au cours de la Révolution, Jacques V fit encore des acquisitions importantes. En 1790, il acheta une partie du moulin à huile de Montmirat, ce qui devait permettre ultérieurement de supprimer le moulin à huile du Mas de COSTE. (52) Puis lorsque les biens d’églises furent mis en vente, il en acquit une partie importante. Les biens de Clairan lui furent adjugés pour 2000 livres le 18 janvier 1791. Il en rétrocéda, le 27 avril 1791, une partie pour 1000 livres à divers habitants de Cannes et de Clairan. Le prix de cette acquisition ne fut entièrement réglé que le 6 mai 1807. (53) Les ruines de l’Eglise Saint Saturnin de Clairan (La Gleysas) lui furent enfin adjugés le 5 Germinal an V pour le prix de 50 fr. Il acquit encore plus tard d’autres biens nationaux dépendant de l’Eglise de Jouffe et situés dans la commune de Montmirat.
Pendant que Jacques V augmentait ainsi son domaine dans la région de Cannes, il liquidait les biens qu’il possédait à Lédignan et à Quissac et qui provenaient des successions d’Anne JALLAGUIER sa mère, et de Louis JALLAGUIER D’ARLUS, son beau-père. Les lois exceptionnelles concernant la vente des biens des protestants était encore en vigueur, il eut en particulier à demander à l’Intendant du Languedoc l’autorisation d’aliéner des biens à Quissac(valeur 1200 livres) (54) et cela fait il les vendit le 1er janvier 1783 à son beau-frère Louis JALLAGUIER D’ARLUS. Quant aux propriétés de Lédignan, elles furent vendues le 16 septembre 1783, au prix de 3350 livres, à Antoine BONNET de Lédignan. (55)

Au début du XIXème siècle, les propriétés de Jacques (V) COSTE sur la seule commune de Cannes et Clairan, occupaient 178 arpents, 10 perches, 18 mètres carrés (170h, 10a, 18ca). Leur revenu cadastral était fixé à 3.195 f 41, , somme qu’il y avait lieu de majorer de 112 f pour le revenu cadastral des habitations du Mas de COSTE et de Castignargues, et du Moulin à huile du Mas de COSTE. Il n’y avait pas alors d’habitation à Costeplane. La fixation de ce revenu avait provoqué des réclamations : un arrêté du 23 avril 1811 du Préfet du Gard les régla définitivement. (56)
De son mariage avec Marguerite JALLAGUIER, Jacques V COSTE eut trois enfants, savoir :
Louise, née le 25 juin 1768, baptisée par le pasteur MATHIEU, le 26.
Jacques VI, né le 28 octobre 1771, baptisé par le pasteur PERIER le 10 novembre
Françoise Marguerite, née le 24 février 1777 et baptisé par le pasteur BOVET le 4 mars de la même année.
Il ne sera question ici que de Louise et de Françoise.

1°) Louise COSTE
Le contrat de mariage de Louise COSTE avec David COLOMB, négociant à Nîmes, fils de feu Louis et de François NICOLAS, a été reçu au Mas de COSTE par Me ALBARET, Notaire à Sommières, le 21 fructidor an 11 (57), quelques jours seulement après la libération d’Antoine COSTE. Louise recevait de son père à l’occasion de ce mariage « des dorures et bijoux » évalués 2000 livres et 30.000 livres en assignats ayant cours. Assistaient à ce contrat en qualité de témoins, le citoyen Charles, Octavien JALABERT, agent Salpétreur du district de Sommières, dernier prêtre assermenté de la paroisse de Cannes, Françoise COSTE a signé Fany COSTE au contrat de sa sœur.
Louise COSTE mourut le 3 vendémiaire an IV dans la maison de son mari à Nîmes, et sa dot fut restituée à son père. Jacques V a noté en marge du contrat de mariage de sa fille Louise : « 40 mille livres d’assignats que je donnai à COLOMB, valait 42 livres le cent qui montait 16600 livres, et j’ai eut la bétige de les prendre qu’il ne vaut pas 400 livres. »

2°)Le contrat de mariage (58) de Françoise COSTE (elle signait Fany), avec François BONAVENTURE OLLIVIER, négociant de Nîmes, fils de feu François OLLIVIER, négociant et d’Elisabeth POURRAT, a été reçu par Me Jacques BONNEAUD, Notaire à Nîmes, dans la maison d’Antoine COSTE négociant, oncle de la future, le 9 nivôse an V (29 XII 1796).
Françoise COSTE recevait en dot de son père le domaine de Castignargues pour en prendre possession au décès de celui-ci. Jusqu’à cette date, Jacques V payait à sa fille une rente annuelle de 1200 livres en écus de 1790. Françoise pouvait d’ailleurs au décès de son père, échanger Castignargues contre la somme de 25000 écus, valeur de 1790. La rente due à Françoise lui fut régulièrement payée par son père ainsi que le prouvent de très nombreux reçus signés par son mari. Celui-ci usa d’ailleurs, au décès de son beau père, de la clause d’échange de Castignargues et ce domaine resta par suite entre les mains de Jacques VI. Mais le règlement de la succession de Jacques V entre ses enfants, Jacques VI et Françoise, donna lieu à diverses difficultés qui furent réglées par une transaction, reçue DARIHAC, notaire à Nîmes, du 24 février 1813 (59), aux termes de laquelle tous les droits de Françoise COSTE sur la succession paternelle furent réglés à 34.517 fr 50 non compris la donation du 11 nivôse an V que conserva Françoise. Par le même acte, les droits de Françoise COSTE sur la succession éventuelle de sa mère furent réglés à 6482 fr 50. Marguerite JALLAGUIER donnait en outre à sa petite-fille Emma OLLIVIER une armoire en bois de noyer avec ses hardes et nippes.
Quittance définitive de ces deux sommes (41.000 frs), a été donnée par les époux OLLIVIER à Jacques VI COSTE le 29 octobre 1819, à la suite du décès de Marguerite JALLAGUIER, décès survenu à Nîmes dans la maison de sa fille Françoise COSTE, épouse OLLIVIER.
Françoise COSTE eut trois enfants de son mariage avec Bonaventure OLLIVIER (60) ; un fils qui mourut jeune ; une fille dont Emma, dont il a été question ci-dessus (née 1807, décédée 1876), qui épousa Alcide BRUNETON (1804-1869), et laissa trois fils, Emile (1827-1911), Fernand (1836-1913), et Gaston (1838-1918) ; enfin, un fils Jules, qui épousa Hersilie VEAUTE. Le ménage OLLIVIER-VEAUTE eut un fils Henri (1831-1893) qui épousa Melle MEDARD. Les époux Henri OLLIVIER-MEDARD eurent deux enfants : un fils, Ernest, mort célibataire à l’âge de 25 ans, et une fille, Thérèse, (1865-1923) que j’ai encore vue dans sa propriété de Cauviac près Quissac, et qui ne se maria pas. Toute la descendance de Françoise COSTE est donc représentée aujourd’hui par les familles de Emile et Gaston BRUNETON, cousins issus de germains du Général COSTE.
Jacques V devait jouer dans la commune de Cannes un rôle important. La situation qu’il avait acquise à la fin du XVIIIème siècle le fit désigner comme l’un des deux députés envoyés par la paroisse de Cannes à l’assemblée de la Sénéchaussée de Montpellier, qui devait nommer les représentants du Tiers Etat aux Etats Généraux de 1789 (61). Le second délégué de Cannes fut Jean MASSIP. Ce fut ce dernier qui fut nommé maire lors de la Constitution de la Commune de Cannes et Clairan (délibération des habitants du 14.11.1790) et Jacques V n’assiste, au début, aux séances du conseil, qu’en qualité de Notable.
Au début de l’an 11, (vendémiaire), Jacques V fut nommé maire et signe en cette qualité pour la première fois des Délibérations du Conseil Général de la commune pour la première fois le 15 octobre 1793. Il devait se maintenir dans cette situation jusqu’en 1812. S’il parvint à faire oublier pendant la Terreur et son titre de Seigneur de Castignargues et les réclamations fréquentes des habitants de Bragassargues et de Clairan contre les droits seigneuriaux qu’il prétendait conserver (62), et enfin sa parenté avec Antoine COSTE de Nîmes, cela tient probablement aux bonnes relations qu’il sut avoir avec le « citoyen BORIE », Représentant du peuple dans le département du Gard pour l’organisation du Gouvernement Révolutionnaire et investi de pouvoirs illimités dans le même département.
Le 19 pluviôse an 11 (62), le conseil général de Cannes « adiquat » tout culte pour ne plus reconnaître que celui de la raison. « Le 9 Ventose, sur la proposition de son maire Jacques COSTE ce conseil délégua à Sommières auprès du représentant BORIE, les citoyens COSTE Maire et JALABERT, Agent national, pour lui demander l’autorisation » d’ériger la ci-devant Eglise en Temple de la Raison et d’utiliser « la maison ci-devant curiale comme maison commune et logement de l’instituteur. » BORIE, applaudissant aux principes philosophiques des habitants de la commune de Cannes, leur accorda le 11 ventose an 11 l’autorisation sollicitée. Le mobilier de l’Eglise fut vendu et c’est avec le produit de cette vente que fut aménagé le Temple de la Raison (délibération du 13 messidor an 11) (63).
Se conformant à une lettre de BORIE du 18 Germinal an 11 Jacques V COSTE fit procéder le 18 Floréal à l’épuration de la garde nationale de Cannes par des « Commissaires épurateurs ». Ceux-ci n’eurent d’ailleurs aucun garde national à radier. Cela tenait évidemment à la situation de la commune dans laquelle (certificat de Jacques COSTE, Maire, du 2 Prairial an II) il n’y avait point de « Pères ou Mères d’Emigrés, de prêtres déportés, d’enfants d’émigrés ou d’enfants de ceux qui avaient été condamnés à la guillotine ». Il n’y avait guère à cette époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, que des propriétaires à Cannes, tenant beaucoup à leur propriété comme le prouve leur attitude lors de la réquisition des grains en l’an III, mais cherchant à se faire bien voir des pouvoirs politiques en affichant toujours les opinions les plus avancées.
Cette attitude de Jacques V n’empêche pas son frère Antoine d’être porté le 28 Prairial an II, sur la liste de l’accusateur public près le Tribunal criminel révolutionnaire du Gard avec nombre d’autres personnes et notamment COULOMB, fils aîné, Général de Brigade à l’armée de la Moselle, tous « prévenus d’avoir tramé dans l’ombre du silence et du mystère la contre révolution éclatée dans le Gard en mai, juin et juillet derniers, de l’avoir ourdie par le secours de leurs lumières et de leurs talents et d’en avoir nourri tous les fils par l’affluence des richesses. » (64)
Antoine COSTE fut incarcéré à Nîmes le 1er Messidor an II. L’inventaire de ses biens fut effectué le 6 messidor an II, et son frère Etienne, son associé en vertu d’un acte du 2 septembre 1782, fut établi gardien des marchandises, livre journal, meubles, et effets inventoriés. Le 19 thermidor an II, une maison et un jardin situés route de Sauve, et la moitié d’une maison située Plan de l’Aspic, appartenant également à Antoine COSTE, furent à leur tour mis sous séquestre. Mais la chute de Robespierre entraîna la libération des détenus, et sur l’ordre du représentant du peuple PERRIN, on date du II Fructidor an II, Antoine COSTE put enfin, sortir de la maison d’arrêt, dite ci-devant Capucins. Il dut payer pour deux mois et onze jours de détention la somme de 505 livres 7 sols et 3 deniers. (65)

Jacques V eut en cours de l’hiver suivant des difficultés avec la ville de Sommières à l’occasion des réquisitions de grains. On réquisitionna à Cannes 24 salmés environ de grains, dont six, soit ¼ dans les greniers du citoyen COSTE, Maire. Mais cette réquisition, (28 Frimaire an III), ne régla pas encore la question, et le citoyen DUMAS, agent national de Sommières, dut encore insister le 7 Ventose an III pour obtenir les livraisons de grains prévues. (66)
C’est en qualité de maire que Jacques V assista à deux grandes fêtes publiques célébrées à Cannes, l’une le 30 Ventose an VI, en l’honneur de la souveraineté du peuple (67), l’autre le 27 Thermidor an X, en « gratitude envers le grand héros du siècle (sic) et passificateur de la patrie. » Des procès-verbaux donnent tous les détails de ces fêtes, auxquelles les habitants assistèrent en aussi grand nombre que la population de la commune a pu le permettre. »
Au début de 1812, Jacques V se démit enfin de ses fonctions de Maire (il mourut le 29 septembre 1812). Sa démission fut acceptée par un arrêté du Préfet du Gard du 7 mars 1812 qui nomma comme nouveau maire de Cannes « M. COSTE, fils, Jacques ». (68) Il s’agit ici de Jacques VI dont il sera question plus loin.
Je ne reviendrai pas sur l’enfance d’Antoine et d’Etienne COSTE, ni sur leur association, ni sur leur sort pendant la Terreur. L’inventaire des marchandises qu’ils possédaient en 1794 montre bien la nature de leur commerce au moment de l’arrestation d’Antoine.

Antoine épousa sa cousine germaine Jeanne SAUSSINE, fille de Jean SAUSSINE et de Catherine JALAGUIER de Lédignan. Peu après leur mariage, les époux COSTE-SAUSSINE reçurent de leur tante commune Françoise JALAGUIER, épouse Jean BECHARD, un legs de 5000 livres (2000 pour Antoine et 3000 pour Jeanne) (69). Il ne resta de leur mariage q’une fille, Madame TEISSIER, dont la descendance directe s’est éteinte dans les premières années du XXème siècle avec Mr BERGERON, ingénieur civil.
Etienne COSTE avait bénéficié, comme son frère Antoine d’un legs (2500 livres) de sa tante Françoise. Quatre mois après s’être associé avec son frère Antoine, il épousait (70) (contrat du 10 janvier 1786) Jeanne FLOUTIER, fille de son cousin germain Antoine FLOUTIER, et de feue Anne Suzanne MARTIN. Jeanne COSTE-FLOUTIER mourut le 18 février 1823 et son mari Etienne COSTE le 6 juillet 1827. Ils laissaient quatre enfants :

1°) Antoine COSTE, époux de Claudine, Sophie LAGORGE (contrat du 30 mars 1813), mourut en 1817, d’un accident de chasse, ne laissant qu’un fils Etienne, César, Charles COSTE lequel mourut à son tour en 1838 sans descendance, alors qu’il était encore étudiant en droit.

2°) Etienne, Edouard COSTE mourut célibataire à Lédignan au début de 1835. Il avait servi de parrain à Edouard, Ferdinand, Gustave, Philippe COSTE, né le 12 octobre 1830, et fils de son cousin germain Jacques VI.

3°) Jean, Louis, Ferdinand COSTE se consacra entièrement à son neveu Charles après le décès du père de ce dernier survenu en 1817. Il se décida à rester célibataire pour lui assurer sa fortune et eut la prétention d’imposer à sa sœur Jeanne (Jenny) d’en faire autant. Aussi vit-il d’assez mauvais œil son mariage. Ce fut lui au contraire qui hérita de son neveu au décès de celui-ci en 1838. Il vécut célibataire à Nîmes et à Lédignan, et mourut à Nîmes le 22 décembre 1864 à l’âge de 72 ans. Sur sa fortune, qui lors de son décès fut estimée à 508.706 frs, on dut prélever 211.000 frs pour legs à divers serviteurs et frais ; le surplus, comprenant notamment sa maison de la rue Grétry revint au Consistoire de l’Eglise de Nîmes à charge d’y créer un établissement d’orphelins. L’ « Orphelinat COSTE » existe encore aujourd’hui.

4°) Jeanne, dite Jenny COSTE (71), épousa entre 1830 et 1835 son neveu à la mode de Bretagne Eugène COSTE, plus jeune qu’elle. Elle n’eut jamais d’enfants et mourut le 24 mars 1847, après avoir, par un testament du 15 février 1841, institué des legs divers en faveur des pauvres de Lédignan, de son amie Madame ROLLAND, de sa belle-sœur Mme COSTE-DELON etc. Son mari héritait en toute propriété ou en usufruit de l’ensemble de ses biens ; ainsi qu’on le verra plus loin, il ne devait guère lui survivre.

NOTES DU CHAPITRE VII

1 | Pièce XVIII N°36 (Testament) et N°37. (Demande de permis d’inhumer). Voir au testament le reçu du legs aux pauvres signé : PRADES, prieur de Cannes, du 7 novembre 1761.

2 | Liasse XVIII N°38. Voir au sujet de ses difficultés et des suivantes une série de mémoires non datés, et trois consultations signées ROBERT (Anduze 29 avril 1761 et 13 mars 1762) et DUMAS (Montpellier 24 mars 1762)

3 | Pièce XVIII N°40. Transaction du 22 août 1761, reçue Jean CASSAGNES, Not. Roy. de Lédignan, et Antoine JONQUET, Not. Roy. de Boucoiran. Pièce XVIII. N°42. Transaction du II septembre 1761, reçue Jean CASSAGNES, Not. Roy. De Lédignan. Pièce XVIII N.° 45. Quittance du 1er février 1762, reçue DADRE, Not. Roy. à St Hippolyte (PLANCHON) et XVIII N° 47. Quittance du 21 septembre 1762 reçue CASSAGNES Not. Roy. à Lédignan (JONQUET).

4 | Pièce XVIII. N°87. Transaction du 13 juin 1793, reçue Antoine CHEVALIER, Notaire public à Moussac, au registre de JONQUET, not. à Moussac. Elle contient l’indication de la date du décès de Louise. Pièce XVIII N°80. Consultation du 16 mai 1787.

5 | Pièce XVIII. N°46. Quittance du 1er février 1762, reçue DADRE, Not. Roy. à St Hippolyte.

6 | Pièce XVIII. N°39 et 43. Bail et suppléments reçus CASSAGNES, Not. à Lédignan. Etat des lieux dressé le 8 septembre 1761, signé Jean BECHARD, de Lédignan, et Jacques BOISSIER, de Gallian.

7 | Pièce XVIII. 31. b. Minutes du notaire CASSAGNES : 7 mai 1763.

8 | Pièce XVIII. N° 48. Convention du 12 novembre 1763 et reçus signés GIRARD des 12 novembre 1763 et 29 mars 1766.

9 | Pièce XVIII N° 66. Reçu signé Antoine COSTE pour deux années d’apprentissage d’Etienne COSTE. 400 livres. 30 juin 1778.

10 | Pièce XVIII. N°50. Testament du 5 janvier reçu CASSAGNES Not. Roy. à Lédignan. L’acte porte sur le reçu du legs aux pauvres de Cannes, signé PRADES, prieur, le 1er septembre 1766. Pour la date du décès voir XVIII. N°97a.

11 | Pièce XVIIIN°58. Quittance du 13 février 1774 reçue CASSAGNES, Not. Roy. à Lédignan. Pour la date du décès de Françoise, voir pièce XVIII. N°97a. Pour l’accord avec Etienne de 1782, voir Pièce XVIII. N°78, page V.

12 | Pièce XVIII N°74 et 76. Signification de la requête d’Antoine COSTE et Jacques COSTE (31 décembre 1783 et 21 février 1784). Pièce XVIII N°78. Transaction du 26 février 1786, reçue Jacques DURAND, avocat en Parlement et Not. Roy. de la ville de Sommières, entre Jacques V et ses frères Antoine et Etienne.

13 | Pièce XVIII. N°55. Testament de Louise DESPUECH, veuve de Jacques III COSTE, habitant à la méthairie de COSTE, reçu CASSAGNES, Not. Roy. à Lédignan. Pour la date du décès voir XVIII N°97a.

14 | Voir pièce XVII. N°22, Louis JALLAGUIER (on écrit aussi souvent JALAGUIER) qui avait épousé en 1737 Elisabeth (Ysabeau) CONDUZORGUES, de Bragassargues, appartenait à une des branches de la tribu des JALAGUIER de Quissac, branche que l’on peut suivre grâce aux archives des notaires de Quissac, jusqu’à un certain Louis JALAGUIER, fils de Guillaume, et époux de Marguerite MEYRARGUES, marchand à Quissac, qui testa le 22 avril 1625 (acte reçu Estienne BRINGUIER, Not. Roy. à Quissac). La grand-mère paternelle de Louis JALAGUIER D’ARLUS, Claude BRINGUIER, était elle-même la petite-fille du Notaire Estienne BRINGUIER, lequel avait épousé Jeanne de COSTE, dont j’ai parlé à diverses reprises.
Louis JALAGUIER D’ARLUS avec son beau-frère Estienne JALAGUIER et d’autres habitants de Quissac, avait pris à ferme en 1740 les biens que Jean MASSIP, bourgeois de Nîmes, possédait à Cannes et à Clairan. (voir à ce sujet page 103). Le Mas d’ARLUS dont Louis JALAGUIER prenait le nom est situé entre Quissac et Sauve, à peu de distance du château de SABATIER. Il est fait très souvent allusion à ce Mas dans les archives du XVIIème siècle des Notaires de Quissac.
Un négociant de Quissac, Jean COSTE, fils de Jacques COSTE, boulanger à Quissac, et de Jeanne HOUSTALLIERE (mariés le 18 avril 1694), accole très souvent à son nom le nom d’ARLUS, pour se distinguer des nombreux autres COSTE de Quissac. Quels rapports les COSTE-HOUSTELLIERE ont-ils avec les autres COSTE de la région de Quissac, je n’ai pu le préciser. Quant à Jean COSTE D’ARLUS, il épousa d’abord Jeanne COSTE, puis Marie GILLY, fille et sœur des chirurgiens établis à Quissac pendant la fin du XVII et la première moitié du XVIIIème siècle.
Jean COSTE D’ARLUS laissa plusieurs enfants et notamment : Gilles COSTE, chirurgien à Quissac et successeur de son oncle, Jeanne COSTE, fille émancipée en 1763, épouse de Noble Pierre de BERINGUIER, de Sabatier, ancien commandant de bataillon au Régiment royal comtois. Gilles et Jeanne vendirent le 14 janvier 1775 une partie de leurs biens d’ARLUS à David RIVET, Seigneur de SABATIER, habitant alors à Cadix en Espagne ;

Enfin, Pierre COSTE, qui, en 1767, était soldat de la Légion de Condé. Sa femme, Marie JALAGUIER, testa le 23 novembre 1767 et accoucha le même jour d’un fils dans une des chambres de la maison de Pierre GILLY, chirurgien à Quissac, son beau-frère. Cet enfant, appelé lui aussi Pierre, s’engagea le 9 mars 1783 dans le Régiment de Piémont Infanterie et fit toutes les campagnes de la République et de l’Empire. Nommé Colonel du 59ème d’Infanterie le 7 avril 1809, il fut créé baron par décret du 15 août 1810. Voir pour ce qui le concerne et ce qui concerne son frère Gilles, lui aussi officier, « Tablettes militaires à l’arrondissement du Vigan », par A. ARMAN, Nîmes, chez GAUDE fils, 1814, de ma bibliothèque. Voir aussi pièce XVIII N°64a.

15 | Pièce XVIII N°26. Copie de certificat de baptême Catholique.

16 | Pièce XVIII N°52a et 52b. Contrat de mariage reçu Pierre NIEL et Joseph FRANC, notaires de Sommières et de Quissac. Certificat de bénédiction de mariage, signé MATHIEU, pasteur.

17 | Pièce XVIII N°55, 56 bis et 57. Certificats de baptêmes protestants signés des pasteurs BOVET, PERIER et VILLARD. Voir aussi pièce XVIII N°97a. livre de famille de Jacques V du 1er Vendémiaire en III et XVIII N°96, contrat de mariage de Louise COSTE (20 fructidor an II).

18 | Pièce XVIII N°97a.

19 | Pièce XVIII N°96b. Certificat de mariage du pasteur BOVET. La date du contrat est rappelée dans une quittance du 10 août 1779. (Pièce XVIII N°68b) et dans le contrat de mariage du 10 septembre 1779 (pièce XVIII N°68c).

20 | Pièce XVIII N°61. Quittance reçue JALLAGUIER, Not. Roy. à Quissac passée entre Louis JALLAGUIER, père, et son gendre Jacques V COSTE. Voir page 102 pour la date du décès de Françoise COSTE.

21 | Pièce XVIII N°65a. Testament, reçu Louis JALLAGUIER. Not. Roy. à Quissac. L’acte porte les reçus des legs faits aux pauvres de Cannes et de Quissac des 29 avril 1772 et 13 septembre 1779.

22 | Pièce XVIII N°65b. Lettre du 12 avril 1778. Je n’ai pu trouver les rapports de parenté auxquels cette lettre fait allusion.

23 | Pièce XVIII N°68c. Contrat du 10 septembre 1779, reçu JALLAGUIER. Not. à Quissac et DURANC Not. à Sommières.

24 | Pièce XVIII N°68a. (lettre du 24 avril 1779 de Jacques V à son beau-père Louis JALLAGUIER D’ARLUS) et N°68b. (quittance du 10 août 1779 reçue CASSAGNES Not. à Lédignan). Mme Françoise JALAGUIER BECHARD, qui avait donné 2000 livres à Louise COSTE lors de son mariage, donna par son testament du 25 juillet 1772 (voir pièce XVIII N°31b. Dépôt de testament du 22 février 1779) la même somme à chacun de ses neveux Jacques V, Antoine et Etienne COSTE.

25 | Pièces XVIII N°98d, 71a, 83b. Lettres d’Antoine (18 septembre 1779) et d’Etienne (17 septembre 1782). Reçu du 19 mars 1783. Quittance du 10 février 1790, reçue DARLHAC. Not. à Nîmes.

26 | Pièce XVIII N°70. Consultation ALDEBERT, de Nîmes.

27 | Pièce XVIII N°82b. Transaction et quittance du 27 octobre 1788 reçue FRANC, Not. à Quissac. Louis JALLAGUIER D’ARLUS, père négociant à Quissac, avait testé le 5 octobre 1782 et légué 2000 livres à sa fille Marguerite (Pièce XVIII N°71b). Il mourut le 5 ou le 6 octobre 1792. Voir lettre des 5 et 7 janvier 1783 (pièce XVIII N°72) et livre de famille de Jacques V (pièce XVIII N°97a).
Voir aussi pièce XVIII N°60. Transaction du 27 novembre 1774, reçue JALLAGUIER, Not. à Quissac, entre Pierre CONDUZORGUES et son beau frère Louis JALLAGUIER, veuf d’Elisabeth CONDUZORGUES et père de Louis et de Marguerite JALLAGUIER, au sujet de la succession de leurs parents communs Pierre CONDUZORGUES et Marguerite MARAZEL (testament du 22 mai 1764 et 9 avril 1763).
Allusion à Marguerite CONDUZORGUES, épouse e Jean MAIRAN, sœur de Pierre et d’Elisabeth CONDUZORGUES.

28 | Pièce XVIII N°63c.

29 | Voir note 6.

30 | Pièce XVIII N°44. Vente par Jeanne GRANDET, épouse André JOUVE, reçue PUECH, notaire à Sommières.

31 | Pièce XVIII N°54. Vente du 3 septembre 1768 reçue DURANC, Not. à Sommières. Prix principal 18000 livres épingles 240 livres. Lods à la Vicomtesse de NARBONNE-PELET 240 livres 10 sols. Lods à Mr de CLAIRAN 35 livres 6 sols. Frais d’acte 48 livres 19 sols. Total 2362 livres 15 sols.

32 | Pièce XVIII N°90. Note DURANC, Not. à Sommières. Droit de lods de 60 livres pour les NARBONNE-PELET.

33 | Pièce XVIII N°62. Acte du 12 juillet 1776. Reçu JALLAGUIER Not. à Quissac.

34 | Pièce XVIII N°63 et 64b. Acte du 18 novembre 1776 reçu DURANC Not. à Sommières. Relation d’experts du 10 septembre 1777.
On retrouve naturellement le nom de Gilly dans les actes des notaires de Quissac. C’est une des branches de cette famille qui a fourni deux chirurgiens à Quissac et qui a du s’éteindre avec Pierre GILLY, chirurgien major du Régiment du Comte de MENOU époux (23 février 1705) de Jeanne CONDUZORGUES (voir note 14). Une autre branche de cette famille descendait de Jean GILLY, époux de Madeleine de PEREDIS (PARADIS?° apparentée probablement
Au capitaine Jean PARADIS dont il a été question page 4.
Prix 650 livres. Lods aux NARBONNE-PELET 97 livres 10 sols.

35 | Pièce XVIII N°49. Signification par huissier au sujet de l’usage d’une fontaine commune au Mas de COSTE (vieille source évidemment).

36 | Pièce XVIII N°73. Acte du 2 septembre 1783 reçu DURANC. Not. à Sommières. Droit de Lods de 82 livres 10 sols pour le Vicomte de NARBONNE, Lieutenant Général des armées du Roy, Seigneur de Cannes.

37 | Pièce XVIII N°75. Acte reçu DURAND. Not. à Sommières. Gabriel COSTE, fils de Jean François COSTE, de Montmirat, avait renouvelé le 30 juin 1767 (Pièce XVIII N°51) envers le prieur de notre dame de Jouffe et pour des terres qu’il avait près de Jouffe, des reconnaissances féodales datant du 10 janvier 1685 et 13 février 1661 et faites alors par David, Jean et Jacques COSTE et par Jean, David et Etienne COSTE. Il y avait d’ailleurs à cette époque dans la région encore d’autres COSTE originaires du Mas de COSTE. Le 9 juin 1743 (pièce XVIII N°31b.) Jacques COSTE de Montpezat, Marie COSTE, épouse Etienne VALETTE de Parignargues et Françoise COSTE, épouse Etienne GAUSSEN de St Phélix (sic) avaient renouvelé des redevances féodales pour des terres qui avaient été visées dans la transaction du 5 mars 1509 et dans les reconnaissances des 24 mars 1633 et 3 décembre 1669. (voir date acte XVII N°36).

38 | Pièce XVIII N°79. Acte DURANC Not. à Sommières. Droits de lods de 90 livres en faveur de Mr de NARBONNE. Frais divers 41 livres 9 sols.

39 | Pièce XVIII N°81 reçu DURAND, avocat en parlement et Not. Roy. de la ville de Sommières.

40 | Pièce XIV N°? . Procès verbal de Bornage du 14 janvier 1313.

41 | Pièce XIV N°4. 31 mars 1390. Archives générales du Gard. E. 378. Il est fait allusion à guillaume DUCROS, du Mas de Castignargues.

42 | Pièce XV N°4. Notes du Révérend Père MALAVAL. Registre de REBUXI de 1469. folio 104.

43 | Pièce XVIII N°81a. Acte du 15 décembre 1459. Registres de Me Jean GUICHARD, Notaire de l’Evêque de Nîmes à Sauve.

44 | Pièce XVIII N°81b. Arrantement du 8 juillet 1649, reçu MASSIP, Not. Roy. à Cannes. Pour les AIREBAUDOUZE voir LAROQUE, Armorial du Languedoc Tome I p.9.

45 | Pièce XVIII N°81c. Reconnaissance féodale du 19 septembre 1758 rappelant celles des 15 décembre 1459 et 13 avril 1666. La redevance des deux perdrix est évaluée 1 livre 5 sols.

46 | Bibliothèque de la Sté de l’histoire du prot. Français. F. TEISSIER N°418. Acte religieux protestants de Cassagnoles. Mariage de Henriette Emilie Guy d’AIREBAUDOUZE, dame de Clairan, âgée de 15 ans avec Noble Guillaume de CAUSSE, de Montpellier. Voir Note 13 page 64 et pièce XVII N°42 (au dos) pour la signature d’Henriette Emilie: «LA SALETE CLAIRAN».

47 | Pièce XVIII N°31.b. Minutes du Not. CASSAGNES de Lédignan. Reconnaissance féodale du 22 octobre 1744 par Jacques IV COSTE.

48 | Pièce XVIII N°81. Jeanne COSTE est la veuve de Mr de BERINGUIER dont il a été question Note 14 page 135.

49 | Pièce XVIII N°81f. Etat des lieux du 8 avril 1788.

50 | Voir pièce XVIII 81. e. (au dos) Pièce XVIII 82b. Transaction du 27 octobre 1788- Pièce XVIII 82a. Signature accolées «COSTE DE LA SALETE». Dans un cas, 5 avril 1788, «COSTE» est biffé et «DE LA SALETE» subsiste seul.

51 | Pièce XVIII N°III. Dossier du Procès ASSENAT-COSTE.

52 | Pièce XVIII N°84. Vente faite par BONNAUD de Montmirat, 16 novembre 1790.

53 | Pièce XVIII N°85a et 85b. Décompte établi par la Préfecture du Gard le 6 mai 1807 reçu du 29 mars 1792. Voir aussi Pièce XVIII N°89a. Extrait de Notes de Mr Gustave COSTE.

54 | Pièce XVIII N°69b. Requête. Décision du 18 décembre 1781.
Pièce XVIII N°88. La vente ne fut régularisée qu’en octobre 1793.

55 | Pièce XVIII N°31b. Minutes du Not. CASSAGNES, le 16 septembre 1783.

56 | Pièces XIX N°8, 9 et 15. Compois du Mas de COSTE de 1810. Décision préfectorale du 23 avril 1811. Extrait de la matrice cadastrale de la Commune de Cannes et Clairan du 10 mars 1813.

57 | Pièce XVIII N°96. Contrat de mariage reçu ALBARET. Not. à Nîmes. Voir aussi XVIII N°97a. Livre de famille Jacques V.

58 | Pièces XVIII N°101 et 102. Contrat reçu BONNAUD. Not. à Nîmes du 9 nivôses an V. Certificat de mariage du 12 nivôse. Le mariage fut béni à Nîmes le même jour par le pasteur GACHON (voir Livre de famille de Jacques V). Par acte du II nivôse, reçu BONNAUD, Not. Jacques V donna en outre à sa fille en dorures, bijoux et trousseau, un supplément de dot de 2000 livres. (voir XIX N°14, transaction du 24 février 1813).

59 | Pièce XIX N°22, Règlement définitif du Compte de Françoise COSTE, ép. OLLIVIER, reçu ROGIER, Not. à Nîmes le 29 octobre 1819.

60 | Pièce XVIII N°102. Lettre du 4 février 1924 de Mr BRUNETON.

61 | Pièce XVIII N°89a. Archives de Cannes. Délibération du 12 octobre 1790 fixant l’indemnité des délégués. Notes Gustave COSTE.

62 | Pièce XVIII N°86 et 97b. Lettres du 1er avril 1792 de Jacques COSTE à PRADES de Clairan, et du 15 Vendémiaire an III de divers habitants de Bragassargues à jacques V.

63 | Pièce XVIII N°89a b et c. Archives communales de Cannes, liasse 24. Le culte de la Raison n’eut à Cannes qu’une durée éphémère. La loi de Prairial an III permit aux protestants de reprendre pour leur usage l’Eglise Catholique de Cannes. Elle fut rendue à la fabrique d’Orthoux par arrêté du Préfet du Gard du 11 mars 1811. Le temple actuel de Cannes ne fut construit que lorsque Jacques VII COSTE eut donné à la commune les terrains nécessaires pour sa construction et pour celle de la mairie. Si le Conseil Municipal de Cannes «adiquait» tout culte; il demandait à pouvoir conserver la cloche de l’Eglise, qui pouvait être utile à la Commune.

64 | Pièce XVIII N°91. Copie du registre d’écrou. XVIII N°92. Inventaire des biens d’Antoine. Voir dans cette pièce la date de l’association des frères Antoine et Etienne. XVIII N°93a et b. Mise sous séquestre de biens divers à Antoine COSTE.

65 | Pièces XVIII N°94, 95 et 98.

66 | Pièce XVIII N°89 a et b.

67 | Pièces XVIII N°108 et XIX N°4. Verbal de la fête de la souveraineté du peuple qui a été célébrée dans la commune de Cannes et Clairan. 30 ventose an VI (1798) : « Les habitants des deux communes se sont assemblées à l’invitation de notre agence municipale en aussi grand nombre que sa population a pu le permettre. Il a été formé au pied de l’arbre de la liberté un autel de la patrie décoré de tous les attributs analogues à une fête si auguste. Un grand nombre de vieillards, sans néanmoins excéder le nombre prescrit par la loi, ont représenté majestueusement la nation. Quatre écoliers, reconnus dans les bons principes de la Révolution, précédaient la marche, ayant en mains les 4 bannières portant les phrases indiquées écrites en gros caractères. A la suite étaient les officiers publics. La garde nationale armée terminait la marche. Au son du Tambour, du Hautbois et des fifres, le cortège s’est rendu à l’autel de la patrie… etc. »

68 | Pièce XIX N°11. Arrêté Préfectoral du 7 mars 1812.

69 | Pièce XVIII N°31b. Extrait des minutes du Not. CASSAGNES de Lédignan. 22 février 1779, Dépôt du testament de Françoise JALAGUIER, épouse Jean BECHARD.

70 | Pour la descendance d’Etienne COSTE, voir pièce XIX N°47b. Partage du 6 avril 1835 des biens d’Etienne COSTE et de sa femme Jeanne FLOUTIER et de ceux de leur fils Etienne, Edouard COSTE Pièces XIX N°60 et 61 - 14 - 15 avril 1839. Transactions et accord à la suite du décès de Charles, Etienne, César COSTE. Pièce XIX N°92. Procès verbaux du Consistoire de l’Eglise de Nîmes, séance du 30 décembre 1864. Voir aussi XIX N)39b et c. Acte de naissance et certificat de baptême d’E.F.G.P. COSTE né le 12 octobre 1830.

71 | Voir « Souvenirs d’enfance et de jeunesse du Général COSTE ». Note 70 pièces XIX N°57 et 58. Lettres de Jenny COSTE des 9 et 13 janvier 1839 sur la santé de son mari et les ennuis de son frère Ferdinand avec la famille LAGORCE (succession de Charles COSTE). Pièce XIX N°70b. Dépôt du testament de Jenny COSTE du 2 avril 1847. On y trouve la date de son décès : 24 mars 1847. Voir p 153.

1.9 - Jusqu'à 1870

JACQUES VI (1771-1823) et SUZANNE MASSIP et leurs fils JACQUES VII ET EUGENE

Jacques VI, fils de Jacques V de Marguerite JALAGUIER naquit au Mas de COSTE le 28 octobre 1771, et fut baptisé le 10 novembre par le pasteur Antoine PERIER : il eut pour parrain et marraine son oncle Louis JALAGUIER et sa tante Louise COSTE (1).
Ce fut, semble-t-il le premier des COSTE pour l’instruction duquel on jugea insuffisantes les ressources locales : son père le mit en pension à Sommières chez un Mr FABRE (2).

Jacques VI allait avoir 21 ans lorsque la patrie fut déclarée en danger. Il partit en 1792 pour l’armée du Roussillon ; fut peu après fait prisonnier et interné en Espagne, d’abord à Barcelone, puis à Valladolid. Il fut malade à Barcelone au début de sa captivité et se ressentit toute sa vie des mauvais soins qu’il reçut alors. Le 21 Vendémiaire an IV (octobre 1795)) il rentrait à Toulouse avec le grade de sous-lieutenant (3) et arrivait peu après à Cannes, où il était inscrit sur les registres de la Grande Nationale.
En pluviôse an VI (1798) Jacques VI épousa Suzanne MASSIP, fille de feu Jean MASSIP et d’Elisabeth AUBANEL de Cannes (4).
Il reconnaissait dans son contrat n’avoir ni biens ni revenus personnels. Son père s’engageait à nourrir et à entretenir les nouveaux mariés et leurs enfants tant qu’ils vivraient avec lui, ou dans le contraire, à leur assurer la jouissance de deux chambres meublées au Mas de COSTE, avec une rente annuelle de 800 frs. Suzanne MASSIP, déjà maîtresse de ses biens, se constituait en dot 3000 frs de denrées, cabaux, cabinet, nippes et dorures et déclarait d’autre part que l avaleur des immeubles qu’elle possédait ne dépassait pas 12000 frs. Parmi ceux-ci se trouvaient des terres à la Salette figurant au partage de 1824 - 30 pour 14 hectares, 18 ares, 2 centiares. (voir note 19).
Suzanne MASSIP resta toujours épouse « libre en ses biens de Jacques VI », ce qui explique qu’elle put acquérir personnellement des immeubles (5). Cette indépendance devait lui convenir. Son attitude vis à vis des agents de fisc, chargés de recouvrer à Sommières des droits de péage, et la condamnation à 50 frs d’amende qui en fut la conséquence, le prouvent (6).
Jacques VI fatigué, souvent malade, sans biens personnels dut mener au Mas de COSTE une existence assez effacée, à côté de son père que l’on se représente volontiers comme actif, entreprenant et autoritaire. Il lui succéda à la mairie en 1812 lorsque Jacques V eut volontairement résilié ses fonctions (7) ; mais sa carrière politique ne fut pas de longue durée. Après les Cent jours, il reçut du Capitaine de BROCHE des COMBES, Commissaire du roi à Sauve, une demande d’explication assez sèche au sujet de l’attitude de la municipalité et des habitants de Cannes lors des rassemblements de Ners et de Lédignan ; « La franchise de vos aveux déterminera mon opinion sur votre compte », ajoutait ce Commissaire du Roy » (8). Il ne semble pas que Jacques VI ait été inquiété à ce moment, mais sur les registres de la Mairie son nom disparaît comme Maire au début de 1816, et est remplacé par celui de son beau-frère Pierre d’ALDEBERT (époux de Marguerite MASSIP) (9).

La mort de Jacques V (29 septembre 1812) souleva certaines difficultés : il avait fait deux testaments, l’un le 21 nivôse an III, l’autre le 15 septembre 1806, et l’interprétation et la combinaison des deux textes assez délicate pour avoir motivé une consultation à Nîmes. Les intéressés se mirent d’accord au début de 1813, et Marguerite JALLAGUIER en profita pour partager ses biens propres entre ses deux enfants Jacques VI et Françoise OLLIVIER (10).
Pour Françoise les biens paternels furent évalués à 34.517 frs50 et les biens maternels à 6.482 frs50 (total 41.000 frs) que Jacques VI COSTE s’engagea à lui payer « en espèces d’or ou d’argent ». Elle renonçait à Castignargues qui restait à son frère. De tous ses biens, Marguerite JALLAGUIER ne conservait qu’une bague qu’elle destinait à son petit-fils Jacques VII et une armoire avec hardes et nippes qui devait revenir à sa petite-fille Emma OLIVIER. En compensation de ce qu’elle leur donnait, ses enfants lui assuraient une rente viagère annuelle de 2000frs (dont 800 à la charge des époux OLIVIER) ; elle conservait en outre au Mas de COSTE la jouissance de deux chambres avec leurs meubles et diverses redevances en nature. La quittance définitive ne fut signée par les époux OLIVIER que le 29 octobre 1819, après le décès de Marguerite JALLAGUIER, survenu à Nîmes, dans la maison OLIVIER.
Jacques VI n’eut guère le temps d’augmenter l’importance de ses biens. Il acquit pourtant 1° de Gabriel CLEMENT (11) de Montmirat, et pour le prix de 5750 frs diverses terres à Montmirat et un moulin à huile situé au lieu dit de « la Fontaine », bordé au nord par le Vallat de Courmairet et au sud par Dumas (c’est le moulin à huile de Montmirat) et 2° de Gabriel COSTE () de Montmirat et pour le prix de 2200 frs, diverses terres à Cannes au plan de Savouloux. Le fils de ce Gabriel COSTE, Jean, devait une vingtaine d’années plus tard (1842) vendre d’autres terres à Jacques VII.
J’ai déjà eu l’occasion de parler de ce Gabriel COSTE au chapitre précédent (voir page 122 et note 37).
Suzanne MASSIP donna à son mari deux fils : Jacques VII Casimir, né le 9 Floréal an VII (28 avril 1799), et Pierre Eugène né le 2 Frimaire an X (23 novembre 1802) (13).
Jacques VII Casimir, (prénom habituel Casimir), fut baptisé par le pasteur VILLARD le 12 Messidor an 11 : il eut pour parrain et marraine son grand père paternel Jacques V et sa grand-mère maternelle Elisabeth AUBANEL. Son père lui fit faire des études complètes : en 1815, il était interne au lycée de Nîmes (15) ; puis il fit son droit à Aix (certificat de capacité, 23 juin 1818 ; bachelier en droit, le 14 juillet ; licencié en droit, 6 août 1821).
Rentré à Nîmes, Jacques VII se fit inscrire comme avocat à la Cour et prêta serment le 27 décembre 1821 (16). Son frère Eugène, au contraire, ne paraît pas avoir fait d’études spéciales, et il est qualifié « sans profession » dans les actes de partage de 1824, alors que son frère y est traité d’ « avocat. »

Le 6 décembre 1823, Jacques VI succombait à l’âge de 52 ans aux suites des maladies qu’il avait contractées en Espagne. « Depuis longtemps la vie de mon pauvre oncle n’était que souffrances », décrivait quelques jours plus tard Madame BROUZET à sa tante Madame COSTE MASSIP (17). Par un testament daté du 16 novembre 1822, il avait assuré certains avantages à sa femme, sa vie durant, et avait partagé ses biens entre ses deux fils dans la proportion de 2/3 pour l’aîné et 1/3 pour le cadet. Resté seule au Mas de COSTE avec ses deux fils âgés de 24 et de 21 ans, Suzanne MASSIP régla aussitôt leur situation. Elle partagea entre eux, par parties égales, tous ses biens, évalués 14.200 frs, à charge de recevoir d’eux une rente viagère annuelle de 1000 frs, et ne conserva que les avantages matériels de logement et de nourriture que lui avait assurés son mari (18). Mais quelques années plus tard, elle recueillit dans la succession de sa sœur Marianne, épouse Henry CLARIS, diverses terres attribuées à cette dernière lors du partage des biens de Jean MASSIP (30 Fructidor an V). Un nouveau partage fut effectué après son décès (19 janvier 1845). Les immeubles, évalués 9000 f. revinrent à Jacques VII ; 8000 francs en espèces, produit des économies de Mme COSTE furent attribués à Eugène (19). Les dernières années de sa vie avaient été attristées par une cécité à peu près complète qui l’obligea à se retirer chez ses enfants COSTE DELON. Ce fut chez eux, à Nîmes, qu’elle mourut.
Casimir et Eugène se mirent rapidement d’accord pour le partage des biens de leurs parents. Il fut tout d’abord entendu que les propriétés reviendraient à Casimir et que l’héritage d’Eugène serait réglé en espèces. Eugène céda alors tous ses droits à son frère (14 avril 1824) pour le prix de 45000 frs payables le 1er septembre 1830, et portant, jusqu’à cette date, un intérêt annuel de 2000 frs. Au printemps de 1830 la question fut reprise. Un décompte complet des biens des époux COSTE MASSIP fut établi : les biens paternels furent évalués 118.490 frs23 ; les biens maternels 28.012 frs20. La part d’Eugène s’élevait donc à 1/3 118.490 frs 25 + ½ 28.012,20 = 58.502 frs95. Elle lui fut payée en espèces et Casimir conserva toutes les propriétés (20).

Au début de l’année 1825, Jacques VII Casimir COSTE se rendit à St André de Valborgne. Il y épousa (Contrat du 3 mars) Melle Suzanne, Antoinette, Gabrielle DELON, fille de feu Jacques DELON, Ecuyer, ancien Secrétaire Général de la Préfecture des Pyrénées Orientales, ancien membre de l’Assemblée législative, et de Dame Marie, Anne, Gabrielle MANOEL DE NOGARET. Le mariage fut béni à St André ; puis toute la noce se rendit au Mas de COSTE où les fêtes se prolongèrent pendant quelques jours (21). C’est au cours de ces réjouissances que Mme Constance de CAMPREDON sœur de la mariée, accoucha au Mas de COSTE d’un fils ERNEST (10 mars 1825).
Le jeune ménage COSTE-DELON ne resta pas au Mas de COSTE. Désireux de se créer d’autres ressources que celles que l’agriculture pouvait lui fournir et de tirer parti des études de droit qu’il avait faites, trouvant peut-être insuffisantes les ressources du Mas de COSTE pour une jeune femme habituée au séjour de la ville (la correspondance de Mr DELON montre qu’il y avait eu de nombreux bals à St André au cours de (l’hiver 1813-1815), peut-être encore pour d’autres motifs, Jacques VII se décida à se fixer à Nîmes, et commença par s’y intéresser à une charge d’avoué. Il prit rapidement dans son département une position importante. Conseiller général du canton du Quissac dès le début de la Monarchie de juillet , en relations constantes avec le Général de CHABAUD-DUFOUR, il fut nommé Conseiller de Préfecture du Gard en 1841 et Chevalier de la Légion d’Honneur le 27 avril 1847 (22). Sa situation ne fut pas longtemps compromise par la Révolution de 1848. Il reprit ses fonctions de Conseiller de Préfecture dès le30 septembre 1848 et les conserva jusqu’à sa mise à la retraite le 1er mai 1869 (23). Tout en s’occupant de son étude, puis du Conseil de Préfecture, Mr COSTE surveillait ses propriétés. Il les exploitait tantôt à mi-fruit (voir notamment le bail de 1er septembre 1833) tantôt avec un fermier (bail du 10 janvier 1859 pour 9 ans au prix de 4800 fr.). A d’autres moments il exploita directement ses terres et c’est ce qu’il fit notamment lors de sa mise à la retraite de 1869. Désireux de donner à sa femme une installation plus agréable que celle qu’elle avait trouvée au début de son mariage au Mas de COSTE, il construisit le château en 1848 et s’y installa aussitôt. Il donna à la commune (22 novembre 1851) le terrain nécessaire à la construction du Temple, de l’Ecole et de la Mairie de Cannes « sans que ce terrain put avoir aucune autre destination ». Quelques années plus tard il facilitait à la commune la construction du Pont sur Courme et le tracé de la route de Cannes à Montmirat.
Fatigué par la surveillance des très gros travaux entrepris depuis quelques années pour développer à Cannes la culture de la vigne, culture que la construction des chemins de fer rendait enfin intéressante, puis par les événements de 1870, Casimir COSTE tombait le 9 décembre frappé par une attaque d’apoplexie. Sa veuve plus âgée que lui de 3 ans (elle était née en Messidor an IV), lui survécut à peine deux mois. On la trouva morte dans son lit le 25 janvier 1871 : elle avait vu mourir quelques semaines auparavant son fils aîné emporté par la petite vérole qui ravagea alors le Midi. Contrairement aux usages suivis jusque là, Mr et Mme Casimir COSTE furent enterrés au cimetière protestant de Nîmes et non aux abord immédiats ou dans les vieilles bergeries du Mas de COSTE.

Madame Casimir COSTE donna à son mari trois enfants, une fille née le 23 novembre 1825, Gabrielle, Eugénie, Amélie qui mourut à l’âge de 3 ans et demi le 17 mai 1829 (24) et deux fils Jacques (VIII), Philippe, Henri, né le 18 juin 1827 (25), et Edouard, Ferdinand, Gustave, Philippe (25bis), né le 12 octobre 1830. Ce dernier fut baptisé à Nîmes le 13 janvier 1831 ; il eut pour parrain son oncle Edouard COSTE, qui lui donna son nom, et pour marraine, Mme Anne, Elisabeth CONSTANS. C’est vraisemblablement à elle qu’il dut le nom de Gustave. Philippe était le nom du frère de sa grand-mère MANOEL. NOGARET, et Ferdinand celui de son oncle DELON de Perpignan. L’éducation de ces deux enfants fut faite d’abord dans les écoles primaires, puis au collège de Nîmes. (26) En 1843, Henri devant commencer son droit, ses parents se décidèrent à lui faire poursuivre ses études à Paris et Madame COSTE alla s’y installer (rue Jacob) avec ses deux fils. Elle y retrouvait ses cousins germains DELON (dits du Faubourg St Denis et son oncle Philippe MANOEL DE NOGARET, venu également à Paris pour l’éducation de ses enfants. Gustave commença ses études en octobre 1845 d’abord avec difficulté à Louis le Grand puis avec succès à partir de Pâques à St Louis ; il entrait comme interne en Elémentaires à Ste Barbe en octobre 1846, passait son baccalauréat és lettres le 15 avril 1847, entrait en Spéciales toujours à Ste Barbe en octobre 1847, et était reçu à l’Ecole Polytechnique après un an de spéciales en octobre 1848. Je renvoie pour tout ce qui le concerne à la note spéciale Souvenirs d’enfance et de jeunesse - Carrière du Général COSTE On a vu qu’Eugène COSTE, née le 2 Frimaire an X (23 novembre 1802) (27) était sans occupations lorsque le décès de son père (6 décembre 1823) lui assura des revenus, que l’on pouvait, à l’époque, considérer comme assez importants. Il dut les écorner un peu si l’on en croit une lettre de Philippe de MANOEL du 3 juillet 1827. Il devait avoir des idées très libérales, peut-être même républicaines, au début de la Monarchie de juillet, et critique (lettre du 17 juin 1834) l’attitude trop conservatrice que prenait son frère Casimir lors d’élections locales : il l’engageait en particulier à ne pas oublier tout ce qu’il devait aux idées de 1789.
Il épousa, lorsqu’il eut dépassé la trentaine et bien qu’elle fût d’une santé délicate et plus âgée que lui, sa tante à la mode de Bretagne Jeanne (Jenny) COSTE, seule fille d’Etienne COSTE (28). C’était une fort jolie et fort aimable personne. Il partagea alors son temps entre Nîmes et Lédignan, où sa femme avait des propriétés. Jenny souvent malade, n’eut jamais d’enfants. Son dernier testament date du 15 février 1841 fut ouvert après sa mort survenue le 24 mars 1847. Son mari ne lui survécut guère. Il fit son testament le 27 janvier 1852 et mourut deux jours après dans sa quarante neuvième année. Bien qu’ayant toujours conservé de bonnes relations avec son frère aîné, Eugène avait souffert de sa situation de cadet. Aussi s’était-il pris d’une affection toute spéciale pour son neveu GUSTAVE, un cadet lui aussi. C’est ce qui explique que, après avoir attribué à certains parents, à ses domestiques et aux pauvres de Lédignan toute une série de souvenirs, il ait donné à son neveu Gustave le tiers de sa fortune ; il partagea ensuite les deux autres tiers entre son frère Jacques VII et son neveu Gustave.

De ce fait ce dernier disposait au moment de son mariage (1856) d’une fortune constituée par des rentes et des espèces pour 37.992 frs 20 et par des terres à Lédignan évaluées 4000 frs. Les terres furent réalisées en octobre 1865 au prix de 5000 frs.
J’ai eu l’occasion, dans ce qui précède de donner quelques renseignements sur deux des sœurs de Suzanne MASSIP. Sa troisième sœur avait épousé (contrat du 1er janvier 1791) Me Jean ARIGES, notaire à Boucoiran (29). Je retrouve dans les papiers du Mas de COSTE, la trace de 4 enfants des époux ARIGES-MASSIP, savoir : François l’aîné, successeur de son père comme Not. à Boucoiran, porté au testament de sa tante Mme CLARIS-MASSIP du 31 mars 1830 et qui mourut en fin décembre 1831 au début Janvier 1832 ; Césarine, qui avait épousé avant 1823 Mr BROUZET, du Vigan, et dont je reparlerai tout à l’heure Caroline, qui épousa le 15 janvier 1931 André TINEL, « Capitaine de Cavalerie en retraite, Chevalier des ordres de St Louis et de la Légion d’Honneur et encore de St Ferdinand d’Espagne », de Sommières, qui testa le 29 mars 1833 et qui mourut sans enfants au début de 1844 (enregistrement de son testament du 3 mai 1844) ; enfin Clarisse non mariée encore au moment de la signature du testament de sa tante Henri CLARIS, et qui épousa par la suite Mr BRAUSSOUS.
Mr et Mme François BROUZET habitaient tantôt au Vigan tantôt à Boucoiran, et c’est là que la « Tante BROUZET » se retira après le décès de son mari. Elle était en correspondance fréquente avec ses cousins COSTE.

Elle fit une série de testaments (15 octobre 1856, 19 février 1857, 24 juillet 1862, 12 mars 1863, 10 janvier 1864 et 20 juin 1865) et laissa finalement son domaine de Cannes et certaines sommes à son cousin Jacques VII Casimir (30).

NOTES DU CHAPITRE VIII

1 | Voir Certificat de baptême signé PERIER pasteur (pièce XVIII 57) et livre de famille de Jacques V (XVIII 97a).

2 | Reçu d’un quartier de pension de 125 livres ; 28 mai 1785 (XVIII 77).

3 | Reçu du 9 novembre 1793 de 200 piécettes signé à Barcelone par COSTE, Sous-Lieutenant du 1er Bataillon de Sè (sic).
Reçu du 15 novembre 1793 de 100 piécettes. Envois d’argent négociés par Jean ANDRE, banquier à Nîmes. Lettre du 26 Pluviôse an 11 du Correspondant de Mr ANDRE. Reçu de 3000 livres touchées à Toulouse le 21 Vendémiaire an IV (pièce XVIII 90a).

4 | Voir contrat de mariage reçu Noé FIRMIN, not. à Boucoiran le 2 Pluviôse an VI (XVIII 105). Certificat d’enregistrement du mariage à la mairie de Cannes du 18 Pluviôse an VI (XVIII 106). Certificat de bénédiction du mariage par le pasteur VILLARD du 7 février 1798 (XVIII 107).
Suzanne (Suzette) était l’une des 4 filles de Jean MASSIP et d’Elisabeth AUBANEL était née le 30 mars 1764 et avait été baptisée par le pasteur MATHIEU (voir XVIII N°97a).
Jean MASSIP avait épousé le 15 avril 1736 Elisabeth AUBANEL de Sommières. Il avait été le Collègue de Jacques (V) COSTE à l’assemblée de Montpellier de 1788 et le premier maire de Cannes. (voir page 129). Il fit son testament le 14 Brumaire an IV et mourut le 13 Vendémiaire an V (octobre 1796). Sa veuve et ses quatre filles Marguerite (épouse Pierre ALDEBERT), Anne (épouse Jean ARIGE), Marianne et Suzanne firent dresser le 26 Vendémiaire an V l’inventaire de ses biens. (pièce XVIII N°100a et b). Ses filles partagèrent ses biens (30 fructidor an V. Pièce XVIII N°103) ; puis réglèrent définitivement la situation de leur mère. (Rente viagère de 800 frs en espèces et jouissance de certains biens sa vie durant. 2 Pluviôse an VI, pièce XVIII N°104).

5 | Acquisition du 18 février 1812. Not. à Quissac prix 30 frs (XIX 10) et du 9 novembre 1818. SEGUIN, Not. à Sommières. Prix 2000 frs (XIX 21).

6 | Procès verbal du 21 Pluviôse an IX (XIX). I.

7 | Arrêté du Préfet du Gard du 7 mars 1812 (XIX. II).

8 | Lettre du 11 septembre 1815 (XIX. 17) adressé à Mr le Maire de Cannes. La « Terreur blanche » avait été si violente dans le Gard que l’on put craindre un moment le soulèvement d’une partie de la population, et la reprise de la guerre civile.

9 | Voir « Tablettes militaires de l’arrondissement du Vigan » par A. JALLAR, Nîmes, 1814 page 315 : Pierre ALDEBERT, né à Sauve le 2 octobre 1748, fils de Louis d’ALDEBERT-LIOUC et d’Elisabeth MASSIP. Il servi dans les gendarmeries de la garde de 1772 à 1788. Rentré dans ses foyers a été nommé Maire du Mandement de Quillan et commandant de la Garde Nationale de Quissac. A repris du service le 2 septembre 1708 dans les hussards de la légion des Alpes. Capitaine du 14ème régiment de Chasseurs à cheval le 9 mai 1793. S’est distingué dans la guerre de Vendée. Rentré à Cannes le 9 février 1796, il y obtint le 7 novembre 1803 une solde de retraite de 601 frs, pour infirmités contractées au service.
Il avait épousé (avant octobre 1796, voir partage du 30 fructidor an V. Pièce XVIII. 103), Marguerite MASSIP, sœur aîné de Suzanne. De ce mariage naquit une fille, décédée en l’an X (voir lettres du 6 Fructidor an X - XIX 5). Sa veuve testa le 2 décembre 1840 et mourut le 27 octobre 1841 (XIX 64a). Elle fit un legs de 2000 frs en faveur de son neveu Jacques VII COSTE, et institua pour son héritière universelle sa nièce Césarine ARIGE, épouse François BROUZET.

10 | Voir consultation PERES datée Alès, 19 novembre 1812 et transaction du 24 février 1813, reçue DARLHOC, Not. à Nîmes (XIX. 13 et 14). Quittance définitive du 29 octobre 1819, reçue ROGIER, Not. à Nîmes (XIX 25).

11 | Acte du 14 novembre 1813 reçu SEGUIN. Not. à Sommières. (XIX. 16). Ce moulin avait déjà motivé un projet de vente dont la minute porte la date du 16 novembre 1790 (XVIII. 84) ; mais il ne semble pas qu’à cette époque on ait donné de suite à ce projet.

12 | Acte du 25 septembre 1818 reçue MAZOYER, Not. à Clarensac (XIX 20) et acte du 13 janvier 1842 (XIX 63).

13 | Voir certificats de l’état civil (XVIII 109 et XIX 3).

14 | Certificat de baptême (XIX 2).

15 | Quittance de pension pour le 4ème trimestre 1815 – 183 frs, 12 centimes ½. Nîmes le 15 octobre 1815 (XIX 18).

16 | Voir diplômes (XIX. 19 – 23 et 34. Prestation du Serment inscrite au dos de la pièce XIX. 24.

17 | Voir lettres de condoléances de Mr AUBANEL (Sommières 3 décembre de Mme BROUZET (le Vigan) ; de Mme La COSTE DADRE, née AUBANEL (St Hippolyte 10 décembre) ; de Mr FIRMIN, ancien not. (Montpezat 10 décembre) Pièce XIX N° 26 à 29. Voir aussi testament de Jacques VI (pièce XIX N° 25). La date du décès (6 décembre 1823) figure à l’acte du 9 mai 1830 (Pièce XIX N°38).

18 | Pièce XIX N°30. Donation du 13 avril 1824 reçue CONDUZORGUES Not. à Quissac. Réserve pour Eugène de 200 frs de meubles.

19 | Marianne MASSIP avait épousé en premières noces Mr BARRAL ancien notaire qui vivait encore au Vigan le 6 Fructidor an X (pièce XIX N°5). Elle épousa en secondes noces (contrat du 14 Ventôse an XIII Pièce XIX N°6) Mr Henri CLARIS, originaire de Lezan, négociant établi à Bordeaux, et mourut au Vigan le 26 janvier 1831 après avoir testé le 14 janvier 1830 (pièce XIX N°40 et 41). Elle partageait alors ses biens entre ses deux sœurs Anne MASSIP, épouse Jean ARIGE, et Suzanne MASSIP, veuve de Jacques VI COSTE, sous réserve de régler certains legs particuliers faits en faveur de ses neveux ARUGE, voir aussi pièce XIX N°66 : partage du 14 mars 1845 des biens de Suzanne MASSIP entre ses deux fils, et pièce XIX N°65 pour la date du décès de Suzanne MASSIP.
Suzanne MASSIP mourut avant d’avoir pu recueillir un legs de 2000 frs fait en sa faveur par Mme La COSTE DADRE, née AUBANEL de St Hippolyte. Par un second testament du 26 mai 1847, Mme DADRE reporta ce legs (porté à 3000 frs) sur la tête de Jacques VII Casimir COSTE (Pièce XIX N°73).

20 | Voir pièces XIX N°31 (cession du 14 avril 1824) et N°38 (Règlement définitif du 9 mai 1830). Les biens maternels de la Salette portaient sur 14 hectares, 18 ares et 2 centiares.

21 | Voir pièces XIX N°32 (invitation du 20 janvier 1895 de Philippe MANOEL DE NOGARET), N°33 (contrat de mariage du 3 mars 1825 reçu BOUSQUET. Not. à St André. Dot de la future 50.000 frs). N°34 (certificat de mariage à la mairie de St André du 3 mars 1825). N°30 Extrait de naissance de Ernest Ferdinand CAMPREDON du 10 mars 1825.

22 | Voir pièces XIX N°47 (lettre d’Eugène COSTE du 17 juin 1834 relative à la candidature aux élections législatives de Mr de GINESTOUX) N°62 (lettres des 12 et 15 décembre 1841 de Mr de CHABAUD LATOUR relatives à la nomination de Jacques VII comme conseiller de Préfecture du Gard) N°72a, b et c (avril mai 1847, nomination de Chevalier de la Légion d’Honneur) N°78 (arrêté du 25 septembre 1848, signé CAVAIGNAC, nommant le Citoyen COSTE Conseiller de Préfecture du Gard). Pendant les dernières années du règne de Louis Philippe (voir XIX 64b), le préfet du Gard se nommait DARCY. J’ai vu au début du XXème siècle sa veuve au château de Gouville près Dijon. Son fils, Mr Henri DARCY, décédé en 1926, à l’âge de 36 ans, était alors président du Comité des Houillères de France, Président du Conseil d’administration des sociétés de Blanzy, de Châtillon Commentry, de Dourges, etc. Il se souvenait avoir vu Mme C. COSTE à Nîmes.

23 | Voir pièce XIX N°97. Décision ministérielle du 1 mai 1869. Lettre du Général de CHABAUD LATOUR du 9 mars 1870. Pension de retraite de 965 frs.

24 | Voir notamment pièce XIX N°46 (bail à mi-fruit du 1 septembre 1833, avec DUCROS de Montmirat) N°89a (bail de 9 ans avec VIVENT du 10 janvier 1859) N°83. (Cession de terrains à Cannes du 3 novembre 1851).

25 | Voir pièce XIX N°35b et 36b.

25bis | Voir pièces XIX N°39b (acte de naissance) et 39c (certificat de baptême signé GARDES, pasteur).

26 | Voir « Souvenirs d’enfance et de jeunesse » rédigés par le général COSTE, « résumé de la carrière militaire du Général COSTE ».

27 | Pièces XIX N°3. (acte de naissance) ; N°36a (lettre du 3 juillet 1827 allusion à la « petite fredaine d’Eugène » et N°47a (lettre du 17 juin 1834 déjà citée d’Eugène COSTE. Note 22).

28 | Voir page 134 et « Souvenirs de jeunesse ». Voir pièce XIX N°70b (testament de Jenny COSTE) et N°84 (testament d’Eugène COSTE).

29 | Voir pour la famille ARIGE : pièce XIX N°41 (partage du 17 janvier 1832 des biens de Mme Henri CLARIS entre ses sœurs Anne MASSIP, épouse Jean ARIGE, et Suzanne MASSIP, épouse Jean COSTE) ; N°42 (accord du 17 janvier 1832 entre Anne MASSIP, épouse Jean ARIGE, et sa fille Caroline ARIGE, épouse du capitaine André TINEL) N°43 (délivrance du legs attribué par Mme Henri CLARIS à son neveu François ARIGES. Décès « depuis peu » de ce dernier). N°77 (partage du 13 septembre 1848 des biens de feue Caroline ARIGES, épouse André TINEL, entre sa sœur Césarine ARIGES, veuve de François BROUZET, et les héritiers d’André TINEL, sa seconde femme et ses neveux) N°56 Lettres du 30 mai 1838 de Mr ARIGES à son neveu Jacques VII Casimir au sujet de difficultés avec son gendre BROUSSOUS. Cette lettre fait allusion à des cessions de terrains consenties par Mr ARIGES à Mr TALABOT, pour la construction de la voie ferrée d’Alès à Nîmes).

30 | Correspondance de Mme BROUZET : Pièces XIX. N°27. (décembre 1823, décès de Jacques VI COSTE) ; N°30 (30 juillet 1835 recherche pour sa cousine COSTE à Nîmes « d’une cuisinière, chose très difficile pour le moment, surtout quand on leur propose d’aller à Nîmes ») N°54 (série de lettres de 1837-39). N°59 (10 février 1839 : elle charge son cousin COSTE à Nîmes de commander une redingote pour son père Mr ARIGES). N°90 (note de l’écriture de Gustave COSTE sur les testaments de la « Tante BROUZET »). C’est à la succession de la « Tante BROUZET » que je dois payer encore une cote établie au nom de Jean ARIGE pour un revenu imposable de 0 fr, 11 (art. 9 du rôle).